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COUP-D’ŒIL sur divers

PRINCIPES ECCLÉSIASTIQUES

et EXAMEN des fondements sur lesquels on veut asseoir

les institutions de l’Église de Dieu sur la terre.

RÉPONSE À DIVERS ÉCRITS

 

Par J. N. Darby.

Ed. Kaufmann, Genève, 1848
[Ce qui est entre crochets a été ajouté par Bibliquest
 en vue de faciliter une compréhension rapide de ces textes anciens et ardus]

 

[L’état des opinions de l’époque est étayé par des citations de divers journaux religieux, soit sur le ministère, soit sur la liberté chrétienne. Une première partie de cet article répond à un écrit de Frédéric Godet (« Ministre de la Parole de Dieu », édité à Neuchatel en 1846) intitulé « Examen des vues Darbystes sur le Saint Ministère d’après les textes Bibliques », notamment sur la question de la ruine de l’Église. Puis les principes servant de fondement à la création d’Églises Libres en divers pays sont mis en regard des principes Bibliques. Enfin sont réfutés divers reproches faits par le journal « La Réformation » sur une prétendu mauvais usage de la Bible, de la liberté chrétienne et de l’action de l’Esprit. Finalement est donnée la ligne de conduite pour les temps de la fin.
Église au canton de Vaud, points 2.4 – 3.2.9.1 – 4.3 – 6.2
Église au canton de Neuchâtel, points 2.5 – 2.6 – 3.2.2 – 3.2.6.5 – 3.2.7.4 – 3.2.8 – 3.2.8.2]

 

TABLES des MATIÈRES : Grands chapitres — Table abrégée — Table détaillée

 

GRANDS CHAPITRES :

1       Introduction [Une nouvelle phase dans les controverses sur l’Église]

2       Première partie : ÉTAT actuel de l’OPINION au sujet du MINISTÈRE

3       Seconde partie : RÉFUTATION de quelques ERREURS contenues dans l’« EXAMEN des vues Darbystes sur le Saint MINISTÈRE »

4       Troisième partie — Sur les ÉGLISES LIBRES [Les créations et projets de créations d’Églises Libres au regard de la Parole de Dieu]

5       Quatrième partie : Réfutation des REPROCHES du Journal LA RÉFORMATION sur l’ORDRE HUMAIN et La LIBERTÉ ÉVANGÉLIQUE

6       CONCLUSION [ligne de conduite pour les temps de la fin]

 

TABLE des matières ABRÉGÉE : (Grands chapitres – Table détaillée)

1       Introduction [Une nouvelle phase dans les controverses sur l’Église]

1.1        [Prier beaucoup pour l’Église stimule le désir de manifester le vrai caractère de ce qui éloigne de la vérité et de la bénédiction]

1.2        [Les opposants prennent au sérieux les principes qu’ils considéraient précédemment comme subversifs de l’ordre établi]

1.3        [Au lieu de nier la vérité, on dit qu’elle était connue et que certains l’ont exagérée, et par-là gâtée]

2       Première partie : ÉTAT actuel de l’OPINION au sujet du MINISTÈRE

2.1        [Le clergé reculant devant un mouvement des esprits]

2.2        [Journal ‘Archives…’ (Paris, 1846) : il reconnaît des droits spirituels à tous les chrétiens, mais ne lie pas ces droits à la présence et l’action du Saint Esprit]

2.3        [Journal ‘La Réformation’ (Genève) : Il comprend bien le « plymouthisme », mais le réduit à de l’anticléricalisme. Il vante la « liberté évangélique » pour arranger les choses de Dieu à sa guise]

2.4        [Brochure sur le clergé vaudois : Les laïcs mis au rang du clergé]

2.5        [Brochure ‘L’Examen’ : approbation des vues bibliques sur le ministère, et désir de changer un « adversaire » en ami qui réveille]

2.6        [Conclusion : il y a eu une vraie évolution des esprits qui admettent maintenant des principes qu’ils ont précédemment combattus]

3       Seconde partie : RÉFUTATION de quelques ERREURS contenues dans l’« EXAMEN des vues Darbystes sur le Saint MINISTÈRE »

3.1        Chapitre 1 : Sur la compatibilité des Dons et des Charges

3.2        Chapitre 2 : Sur la ruine de l’Église

4       Troisième partie — Sur les ÉGLISES LIBRES [Les créations et projets de créations d’Églises Libres au regard de la Parole de Dieu]

4.1        [Les systèmes clérical et national désavoués par leurs anciens défenseurs, mais à leur place on délaisse la Parole de Dieu et nie l’action du Saint Esprit]

4.2        Chapitre 1 : Du mouvement Écossais et de celui de l’Église Libre sur le continent

4.3        Chapitre 2 : Sur la constitution de l’Église Libre du canton de Vaud.

5       Quatrième partie : Réfutation des REPROCHES du Journal LA RÉFORMATION sur l’ORDRE HUMAIN et La LIBERTÉ ÉVANGÉLIQUE

5.1        Chapitre 1 — Radicalisme Ecclésiastique [promouvoir l’action du Saint Esprit dans l’Église et le ministère est-il du ‘Radicalisme Ecclésiastique’ ?]

5.2        Chapitre 2 — Dualisme [prétendue opposition entre ‘action de Dieu’ et ‘intervention de l’homme’]

5.3        Chapitre 3 — L’Évangile-Code [un quolibet pour discréditer la marche qui suit en détail la Parole de Dieu]

5.4        Chapitre 4 — Sur l’Administration de l’Église [l’Écriture et les dons pour l’accroissement et l’union du corps, en temps de ruine comme au commencement]

6       CONCLUSION [ligne de conduite pour les temps de la fin]

6.1        [Se fier à la Parole de Dieu comme à un guide certain. Ne pas se décourager à cause de l’opposition ou du petit nombre]

6.2        [Même avec des formes de piété et de zèle, ceux qui s’opposent à une marche selon la Parole repoussent les vérités fondamentales sur l’Église, l’Esprit et la Parole de Dieu]

6.3        [Si on possède la vérité sans y marcher, on fortifie les opposants. Cœur large dans un sentier étroit. La présence de Dieu donne fermeté, confiance, humilité et droiture]

6.4        [Ne pas se fier aux efforts humains en vue de l’unité / union. Réaliser présentement la vérité (et la puissance) de l’Église, de l’Esprit, de la Parole et de l’attente pratique de Jésus]

6.5        [S’attacher seulement à ce que la venue du Seigneur ne va pas détruire]

6.6        [Affermissement de la foi au vu des événements. Vive attente de la venue du Seigneur et marche comme citoyens du ciel]

6.7        [Des vérités qui stimulent le zèle et donnent force et simplicité à l’annonce de la Parole]

 

TABLE des matières DÉTAILLÉE : (Grands chapitres – Table abrégée)

1       Introduction [Une nouvelle phase dans les controverses sur l’Église]

1.1        [Prier beaucoup pour l’Église stimule le désir de manifester le vrai caractère de ce qui éloigne de la vérité et de la bénédiction]

1.2        [Les opposants prennent au sérieux les principes qu’ils considéraient précédemment comme subversifs de l’ordre établi]

1.3        [Au lieu de nier la vérité, on dit qu’elle était connue et que certains l’ont exagérée, et par-là gâtée]

2       Première partie : ÉTAT actuel de l’OPINION au sujet du MINISTÈRE

2.1        [Le clergé reculant devant un mouvement des esprits]

2.2        [Journal ‘Archives…’ (Paris, 1846) : il reconnaît des droits spirituels à tous les chrétiens, mais ne lie pas ces droits à la présence et l’action du Saint Esprit]

2.3        [Journal ‘La Réformation’ (Genève) : Il comprend bien le « plymouthisme », mais le réduit à de l’anticléricalisme. Il vante la « liberté évangélique » pour arranger les choses de Dieu à sa guise]

2.4        [Brochure sur le clergé vaudois : Les laïcs mis au rang du clergé]

2.5        [Brochure ‘L’Examen’ : approbation des vues bibliques sur le ministère, et désir de changer un « adversaire » en ami qui réveille]

2.6        [Conclusion : il y a eu une vraie évolution des esprits qui admettent maintenant des principes qu’ils ont précédemment combattus]

3       Seconde partie : RÉFUTATION de quelques ERREURS contenues dans l’« EXAMEN des vues Darbystes sur le Saint MINISTÈRE »

3.1        Chapitre 1 : Sur la compatibilité des Dons et des Charges

3.1.1         [L’auteur de « l’Examen » dit que Darby prétend que dons et charges sont « deux séries sans points de contact »]

3.1.2         [Distinction entre dons et charges. Ce que Darby a dit effectivement sur ce sujet dans son écrit précédent]

3.1.3         [Loin de s’opposer, les propos de Darby et F. Godet sur la compatibilité des dons et charges, concordent]

3.1.4         [La discordance entre Darby et Godet n’est pas dans la compatibilité des dons et charges, mais dans le fait de savoir si l’Église a progressé ou chuté]

3.2        Chapitre 2 : Sur la ruine de l’Église

3.2.1         [La question de la ruine de l’Église est primordiale. On ne peut pas l’éluder]

3.2.2         [En fait l’auteur de « l’Examen » traite le sujet de la ruine de l’Église en la niant et en prétendant qu’il y a toujours eu progrès]

3.2.3         L’Examen dépasse le papisme dans l’inviolabilité qu’il attribue au clergé

3.2.3.1        [Prétention à un ministère de droit divin inviolable, même en cas de ministère malfaisant, et malgré l’acceptation du sacerdoce universel]

3.2.3.2        [Prétention à un gouvernement monarchique absolu du pasteur]

3.2.4         Devoir de juger les principes de l’Examen [malgré ce qu’il contient de faux, des gens s’en serve pour induire les âmes en erreur]

3.2.5         Fausses idées sur un prétendu démembrement de l’Apostolat

3.2.5.1        [Déroulement historique de ce prétendu démembrement selon la brochure « l’Examen »]

3.2.5.2        [L’apostolat n’a pas été démembré. Les apôtres ne l’ont pas fait et ne pouvaient pas le faire]

3.2.5.3        [La formation de la charge du diaconat n’est pas un démembrement de l’apostolat]

3.2.6         Observations de détail. — Qui rompt le pain. — Position apostolique. — Dons médiatisés et dons libres. — Paul à Corinthe. — Le ministère de Paul renverse le système de l’Examen.

3.2.6.1        [Pas de direction de Jésus pour l’Église quand il était sur terre, car l’Église n’a été constituée qu’après son départ]

3.2.6.2        [Fraction du pain simplement par les croyants, sans apôtres]

3.2.6.3        [Les apôtres n’ont pas abandonné le travail pastoral]

3.2.6.4        [Des affirmations sans fondement sur les dons et leurs relations avec les charges d’ancien]

3.2.6.5        [Des affirmations sans fondement sur les ministères  et les charges d’anciens à Corinthe]

3.2.7         Coup-d’œil sur l’institution actuelle de l’Église nationale Presbytérienne [soutenue par l’Examen]

3.2.7.1        [Un système de gouvernement monarchique local d’un pasteur, souvent non converti et de connivence avec les autorités civiles]

3.2.7.2        [Un système injurieux des droits de Christ, qui accepte la persistance de mauvais bergers, et accuse de schisme ceux qui abandonnent ce système]

3.2.7.3        [Un système où le pasteur-ancien a le droit d’accueillir ou refuser ceux qui exercent un don reçu de Christ. Il usurpe la place de Christ]

3.2.7.4        [Un système où le ministre-ancien couvre une paroisse ou district géographique, et de lui dépendent des droits civils et mondains]

3.2.7.5        [Un système marqué par la confusion entre anciens, pasteurs et anges, où les droits de Christ sont niés. Des ministres non convertis se plaignent que les vrais fidèles s’en séparent !]

3.2.7.6        [Dire que le ministère est la fusion du don (pasteur) et de la charge (ancien), c’est jouer sur les mots. 2 Tim. 2:2 ne justifie pas les écoles de pasteurs]

3.2.7.7        [La vraie Église de Christ n’a rien à voir avec les districts géographiques. Incrédules et croyants ne peuvent être confondus. L’appel de Dieu est en dehors de tout ordre humain]

3.2.8         Du prétendu progrès de l’Église [selon l’Examen]

3.2.8.1        [1 Cor. 13 ne se rapporte pas à l’état de l’Église. La disparition des apôtres n’est pas un progrès]

3.2.8.2        [1 Cor. 13:13 : ‘La foi, l’espérance et l’amour’ ne sont pas une phase qui ferait suite à la connaissance après sa disparition]

3.2.8.3        [Une première preuve de la ruine : la différence de fruits par rapport à l’état de l’Église en Actes 2 et 4]

3.2.8.4        [Autres preuves de la ruine selon Paul : Phil. 3:21 ; 2 Tim. 1:16-18 ; 2 Tim. 3:1 ; 4:6, 16 ; Actes 20:29,30]

3.2.8.5        [Preuves de la ruine selon Pierre (2 Pierre 2 et 3) et Jean (antechrists)]

3.2.8.6        [Le mystère d’iniquité est à l’œuvre (2 Thes. 2) et l’Église finit par être vomie de la bouche du Seigneur (Apoc. 3). Croire à un progrès de l’Église est une triste illusion]

3.2.8.7        [Les anciens ne sont ni des successeurs ni des remplaçants des apôtres]

3.2.8.8        [L’absence de progrès de l’Église est prouvée par son histoire]

3.2.8.9        [La disparition des apôtres n’a pas été un progrès, d’après Éph. 4 et Phil. 1]

3.2.8.10      [Oubli de la venue du Seigneur. La dépendance intérieure et volontaire n’est pas plus favorisée par les pasteurs-anciens que par les apôtres]

3.2.9         Coup-d’œil sur l’Église [sur ce qu’en dit la Parole et sur les conséquences dans la vie chrétienne]

3.2.9.1        [Ceux qui nient la ruine de l’Église, nient en fait l’Église elle-même selon la Parole]

3.2.9.2        [Si l’on comprend que l’Église est épouse et corps de Christ, habitation de Dieu par l’Esprit, corps saint formé sur la terre par le Saint Esprit, on n’ose plus nier la ruine]

3.2.9.3        [Les autres caractères de l’Église n’annulent pas les précédents]

3.2.9.4        [L’oubli de la vérité sur l’Église est une honte, et cette vérité devient un moyen qui sépare les fidèles d’avec les chrétiens qui ne la veulent pas et gardent la mondanité (= tente d’assignation de Moïse)]

3.2.9.5        [L’oubli de la vérité de l’Église amène à rabaisser la position et les privilèges chrétiens au niveau de l’Ancien Testament]

3.2.9.6        [L’oubli de la vérité de l’Église fait perdre le désir de la venue du Seigneur]

3.2.10      Preuves à l’appui [de l’existence de l’Église épouse de Christ et corps de Christ formé par le Saint Esprit. Attitude face à la ruine]

3.2.10.1      [1 Cor. 12 l’Église corps de Christ sur la terre formé par le Saint Esprit. Éph. 1 et 4 l’Église corps de Christ, et croissance par les dons]

3.2.10.2      [1 Tim. 3:14-15 Comment se conduire dans la maison du Dieu vivant, colonne et appui de la vérité, c’est-à-dire dans l’Église seule et unique]

3.2.10.3      [Les conseils éternels de Dieu envers l’Église et ses promesses (les portes du Hadès ne prévaudront pas…) n’annulent pas la responsabilité sur la terre]

3.2.10.4      [L’unité de l’Église que Christ demande est celle qui rend témoignage à la nature, à l’amour et à la sainteté de Christ, et à sa puissance]

3.2.10.5      [Une Église mélangée au monde ou une Église spirituelle détruisent la pensée et le conseil de Dieu, et le témoignage rendu à Christ dans ce monde]

3.2.10.6      [Le caractère invisible de l’Église est un signe de sa chute et ne manifeste pas la gloire de Christ. Justifier cet état, c’est s’endurcir dans le péché]

3.2.11      Observations sur l’apostolat de Paul [contrairement à la brochure « l’Examen », l’homme n’est pour RIEN dans l’apostolat de Paul. Rien ne justifie que le ministère serait autorisé par l’homme se joignant à Dieu]

4       Troisième partie — Sur les ÉGLISES LIBRES [Les créations et projets de créations d’Églises Libres au regard de la Parole de Dieu]

4.1        [Les systèmes clérical et national désavoués par leurs anciens défenseurs, mais à leur place on délaisse la Parole de Dieu et nie l’action du Saint Esprit]

4.2        Chapitre 1 : Du mouvement Écossais et de celui de l’Église Libre sur le continent

4.2.1         [En Écosse, il s’est agi d’un mouvement populaire à but socio-politique pour s’affranchir des droits de l’aristocratie, le clergé étant avec l’aristocratie]

4.2.2         [Mouvement inverse en Suisse : le peuple appuie le nationalisme pour se dégager des abus]

4.2.3         [Rêves d’églises libres (1848) : le clergé cherche à la fois à consolider sa position, à se dégager de l’autorité de l’état et à populariser sa cause par des concessions aux droits du peuple. Résultat prévu : un faisceau d’églises dissidentes indépendantes. Manque de principe moteur]

4.3        Chapitre 2 : Sur la constitution de l’Église Libre du canton de Vaud.

4.3.1         [S’allier à un parti politique est mauvais, et fausse le témoignage rendu vis-à-vis du monde]

4.3.2         [Le clergé a d’abord lutté pour maintenir le nationalisme (dépendance de l’état), puis a rejoint le mouvement (libriste) qu’ils condamnaient précédemment]

4.3.3         Le Clergé, fondement de l’unité dans l’Église Libre [du canton de Vaud]

4.3.3.1        [Les ‘dissidents’ s’étaient séparé du nationalisme et n’avaient pas de clergé. Les fondateurs de l’église libre ont voulu la liberté en gardant un clergé]

4.3.3.2        [Unité par l’état pour les églises protestantes et réformées (nationalisme), par le pape pour les catholiques. Les dissidents sont congrégationalistes (indépendants sans unité, mais à principes analogues)]

4.3.3.3        [L’Église libre, selon sa Constitution, est unie par le synode (corps de pasteurs ou anciens). Le troupeau des croyants a seulement le droit de refuser le pasteur]

4.3.3.4        [Confusion sur ce qu’est le corps de Christ sur la terre et ce que sont ses membres]

4.3.3.5        [La Constitution de l’église libre applique les passages de la Parole de Dieu sur le corps de Christ à ce qui ne l’est pas]

4.3.3.6        [Une église de multitude, sans séparation du monde ni conversion des membres]

4.3.3.7        [La Constitution de l’Église Libre insiste à l’extrême sur le principe clérical, et l’appuie démesurément sur la Parole de Dieu]

4.3.4         Le Saint-Esprit absent de l’organisation de l’Église Libre [du canton de Vaud, selon sa Constitution]

4.3.4.1        [Union décidée sans le Saint Esprit dans un corps qui n’est pas le corps de Christ]

4.3.4.2        [Le Saint Esprit mis de côté pour le ministère, au profit du synode]

4.3.4.3        [Prétention au maintien des droits de Jésus Christ, mais mise de côté des droits du Saint Esprit]

4.3.4.4        [Constitution de l’Église Libre faite sans fondement tiré de la Parole de Dieu]

4.3.5         Doctrine de l’Église Libre [du canton de Vaud]

4.3.5.1        [Salut basé sur la foi, et non sur l’objet de la foi (l’œuvre de Christ, la Rédemption, la justice de Dieu)]

4.3.5.2        [Des fidèles qui ont besoin d’être régénérés !]

4.3.5.3        [La vie éternelle n’est pas vue comme une possession présente]

4.3.5.4        [La discipline exercée par le pasteur, mais conflit entre les directions de la Parole de Dieu et le caractère d’église de multitude]

4.3.5.5        [Perspectives d’avenir : impuissance de l’homme et patience de Dieu. Le chemin de la foi suit la Parole de Dieu éclairant la conscience]

5       Quatrième partie : Réfutation des REPROCHES du Journal LA RÉFORMATION sur l’ORDRE HUMAIN et La LIBERTÉ ÉVANGÉLIQUE

5.1        Chapitre 1 — Radicalisme Ecclésiastique [promouvoir l’action du Saint Esprit dans l’Église et le ministère est-il du ‘Radicalisme Ecclésiastique’ ?]

5.1.1         [Idées ayant cours à l’époque (1847, 1837) sur les services religieux]

5.1.1.1        [Avis sur ce que devraient être le culte, la louange et la prédication (toutefois ignorance de l’action du Saint Esprit)]

5.1.1.2        [Constat sur l’état des cultes et services religieux protestants : un formalisme desséchant]

5.1.1.3        [Ces articles de journaux témoignent d’une révolution des esprits]

5.1.2         [Les nouvelles opinions promues par ‘La Réformation’ remplacent l’homme-clergé par l’homme radical insistant sur ses droits]

5.1.3         [Contraste entre la foi qui reconnaît les droits de Dieu et l’insistance sur les droits de l’homme, ou l’élection par les hommes, qui n’apportent ni salut ni bénédiction]

5.1.4         [Le Saint Esprit et son action dans l’Église et dans le ministère n’ont rien à voir avec le radicalisme]

5.2        Chapitre 2 — Dualisme [prétendue opposition entre ‘action de Dieu’ et ‘intervention de l’homme’]

5.2.1         [L’opinion protestante ramène le Plymouthisme à l’insistance sur l’Action du Saint Esprit et l’Autorité des Écritures]

5.2.2         [Dire que Dieu choisit les ouvriers et les envoie, est-ce un dualisme entre l’Esprit et l’homme, ignorant que l’œuvre divine s’accomplit par des hommes ?]

5.2.3         [Insister sur l’autorité de la Bible et le secours du Saint Esprit : est-ce un supernaturalisme grossier où Dieu agit sans l’intelligence de l’homme ?]

5.2.4         [Vile légèreté du discrédit jeté sur la conduite de l’Esprit]

5.2.5         [La rivalité mise entre l’action de Dieu et l’intervention de l’homme n’est que du mépris de l’action du Saint Esprit, y compris aux temps apostoliques]

5.2.6         [L’enseignement de Paul va à l’encontre du dualisme, c’est-à-dire de l’exercice de l’action de l’Esprit sans l’intelligence de l’homme]

5.2.7         [Le dualisme où l’intelligence de l’homme serait déconnectée de la communication que lui fait l’Esprit, se trouve dans l’AT, pas dans le NT]

5.2.8         [L’action de l’Esprit ne s’oppose même pas au contrôle des révélations par les auditeurs]

5.2.9         [S’il y a dualisme, c’est l’incrédulité (ou rationalisme) qui l’introduit en faisant tout dériver de l’homme sans l’Esprit. Pour que du bien soit produit, il faut que l’Esprit agisse]

5.2.10      [L’Esprit vivifie, la chair ne sert de rien : sentir toujours plus sa dépendance entière de Dieu ; ne pas prétendre se mêler des choses de Dieu sans l’Esprit]

5.2.11      [Ceux qui accusent de dualisme veulent agir à leur guise, selon leurs pensées, sans l’Esprit et sans la Bible]

5.2.12      [Agir dans la dépendance de Dieu n’est pas un ‘supernaturalisme’ fait de ‘miracles’]

5.3        Chapitre 3 — L’Évangile-Code [un quolibet pour discréditer la marche qui suit en détail la Parole de Dieu]

5.3.1         [L’Esprit et la Bible sont tous deux indispensables. Certains veulent s’en passer en ridiculisant ceux qui y tiennent par le terme d’Évangile-Code]

5.3.2         [La Bible, une règle à tous égards, mais avec le Saint Esprit. Christ le modèle. La propre volonté pas permise]

5.3.3         [Loi de la liberté et obéissance chrétienne. La Parole de Dieu s’applique à tout ce en quoi l’homme se trouve en relation avec Dieu, non comme code, mais comme lumière et vie]

5.3.4         [L’Église, c’est là où Dieu et l’homme se rencontrent de plus près, où Dieu ne veut rien que ce qui est de Lui]

5.3.5         [Nier des vérités basiques (Église corps de Christ) amène à mettre de côté l’Esprit et la Parole]

5.3.6         [Le Nouveau Testament s’applique aujourd’hui comme modèle d’institutions et de conduite, mais être conduit par l’Esprit dans l’application]

5.3.7         [Les usages actuels quant à l’Église sont reconnus comme non conformes à la Parole de Dieu, et on met en avant la liberté chrétienne pour mettre la Bible de côté]

5.3.8         [Plymouthisme, un sobriquet donné à la fidélité chrétienne et à l’obéissance à l’autorité de la Parole de Dieu]

5.3.9         [L’autorité de l’Écriture n’est pas restreinte aux choses nécessaires au salut]

5.3.10      [Pour justifier les systèmes religieux basés sur la propre volonté de l’homme, on dérobe à Dieu le droit de s’adresser directement à l’homme dans la Bible]

5.3.11      [Autorité de Christ et puissance active du Saint Esprit pour produire dans l’Église l’ordre, la liberté et la bénédiction]

5.3.12      [Dieu a pris la peine de donner par écrit les directions, lumières et avertissements correspondant aux besoins de l’homme. Cela maintient dans la dépendance, contrairement à un code ou une loi]

5.3.13      [La Bible donne des instructions positives ou des principes moraux, tant pour la conduite individuelle que pour l’Église ; elle suffit pour toutes les situations. La volonté se soumet, les directions exercent le cœur et la foi]

5.4        Chapitre 4 — Sur l’Administration de l’Église [l’Écriture et les dons pour l’accroissement et l’union du corps, en temps de ruine comme au commencement]

5.4.1         [Dieu a donné les dons et les règles et formes nécessaires à la marche de l’Église, mais certains pensent que cela ne nous concerne pas aujourd’hui, Dieu ayant abandonné son Église]

5.4.2         [La base : l’Église est corps de Christ glorifié et elle est formée par le Saint Esprit descendu du ciel quand Christ a été glorifié]

5.4.3         [Le Saint Esprit est le lien vivant et puissant du corps avec Christ. Le ministère tient à la fidélité de Christ pour ce corps qu’Il nourrit et chérit]

5.4.4         [Bien des choses sont perdues (langues, miracles), mais le fond, le ministère qui appelle et nourrit, existe toujours (1 Cor. 12 & 14, Éph.4, Rom.12, 1 Pierre 4v10-11)]

5.4.5         [La puissance du ministère des apôtres a disparu ; aux temps fâcheux des derniers jours, le cœur et la foi sont dirigés vers l’Écriture, pour toute bonne œuvre, y compris le ministère et l’administration de l’Église, malgré qu’on s’en moque comme d’un code]

5.4.6         [Ne pas prétendre faire ce que Dieu ne nous a pas confié (nomination d’anciens)]

6       CONCLUSION [ligne de conduite pour les temps de la fin]

6.1        [Se fier à la Parole de Dieu comme à un guide certain. Ne pas se décourager à cause de l’opposition ou du petit nombre]

6.2        [Même avec des formes de piété et de zèle, ceux qui s’opposent à une marche selon la Parole repoussent les vérités fondamentales sur l’Église, l’Esprit et la Parole de Dieu]

6.3        [Si on possède la vérité sans y marcher, on fortifie les opposants. Cœur large dans un sentier étroit. La présence de Dieu donne fermeté, confiance, humilité et droiture]

6.4        [Ne pas se fier aux efforts humains en vue de l’unité / union. Réaliser présentement la vérité (et la puissance) de l’Église, de l’Esprit, de la Parole et de l’attente pratique de Jésus]

6.5        [S’attacher seulement à ce que la venue du Seigneur ne va pas détruire]

6.6        [Affermissement de la foi au vu des événements. Vive attente de la venue du Seigneur et marche comme citoyens du ciel]

6.7        [Des vérités qui stimulent le zèle et donnent force et simplicité à l’annonce de la Parole]

 

 

 

1         Introduction [Une nouvelle phase dans les controverses sur l’Église]

1.1        [Prier beaucoup pour l’Église stimule le désir de manifester le vrai caractère de ce qui éloigne de la vérité et de la bénédiction]

Quiconque prie beaucoup pour l’Église se sentira peu disposé, à laisser ses désirs s’exhaler la plume à la main. Toutefois, ces prières donneront à celui qui y persévérera, une impulsion spirituelle en vertu de laquelle, loin de se laisser arrêter par des choses qui auraient l’air de répondre au besoin des âmes et qui, en réalité, ne serviraient qu’à les séduire et à les égarer, il sera contraint de manifester, autant qu’il est en lui, le vrai caractère de ce qui, en se revêtant de ces dehors spécieux, pourrait entraîner les âmes loin de la vérité et de la bénédiction du Seigneur.

 

1.2        [Les opposants prennent au sérieux les principes qu’ils considéraient précédemment comme subversifs de l’ordre établi]

La controverse au sujet des vues émises, depuis quelques années, sur l’Église et sur la présence du Saint-Esprit en elle, est entrée dans une phase toute nouvelle. On n’entend plus guère parler de Coré, ni tenir des propos pareils, propos qu’a toujours à essuyer une activité spirituelle qui n’entre pas dans le cadre de ce qui existe. Il est aujourd’hui convenu qu’il s’agit de principes sérieux. Les événements, les besoins impérieux des enfants de Dieu, ont réduit tous ceux qui réfléchissent tant soit peu, à reconnaître comme des avertissements solennels et, pour ainsi dire, prophétiques, avertissements que Dieu a vérifiés par la suite, ce que d’abord l’on avait pris pour de l’inimitié contre ce qui existe, et pour un désir de renverser un ordre et une autorité qu’on aimait à considérer comme des canaux assurés de bénédiction.

 

1.3        [Au lieu de nier la vérité, on dit qu’elle était connue et que certains l’ont exagérée, et par-là gâtée]

Bien plus, les principes émis sur le ministère sont reconnus être de toute importance et essentiels à l’existence ainsi qu’au bien-être de l’Église. Je ne veux pas dire que, pour cela, l’on aime davantage ceux qui les ont émis ; et par le fait qu’on est forcé plus tard de la reconnaître, une vérité désagréable n’en est pas plus aimée pour cela. Et il arrive qu’une fois qu’on ne peut plus la nier, on découvre tout-à-coup que tout le monde la connaissait déjà, et que celui qui a insisté sur elle n’a fait que l’exagérer et l’a ainsi gâtée. Peu importe, si, par la bonté de Dieu, la vérité se fait jour. La grâce de Celui qui nous l’a donnée fera le reste ; et si cela n’arrive pas pour ceux qui ont blâmé le témoignage rendu à cette vérité, j’espère qu’elle le fera du moins du côté de celui qui en a porté la peine.

Je désire reprendre les choses au point où elles se trouvent actuellement, et cela aussi brièvement que possible.

 

2         Première partie : ÉTAT actuel de l’OPINION au sujet du MINISTÈRE

Le sacerdoce universel des enfants de Dieu, vérité si précieuse, que dis-je ? relation avec leur Dieu et Père essentielle à leur bonheur et à celui de l’Église elle-même, ce sacerdoce est maintenant admis sans contestation ; mais, en échange, on cherche à porter le combat avec plus de succès sur un autre terrain. Nous suivrons nos adversaires ([sur ce terme] voir note plus bas) sur le champ qu’ils ont eux-mêmes choisi, savoir :

● la question du ministère ;

● celle de la suffisance de la Parole et de l’Esprit pour conduire les chrétiens à tous égards ;

● enfin celle d’une organisation formelle, grande idole du jour qu’on appelle une Église Libre.

 

2.1        [Le clergé reculant devant un mouvement des esprits]

Ce qu’on avait refusé au témoignage de la Parole, on le cède à la force des circonstances. Partout où il y a un peu de lumière, le clergé ne peut absolument pas se maintenir dans la position qu’il aimait à se conserver. L’activité spirituelle est trop grande ; les yeux sont trop ouverts sur les abus ; la position dans laquelle le clergé lui-même se trouve est trop fausse. Par la bonté de Dieu, l’attention des chrétiens est maintenant éveillée sur ces questions. Mais, le mal extérieur est plus menaçant que ce mouvement même des esprits au sein des troupeaux, et les fonctionnaires ecclésiastiques sentent qu’il faut lui laisser le champ libre, ou que pire leur en arriverait. Ils sentent, en outre, que ce qui faisait leur appui devient une entrave, et qu’ils doivent laisser en des mains plus libres l’œuvre qu’ils aimeraient à diriger et que cependant ils n’osent entreprendre.

 

2.2        [Journal ‘Archives…’ (Paris, 1846) : il reconnaît des droits spirituels à tous les chrétiens, mais ne lie pas ces droits à la présence et l’action du Saint Esprit]

Lisez ce que disent les Archives du Christianisme, tom. XIV, page 74, numéro du 25 avril 1846.

« Cet immense privilège (celui de la sacrificature), auquel la miséricorde de Dieu a élevé les pauvres pécheurs, impose à tous les chrétiens des devoirs sacrés, leur confère aussi tous les droits spirituels dont l’Église est en possession. Je dis tous : gouvernement, prédication de la Parole, administration des sacrements, pouvoir de remettre ou de retenir les péchés. Si on se récrie, ajoute l’auteur de cet article, on ignore sur ce point le dogme protestant ».

Il y a certainement en cela une très-grande confusion ; mais, établir un tel principe, voilà ce qui est de la plus grande importance. L’auteur fait, il est vrai, une restriction ; une restriction qu’il ne présente nullement comme découlant de droit divin, mais purement de droit humain ; c’est que, pour le bon ordre, l’Église confie (*) ces droits à des hommes qu’elle établit, à un clergé.

 

(*) La présence de l’autorité du Saint-Esprit et, par conséquent aussi, l’autorité des dons qu’il confère, sont méconnus par nos opposants. Le sacerdoce ne confère pas le droit de prêcher ; c’est le don qui impose ce devoir à celui qui l’a reçu. Si, par exemple, il se rencontre une capacité spirituelle pour la prédication, l’Église ne peut ni la conférer ni l’ôter. Ni les dons, ni le droit de prêcher ne sont le partage de tous ; et il est très-mauvais de considérer le droit de prêcher comme un droit de l’homme. C’est un devoir qui découle d’un don, une obligation envers Dieu. Malheur à celui qui ne le fait pas si Dieu lui en a conféré le don ! L’Église ne peut pas lui confier ce dont Dieu l’a déjà rendu responsable, ni le lui ôter, ni non plus le décharger de la responsabilité qui y est attachée. De l’autre côté, l’Église ne peut pas lui confier ce que Dieu ne lui a pas donné. S’il a le talent, le Seigneur l’appelle à trafiquer avec ce talent. S’il ne l’a pas, aucune institution ne peut le mettre en état de le faire.

 

« Tel est, en particulier, continue ce même article, le ministère évangélique. Il reçoit ses dons de Dieu seul ; son office, des hommes. Ce n’est pas un caractère qui le différencie des autres chrétiens, qui fasse de lui et de ses collègues un ordre à part, une caste, un clergé, selon le mot orgueilleusement prétentieux de la hiérarchie catholique, qui se dit ainsi seule l’héritage du Seigneur, tandis qu’elle ne voit plus, dans le reste de l’Église, que le Laos (le peuple), les laïques ».

Aussi, l’article que nous citons se plaint-il de ce que l’auteur de l’Examen des vues Darbystes sur le saint Ministère croit trouver dans l’Écriture, pour chaque troupeau, un gouvernement hiérarchique concentré en la personne du pasteur seul, bien que celui-ci doive « s’appliquer à utiliser les éléments religieux qu’il rencontre dans les fidèles ». Et il craint que ce monarque ne devienne bientôt un pape, « sans compter qu’ici encore le sacerdoce universel se trouve piteusement refoulé dans les régions nuageuses des abstractions ».

 

2.3        [Journal ‘La Réformation’ (Genève) : Il comprend bien le « plymouthisme », mais le réduit à de l’anticléricalisme. Il vante la « liberté évangélique » pour arranger les choses de Dieu à sa guise]

Voici le langage de La Réformation : « Quant à nous, nous reconnaissons sans effort les services que le Plymouthisme a rendus à l’Évangile … Tout, dans le Plymouthisme, peut se réduire à deux points : l’idée de l’action du Saint-Esprit et l’idée de l’autorité de l’Écriture …  Le Plymouthisme veut substituer à l’organisation humaine l’action du Saint-Esprit ... Nous aussi, nous pensons depuis longtemps que, sur le terrain de la conformité aux usages primitifs, il n’y a pas de défense victorieuse des usages actuels. Il faut se placer hardiment sur celui de la liberté évangélique et de l’ordre humain ». C’est dire hardiment qu’il faut arranger les choses de Dieu comme on l’entend.

Le même journal ajoute :

« Le Plymouthisme ne doit peut-être pas tant son existence à telles vues sur l’Écriture et sur l’Esprit, qu’à une tendance anticléricale à laquelle ces vues ont servi d’échafaudage, de matériaux et d’armes. S’il en est ainsi, nous pourrions bien nous trouver moins éloignés qu’il ne semble. C’est ainsi que nous nous trouvons entièrement d’accord sur le point principal de la controverse au sujet du ministère, à savoir sur les notions sacerdotales de toute espèce : succession apostolique, vertu de l’ordination, collation d’un caractère indélébile, distinction entre laïques et ecclésiastiques, incapacité inhérente des uns ou capacité inhérente des autres à exhorter, enseigner et administrer le baptême ou la cène. Sur tous ces points, nous passons condamnation, parce que rien de tout cela ne se trouve dans le Nouveau Testament, mais surtout parce que cela est contraire à son esprit et tend à l’altérer gravement. Il faut encore extirper de l’opinion le préjugé d’une distinction entre ecclésiastiques et laïques ».

Telles sont les déclarations de deux journaux religieux, l’un de Paris, l’autre de Genève.

 

2.4        [Brochure sur le clergé vaudois : Les laïcs mis au rang du clergé]

Écoutons M. Henri Martin, dans sa brochure sur la Démission du Clergé Vaudois.

« L’Église entière, dit-il, est le clergé. Il n’y a, dans le Nouveau Testament, de souverain sacrificateur que Jésus-Christ. Chaque chrétien est néanmoins prêtre, comme participant au sacerdoce du Seigneur ... Si tous sont prêtres et sacrificateurs, il n’y a pas dans l’Église de laïques dans la signification profane du mot ; et tous sont laïques en ce sens que ce sont le peuple que Dieu s’est acquis ».

 

2.5        [Brochure ‘L’Examen’ : approbation des vues bibliques sur le ministère, et désir de changer un « adversaire » en ami qui réveille]

L’Examen des vues Darbystes (*), par un ministre Neuchâtelois [Frédéric Godet], reconnaît aussi qu’il est des dons spirituels départis à tous les fidèles sans exception ; et l’auteur, parlant de ce qu’il appelle le système des vues Darbystes sur le ministère, convient (Examen, p. 18) « que la plupart des coups par lesquels on croit, en général, pouvoir abattre cet ennemi, en réalité ne l’atteignent pas » ; qu’au lieu de « rejeter le ministère », il « prétend, au contraire, rétablir le seul vrai, le seul biblique » ; .. que, « accueilli avec charité, cet adversaire se changera certainement en un ami qui contribuera à réveiller, dans le sein de l’Église, le sentiment de plusieurs vérités importantes ». Et l’auteur cite entre autres celle-ci : « que le vrai ministère chrétien, le ministère d’esprit et de vie, ... ne peut être conféré par une simple consécration humaine, mais doit reposer sur un appel et sur un don vivant de l’Esprit ». En outre, il déclare donner son « plein assentiment à tout ce que le système de M. Darby renferme de réellement vrai et salutaire pour l’Église dans les temps actuels », et il reconnaît « la nécessité d’élever et de maintenir le ministère à la hauteur de ces vérités éternelles » (Examen, p. 19-21). »

 

(*) Examen des vues Darbystes sur le saint Ministère, d’après les textes bibliques, par un Ministre de la Parole de Dieu. Neuchâtel (en Suisse) 1846.

 

2.6        [Conclusion : il y a eu une vraie évolution des esprits qui admettent maintenant des principes qu’ils ont précédemment combattus]

Voilà des témoignages tirés de brochures et d’articles de journaux écrits dans l’intention de condamner le système recommandé à l’attention des chrétiens dans ces derniers temps ; des témoignages qui justifient parfaitement ce que j’ai avancé, savoir : que le champ de bataille est entièrement changé. De l’aveu des adversaires (*), les grands principes qui ont été admis sont des vérités éternelles. Les plus prononcés d’entre eux sont d’accord avec moi sur le point principal. Si les réformateurs ont reconnu ces vérités éternelles, tant mieux pour eux et pour nous. J’ai donné les extraits qui précèdent dans le but de constater que ces vérités sont reconnues. Il n’y a plus moyen d’en revenir.

 

(*) En disant adversaires, je n’entends parler que des vues et de la position prise à leur égard. Je ne suis pas l’adversaire des personnes qui ont pris cette position. L’auteur de l’Examen des vues Darbystes, brochure écrite dans un esprit doux et aimable, est, à ma connaissance, un frère qui n’aimerait pas à être l’adversaire des enfants de Dieu. Il a, en général, tracé le tableau de mes vues avec droiture, avec sincérité, et d’ordinaire avec justesse. Néanmoins, sur le point qui fait la thèse de sa brochure, il m’a fait dire précisément le contraire de ce que j’ai dit. Préoccupé de son sujet (je n’attribue cette méprise qu’à la préoccupation), il m’a fait conclure de la distinction établie entre les dons et les charges à leur incompatibilité, conclusion contraire à ce que j’ai écrit, et dont il aurait bien fait de tenir un peu plus compte. L’examen que, à cette occasion, j’ai fait de mes publications antérieures, m’a convaincu de la justesse de ce que j’ai dit, et m’a montré que Dieu m’a fait la grâce de me tenir, avec beaucoup plus d’exactitude que ce frère, dans les limites de la vérité sur le sujet en question, sujet sur lequel je suis d’accord avec lui. La controverse porte sur les points qu’il a évités, entre autres sur celui de savoir si la chute de l’Église n’a pas changé la position des enfants de Dieu. Un système, qui préfère l’Église de Neuchâtel aux temps apostoliques, s’expose à être reçu avec quelque défiance.

 

Nous verrons, cependant, qu’on peut bien chercher à rendre nulle la force de cette concession, faite plutôt sous l’empire des faits que dictée par la foi.

Je commencerai par rectifier quelques erreurs dans lesquelles l’auteur de l’Examen est tombé, et auxquelles j’ai fait allusion dans la dernière note.

 

3         Seconde partie : RÉFUTATION de quelques ERREURS contenues dans l’« EXAMEN des vues Darbystes sur le Saint MINISTÈRE »

3.1        Chapitre 1 : Sur la compatibilité des Dons et des Charges

3.1.1        [L’auteur de « l’Examen » dit que Darby prétend que dons et charges sont « deux séries sans points de contact »]

L’auteur de l’Examen [Frédéric Godet] dit, page 21 :

« Toute la doctrine de M. Darby sur le ministère repose, comme on l’a vu, sur la séparation qu’il établit entre le ministère des dons et les charges. Les charges, dont les caractères paraissent être, selon lui, l’absence de tout don spécial, l’élection par intervention humaine et l’emploi pour des usages temporels, sont le diaconat et l’épiscopat, ou charge d’ancien ».

Puis, après avoir tiré des Épîtres divers passages renfermant des listes de dons, l’auteur ajoute, page 24 :

« M. Darby cite surtout, avec confiance, quatre listes ou énumérations des ministères de l’Esprit ; ... listes qui ne renferment point les dénominations d’ancien ni de diacre, et qui prouvent ainsi la distinction tranchée établie par la primitive Église entre le ministère et les charges ». C’est ici assurément le point décisif. Si nous trouvons, comme le prétend M. Darby, dans l’Église apostolique, d’un côté, les dons s’exerçant en ministères libres pour l’édification de l’Église ; de l’autre, les charges, résultat d’une élection humaine pour une administration extérieure, et cela comme deux séries sans points de contact, le procès est jugé en faveur de M. Darby. Si nous pouvons démontrer, au contraire, que ces deux séries sont deux courants originairement sortis d’une même source, et qui, après s’être séparés un moment, tendent de plus en plus, dès les temps apostoliques, à se rapprocher et à se confondre en un seul fleuve, instrument futur de la fécondité de l’Église, alors nous sommes sur la voie pour justifier l’institution actuelle, laquelle n’est autre chose, dans son principe, que la fusion du don divin et de la charge humaine en un seul et même ministère ».

Voilà donc le point sur lequel l’auteur a dirigé tous ses arguments. Il affirme que je prétends que les dons et les charges sont « deux séries sans points de contact ». Voyons jusqu’à quel point mes écrits le justifient.

 

3.1.2        [Distinction entre dons et charges. Ce que Darby a dit effectivement sur ce sujet dans son écrit précédent]

Je prends la liberté de citer un passage de ma brochure intitulée : De la présence et de l’action du Saint-Esprit dans l’Église, page 35, où je dis :

« Que l’évêque [traduit ultérieurement par JND par ‘surveillant’] soit engagé à paître [action du pasteur], je ne le nie pas. Mais, de ce qu’un tel don est utile dans la charge d’évêque, il ne s’ensuit pas que tous ceux qui le possédaient fussent dans cette charge, et encore moins que la charge fût la même chose que le don. Je puis engager mon commis à bien écrire et à bien compter, et il faut qu’il sache ces choses pour être commis ; mais il ne s’ensuit pas que tout écrivain et teneur de livres soit commis.

Cette charge suppose une confiance qui s’étend à bien d’autres choses, au maniement de l’argent et des marchandises, aux relations avec des acheteurs, etc. Ainsi, un homme peut être pasteur et manquer de bien des choses nécessaires à un évêque, et ne jamais avoir été revêtu de cette charge. Un homme peut manquer d’autorité pour gouverner, de discernement pour surveiller, de gravité pour imposer aux esprits légers dans les détails de la vie (*), de la connaissance personnelle des âmes, et, en même temps, être en état de paître avec un grand succès, sans être revêtu de la charge d’évêque. Ce don-là, celui de paître [don de pasteur], peut, entre autres qualités, le rendre propre à la charge d’évêque ; mais une charge dont on est revêtu n’est pas un don donné par Christ monté en haut ».

 

(*) Ces expressions [de Darby] démontrent combien l’auteur [Godet] de l’Examen a méconnu ma pensée, quand il m’attribue d’assigner aux charges pour objet « l’emploi pour des usages temporels ». Tout en présentant avec bonne foi les idées générales que j’ai émises sur le ministère, il est tombé, en traitant le point en question, dans une préoccupation qui lui a complétement caché tout ce que j’ai dit ; de sorte que, pour s’opposer à moi, il maintient ce que j’ai maintenu moi-même dans les écrits d’où il a tiré l’exposé de mes vues. J’engage toutes les personnes qui veulent loyalement savoir ce que je pense, à lire ce que j’ai écrit.

 

« Les évêques, et non pas un évêque, car il y en avait toujours plusieurs, étaient des charges locales qui n’agissaient que dans l’enceinte de l’Église particulière où elles se trouvaient. L’évêque n’était pas un don, ni une jointure dans le corps, selon la mesure du don de Christ ; mais une charge locale pour laquelle la capacité de paître était convenable entre plusieurs autres. Le pasteur n’est jamais présenté comme une charge établie par les hommes, quoique les évêques, qui étaient, selon Dieu, établis par les hommes dans un but spécial de surveillance locale, aient pu jouir de ce don et en user dans leur localité. Ces choses se lient par un bout, comme l’autorité conférée aux apôtres par Christ, se liait à ce qui leur avait été donné. Car l’apôtre, quoique directement de Dieu, était aussi une charge, et cela, on peut le dire, de la part de Christ homme, agissant avec autorité dans le gouvernement de l’Église ; et les charges d’autorité découlaient de cela ».

« L’évêque peut être appelé à paitre et à enseigner, aussi comme qualité de sa charge. Je ne doute pas, historiquement, que comme l’homme a toujours plus éclipsé l’action de l’Esprit de Dieu dans l’Église, le don ne se soit peu à peu perdu dans la charge ; mais cela ne change rien à la Parole, et nous vivons dans des temps où il faut en venir à la Parole ou au papisme » (Pages 40, 41, 42 [fin de la longue citation de la brochure de J.N. Darby « De la présence et de l’action du Saint-Esprit dans l’Église »]).

 

3.1.3        [Loin de s’opposer, les propos de Darby et F. Godet sur la compatibilité des dons et charges, concordent]

Que l’auteur de l’Examen, après avoir lu les pages que je viens de rappeler, ait pu affirmer que tout mon système dépend de l’incompatibilité (*) des dons et des charges, comme de l’incompatibilité de deux séries sans points de contact, voilà pour moi une énigme. J’ai même dit que, historiquement, le don s’est peu à peu perdu dans la charge. Et quand, en parlant de ces deux séries, l’auteur les compare à deux courants qui, dès les temps apostoliques, tendent de plus en plus à se rapprocher et à se confondre en un seul fleuve, on dirait que ses idées sont empruntées des miennes. Que cela le mette sur la voie pour justifier l’institution actuelle, c’est une autre question. Quoi qu’il en soit, dans les pages mêmes de ma brochure, citées plus haut, je traite le point particulier sur lequel insiste l’auteur de l’Examen. Et comment, ayant lu ces pages avec soin (**), a-t-il pu présenter mes vues de cette façon ? Je ne sais. Ce qui est certain, c’est que le point qu’il envisage comme décisif ne peut pas l’être, puisque, à l’égard du pastorat et de l’épiscopat, loin de détruire ce que j’ai avancé, il ne fait que le répéter, m’attribuant et combattant comme mon système précisément l’opposé de ce que j’ai dit, et présentant victorieusement pour me renverser précisément ce que j’avais moi-même établi. De pareils coups ne peuvent atteindre ; comment d’ailleurs répondre à un écrit, qui, tandis que j’ai affirmé positivement que les dons et les charges se lient par un bout, prétend que je fais de ces deux choses « deux séries sans points de contact », et présente cette méprise où il est tombé, comme le fondement de mon système ?

 

(*) Expression sur laquelle l’auteur revient plusieurs fois.

(**) Car il a reconnu la force d’une observation critique qui s’y trouve sur une phrase grecque.

 

Qu’on me permette encore une citation de mes Remarques sur l’état de l’Église ; et l’on verra à quel degré la manière dont, sur ce « point décisif », l’auteur de l’Examen présente mes vues, est dénuée de fondement.

« Pour ce qui touche à la différence qui existe entre l’ancien et le pasteur, je dis que le pastorat était un don du Saint-Esprit (Éph. 4), tandis que la charge d’ancien n’en était pas un. Cette charge fut établie par des hommes dans l’Église, selon Dieu, sans doute ; mais c’était une institution de gouvernement, et non pas un don d’en haut, quoique certains dons et certaines qualités fussent nécessaires à celui qui était nommé ancien. J’ai dit que le don de paître le troupeau de Dieu d’une manière ou d’une autre lui était nécessaire ou convenable, parce qu’il parait, par l’Épître à Timothée, que les anciens qui travaillaient à la prédication et à l’instruction, sont distingués des autres anciens ».

Je suis fâché d’être obligé de reproduire ces extraits de mes propres écrits, mais le sujet au fond se rattache à ce qui agit puissamment sur la marche des chrétiens, et il est important qu’on comprenne au moins de quoi il s’agit.

 

3.1.4        [La discordance entre Darby et Godet n’est pas dans la compatibilité des dons et charges, mais dans le fait de savoir si l’Église a progressé ou chuté]

En résumé, voici ce que j’ai dit, et ce que l’auteur de l’Examen me fait dire :

J’ai dit : les dons et les charges se lient par un bout. — Il me fait dire qu’il n’y a entre eux aucun point de contact.

J’ai dit qu’en certains cas le don était nécessaire à la charge. — Il me fait dire qu’il y a entre eux incompatibilité.

Je dis que les dons se sont peu à peu perdus dans la charge. — Il le dit aussi. — Où donc est entre nous la différence ? — La voici. Il considère comme un bien que nous soyons privés d’apôtres et de prophètes ; bien plus : il affirme que l’Église est dans un meilleur état que du temps des apôtres. —Je dis, au contraire, que l’Église a beaucoup perdu, qu’elle est dans un état de chute. L’auteur de l’Examen annonce, dès l’entrée, qu’il laissera cette question de côté. Il n’a pas vu apparemment que c’est là le point essentiel. Quant aux points qu’il touche, on a vu qu’il ne les réfute pas, et c’est là cependant ce qu’il prétendait faire.

 

3.2        Chapitre 2 : Sur la ruine de l’Église

Parmi les points que l’auteur de l’Examen a laissés de côté, je mentionnerai

● la ruine de l’Église,

● puis la doctrine du retour de Christ,

● enfin ce qui se rapporte à la lutte contre le hiérarchisme catholique.

 

Il peut être très-commode de ne pas s’en occuper ; mais comment juger sainement du ministère et de l’Église en rapport avec lui, en mettant de côté la question de la ruine de l’Église ?

 

3.2.1        [La question de la ruine de l’Église est primordiale. On ne peut pas l’éluder]

J’ai insisté sur ce que le ministère est une chose divine, une institution de Dieu dont toute l’énergie vient d’en haut ; sur ce que l’homme, ayant été infidèle, l’Église au sein de laquelle s’exerçait ce ministère est en ruine, et sur ce que l’ordre extérieur qui se rattache à ce ministère, est tombé avec elle. On entreprend de me répondre en mettant de côté le sujet de la ruine de l’Église. C’est là cependant le fond même de la question.

Nous insistons sur le fait que la maison a été ruinée, ses ordonnances perverties, son ordre et tous ses arrangements abandonnés ou détruits ; que des ordonnances humaines, un ordre humain, leur ont été substitués ; et, ce qui mérite toute l’attention de la foi, nous insistons sur ce que le Seigneur, le maître de la Maison, va venir bientôt dans sa puissance et dans sa gloire pour juger tout cet état de choses. — Et voici un disciple qui, lorsque ce Maître réveille l’attention des siens sur le véritable état des choses, lorsqu’il la dirige vers la Maison qu’il avait bâtie, lui, au commencement, et vers le jugement qu’il veut exécuter à cause de l’infidélité qui a laissé tomber en ruine sa maison, voici, dis-je, un disciple qui, bien que responsable, ne s’occupe pas de ces choses. Celui qui tient ce langage, est membre d’un système ; il donne ce système pour la Maison, et ceux qui y agissent pour des serviteurs du Maitre.

Non, non, il n’en est rien ! La Maison est ruinée, et vous n’êtes que de mauvais imitateurs agissant de votre chef et injustement.

Comment éviter la question de la ruine de l’Église ? Comment juger de l’état de l’Église sans entamer la question de sa ruine, la question de l’abandon des principes sur lesquels Dieu l’avait établie, et de la position où il l’avait placée ?

 

3.2.2        [En fait l’auteur de « l’Examen » traite le sujet de la ruine de l’Église en la niant et en prétendant qu’il y a toujours eu progrès]

Cela n’est pas possible. Cela est même si impossible que tout en se proposant d’éviter cette question, l’auteur de l’Examen la traite à sa manière ; car il construit un système tout opposé au fait de la ruine de l’Église. Selon lui, il y a toujours eu un progrès réel : la suppression des apôtres était un bien, leur présence empêchant le développement de l’Église (pages 77 et 78) ; des fleurs tombaient pour que des fruits excellents se produisissent (*).

 

(*) Ainsi, ce que l’auteur appellerait l’Église de Neuchâtel, est comme un jeune homme à la fleur de l’âge, comparativement à l’état apostolique qui n’était que le bas âge et l’enfance de l’Église de Dieu.

 

Ainsi, loin de voir l’Église en ruine, l’auteur de l’Examen la trouve dans un état de jeunesse... « dont la foi, l’espérance et l’amour forment l’impérissable couronne » (Examen, p. 75). Loin de trouver dans le ministère clérical une institution humaine substituée au ministère de l’esprit, il outrepasse même le papisme, au jugement des Archives, dans la position qu’il donne au clergé protestant.

Nous sommes ainsi conduits, en suivant l’auteur de l’Examen, à considérer la question de la ruine de l’Église, non pas directement et en elle-même ; mais à prendre connaissance du système qu’on lui oppose, et à juger selon les Écritures les fondements sur lesquels on essaie de l’asseoir.

 

3.2.3        L’Examen dépasse le papisme dans l’inviolabilité qu’il attribue au clergé

Il est plus commode que sûr de mettre de côté la question du hiérarchisme catholique, lorsqu’on est soi-même accusé d’agir d’après les mêmes principes ; et, selon les Archives du Christianisme elles-mêmes, le système de l’auteur repose sur ces principes-là.

Dans une critique très-louangeuse de l’Examen, les Archives du Christianisme (No du 26 avril 1846), après avoir donné leur assentiment à ce que l’auteur dit de la « sacrificature universelle », s’expriment en ces termes :

 

[Longue citation des Archives du Christianisme]

3.2.3.1       [Prétention à un ministère de droit divin inviolable, même en cas de ministère malfaisant, et malgré l’acceptation du sacerdoce universel]

« Mais, comme cela arrive souvent, il nous semble qu’il (l’auteur de l’Examen) reprend d’une main ce qu’il a concédé de l’autre, et se montre, à quelques égards, inconséquent au grand et beau principe qu’il vient de poser ».

« Ainsi, se fondant sur un passage de saint Paul, dont il exagère évidemment la portée (2 Tim. 2:2), il revendique pour le ministère évangélique, ni plus ni moins que le caractère de la succession apostolique, et cela (si nous l’avons bien compris) dans un sens dont les évêques de Rome et de Cantorbéry devraient se montrer également fort satisfaits. Or, ce principe qui, oubliant que l’Esprit de Dieu souffle où il veut, lui trace, à travers tous les âges de l’Église, un canal unique (canal souvent fort impur) où il doit couler à jamais ; ce principe, créateur d’une aristocratie dont on connaît les égarements, négation flagrante des privilèges de l’Église de Jésus-Christ que nous venons de constater ; ce principe qui vient de féconder le Puseyisme, renferme en germe tout l’établissement catholique qui, à cause de cela même, s’attribue le titre exclusif d’Église chrétienne … Il a déjà porté dans les idées de l’auteur, une conséquence étrange, bien que très-logique. Je veux parler d’un véritable droit divin qu’il revendique, non-seulement pour les dons spirituels du ministère, ... mais pour l’office. Il suppose le cas où le ministère, « s’écartant du droit chemin, au lieu de transmettre la saine doctrine apostolique, se fait l’instrument d’une doctrine malfaisante et empoisonnée, et que de moyen il devient obstacle … » Que faire alors ? « Alors reparaît dans toute sa dignité ce ministère, ce sacerdoce impérissable de tous les fidèles, dont il est si souvent fait mention dans les saintes Écritures ». Et quel est le droit et le devoir de ce sacerdoce ? De retirer à un ministère infidèle l’office qu’il lui a confié ? « Non, c’est à Dieu seul qu’il appartient de renverser ce que lui seul a élevé ! ... » Le sacerdoce de tous les fidèles pourra, devra rendre témoignage à la vérité, mais, en même temps, laisser peser sur l’Église entière ce fléau, laisser cette doctrine malfaisante et empoisonnée couler à grands flots dans les âmes, « et puis, attendre que la droite de l’Éternel fasse vertu » (Examen, pages 82, 83). Car il faudrait, pour renouveler ce ministère, « un acte divin, un acte créateur, semblable à celui par lequel il a été primitivement fondé ». Voilà donc une église chrétienne écrasée sous le poids d’un droit divin et toujours inviolable, sans autorité pour exercer aucune discipline envers un ministère infidèle, bien qu’elle soit revêtue d’un sacerdoce impérissable ! Mais, le catholicisme n’est pas allé si loin ; il a suspendu des prêtres, des évêques, des papes. — Et puis, y avez-vous bien pensé ? Ce droit divin de l’office, vous le reconnaissez même dans votre hypothèse d’un ministère indigne ! Cet « instrument d’une nature malfaisante et empoisonnée », c’est Dieu qui l’a élevé ! Donc, il reste inviolable ! C’est exactement le principe d’après lequel un Alexandre Borgia a pu être d’office un pontife aussi infaillible que s’il eût été un saint, et je n’ignore pas que quelque chose de cette superstition, pour un titre mensonger, s’est perpétué jusqu’au sein du protestantisme ».

 

3.2.3.2       [Prétention à un gouvernement monarchique absolu du pasteur]

« Enfin, il est une autre conséquence de ces vues que nous ne saurions admettre. L’auteur, fondé sur une interprétation plus que douteuse de quelques passages de l’Écriture, croit y trouver, pour chaque troupeau, un gouvernement monarchique, concentré en la personne du pasteur seul, bien que celui-ci doive s’appliquer à utiliser les éléments religieux qu’il rencontre dans les fidèles. La monarchie, la monarchie, absolue ! .... Je crains fort que ce ne fût bientôt qu’un pape. Le pauvre cœur de l’homme, l’expérience sont là, qu’on les interroge ! Je n’ai pas besoin d’autres preuves, sans compter qu’ici encore le sacerdoce universel se trouve piteusement refoulé dans les régions nuageuses des abstractions » [fin de la citation des Archives du Christianisme du 26 avril 1846].

Tel est le témoignage d’un article qui loue de son mieux l’Examen.

 

3.2.4        Devoir de juger les principes de l’Examen [malgré ce qu’il contient de faux, des gens s’en serve pour induire les âmes en erreur]

L’auteur de l’Examen, confessant comme des « vérités éternelles » les principes que j’ai émis ; la liaison entre les dons et les charges dans les temps apostoliques ayant déjà été établie clairement dans mes précédents écrits ; les Archives ayant pris soin d’avertir que, dans son principe ecclésiastique, l’auteur de l’Examen allait plus loin que le catholicisme lui-même ; l’application de ce principe pour justifier l’institution actuelle étant fondée sur une interprétation plus que douteuse de quelques passages de l’Écriture ; le sacerdoce universel se trouvant, encore au jugement des Archives, piteusement refoulé dans les régions nuageuses des abstractions, je pouvais me croire dispensé, quant aux thèses de l’Examen, des fatigues de la controverse. Mais, comme on s’étaie de [s’appuie sur] ces vues-là pour embarrasser le chemin de la foi, il est bon que les brebis de Jésus ne soient pas séduites ; et, afin de leur épargner les dangers d’une fausse route, la charité demande que ces choses soient jugées avec soin.

 

3.2.5        Fausses idées sur un prétendu démembrement de l’Apostolat

Afin de montrer le progrès de l’Église, l’auteur de l’Examen fait une histoire du ministère dont le résultat est précisément, comme le remarquent les Archives, « de trouver pour chaque troupeau un gouvernement monarchique, concentré en la personne du pasteur seul, etc. » ; et c’est précisément ce résultat historique qui, toujours au jugement des Archives, est « fondé sur une interprétation plus que douteuse de quelques passages de l’Écriture ». Et, en effet, toute cette prétendue histoire est remplie d’inexactitudes. Autant il est vrai qu’il existe un point de contact entre les dons et les charges, et que, historiquement, les dons se sont perdus dans les charges, autant il l’est peu [= autant il est faux] de présenter, comme le fait l’Examen, cette absorption des dons par les charges comme un démembrement de l’apostolat opéré par les apôtres eux-mêmes, et comme un progrès de l’Église.

 

3.2.5.1       [Déroulement historique de ce prétendu démembrement selon la brochure « l’Examen »]

L’Examen (pages 43 et suiv.) signale une première phase du ministère, phase spécialement apostolique. À cause de l’accroissement extérieur de l’Église, « les apôtres sentent bientôt la nécessité de se décharger d’une partie de leurs fonctions, … de la moins importante, de la distribution des aumônes. De là, l’institution des diacres … Cet appui ne parait pas avoir longtemps suffi. L’accroissement continuel de l’Église, surtout sa propagation hors de Jérusalem, et le devoir ... de remplir leur mission spéciale et l’office propre de leur charge, forcent les apôtres à abandonner peu à peu la position pastorale qu’ils avaient prise ... vis-à-vis de l’Église de Jérusalem, et à prendre la position apostolique à laquelle ils sont appelés vis-à-vis de l’Église entière. Le vide qui se forme par-là (à Jérusalem), est rempli par une nouvelle charge, celle d’ancien, ou d’évêque, dont l’institution ne nous est pas racontée … La charge d’ancien était naturellement supérieure à celle de diacre : son origine postérieure l’indique ; car ce n’est qu’à mesure que l’apostolat se retire, si j’ose ainsi dire, de bas en haut, dans la sphère d’action qui lui est propre, que naissent successivement les charges ».

 

3.2.5.2       [L’apostolat n’a pas été démembré. Les apôtres ne l’ont pas fait et ne pouvaient pas le faire]

Ce faux principe du démembrement de l’apostolat, principe qui sert aussi de base au système de l’Espérance, n’a aucun fondement dans la Parole de Dieu. Bien au contraire, il est en contradiction avec l’origine et la nature même du ministère. Ce principe, qui fait des apôtres la source du ministère, à la place de Christ, tête du corps, est on ne peut plus abominable. C’est de Christ directement que chaque ministère relevait dans sa fonction. Il y avait diversité de dons, mais un seul Esprit ; diversité d’administration, mais un seul Seigneur (1 Cor. 12:4, etc.). Christ est « la tête du corps » (Éph. 4:15, 16), et c’est d’elle que « tout le corps bien ajusté et serré ensemble par toutes les jointures du fournissement, prend l’accroissement du corps qui est dans la mesure de chaque partie, pour l’édification de soi-même en charité ». C’est Christ, monté en haut, qui a donné les pasteurs comme les apôtres, la grâce étant donnée à chacun selon la mesure du don de Christ. « Lui-même a donné les uns pour être apôtres, les autres, etc. » (Éph. 4:11). « À l’un est donné par l’Esprit la parole de sagesse, à l’autre par le même Esprit, etc. ... Or, toutes ces choses, c’est ce seul et même Esprit qui les opère, distribuant à chacun ce qui lui est particulier, selon qu’il veut » (1 Cor. 12). Les apôtres pouvaient être le moyen par lequel on recevait le Saint-Esprit ; mais la communication du Saint-Esprit par leur moyen n’était pas un démembrement de l’apostolat. Les apôtres n’auraient pas eu le droit d’opérer un pareil démembrement. Ils devaient se tenir dans leur position de serviteurs, selon les talents qui leur avaient été départis. Et c’est ce qu’ils ont fait. Bien loin de démembrer l’apostolat, c’est précisément parce qu’ils ne voulaient pas abandonner, pour une autre œuvre, celle de l’apostolat, que, selon la volonté de Dieu, ils ont fait confier une œuvre, qui se faisait sans ordre, à des personnes spécialement désignées pour cela.

 

3.2.5.3       [La formation de la charge du diaconat n’est pas un démembrement de l’apostolat]

Rien de moins fondé que d’avancer que les apôtres se déchargent d’une partie de leurs fonctions, pour former, de ce qu’ils en détachent, la charge du diaconat. Étaient-ce les apôtres qui, par partialité, préféraient les veuves Hébreues ? Et quelle confusion d’idées que de dire que le don de sagesse, organisé en charge, devient le diaconat (Examen, p. 44) ! Il est d’ailleurs tout-à-fait faux de supposer qu’un mot (comme ici celui de sagesse), qui a un sens général, et qui aussi désigne un don, signifie toujours ce don. Il n’en est rien.

 

3.2.6        Observations de détail. — Qui rompt le pain. — Position apostolique. — Dons médiatisés et dons libres. — Paul à Corinthe. — Le ministère de Paul renverse le système de l’Examen.

Plusieurs autres assertions de l’auteur ne sont pas moins dénuées de preuves.

 

3.2.6.1       [Pas de direction de Jésus pour l’Église quand il était sur terre, car l’Église n’a été constituée qu’après son départ]

Quand il dit (Examen, page 41) que Jésus « n’avait laissé à ses apôtres aucune direction positive sur la constitution de l’Église », il semble attribuer à Christ le soin de fonder et d’organiser l’Église sur la terre. C’est confondre entièrement l’œuvre de Christ, pendant qu’il a été sur la terre, et la constitution de l’Église. L’Église n’a commencé qu’après le départ de Jésus, et l’auteur lui-même reconnaît cette vérité, quand il dit (Examen, p. 42) que la Pentecôte a donné naissance à l’Église.

 

3.2.6.2       [Fraction du pain simplement par les croyants, sans apôtres]

Il dit, en parlant des apôtres (Examen, p. 43) : « Ce sont eux qui vont de maison en maison, rompant le pain ». Ce n’étaient ni les apôtres, ni personne d’autre, selon moi. Ceux qui rompaient le pain étaient ceux dont il est dit que tous ceux qui croyaient étaient ensemble ou en un, et avaient tout en commun, vendaient leurs biens, les distribuaient et persévéraient d’un commun accord dans le temple. L’expression κατ’ οίκον [Actes 2:46] signifie, non ‘de maison en maison’, mais ‘à la maison’, en contraste avec le temple. Ils rompaient le pain à domicile et non dans le temple.

 

3.2.6.3       [Les apôtres n’ont pas abandonné le travail pastoral]

Quand il dit que les apôtres abandonnent « peu à peu la position pastorale » pour prendre vis-à-vis de l’Église entière une position apostolique, il affirme une chose dont l’Écriture ne dit pas un mot. L’Écriture dit plutôt le contraire. Il fut convenu, comme nous l’apprend l’Épître aux Galates 2:9, que Paul et Barnabas iraient vers les Gentils, et que Pierre, Jacques et Jean iraient vers les Juifs. Ici donc, l’Examen appuie son système sur un fait controuvé [entièrement erroné].

 

3.2.6.4       [Des affirmations sans fondement sur les dons et leurs relations avec les charges d’ancien]

Quand, en outre, il établit deux catégories de dons, savoir : des dons régularisés en charge, et « en quelque sorte médiatisés » [transférés sous l’autorité d’un ancien], c’est-à-dire, des dons qui, cessant de relever immédiatement du Seigneur de qui ils procèdent, et de s’exercer sous son autorité immédiate, sont placés sous l’autorité d’une charge conférée par des hommes et exercés médiatement, — et « d’autres dons qui paraissent avoir toujours conservé leur indépendance, comme ceux de prophétie, de langues, de connaissance contemplative, dont l’exercice ne parait pas avoir été régularisé jamais par une consécration extérieure » (Examen, p. 39) ; — quand, disons-nous, l’Examen établit, comme une des preuves du développement de l’Église, et qu’il met en regard et presque en opposition un « ministère régulier des charges », et des « ministères irréguliers » des dons non régularisés en charges (Examen, p. 47) ; — quand il ajoute (Examen, p. 45) que l’origine postérieure d’une charge (celle d’ancien) indique qu’elle « était naturellement supérieure à une charge d’institution plus ancienne », l’Examen ne fait que multiplier des assertions entièrement dénuées de fondement et de preuves. L’apostolat, la plus ancienne des charges, était-elle naturellement inférieure aux autres ? D’ailleurs, l’apostolat a été une charge avant que d’être un don ; qu’est-ce donc ici qu’un don régularisé en charge ? Le don des langues date de la Pentecôte même. Miracles, guérisons, prophéties, toutes sortes de dons, qui n’ont aucun rapport avec les charges, se trouvent dans l’Église, dès le commencement. Tout le système de l’Examen n’est que système.

 

3.2.6.5       [Des affirmations sans fondement sur les ministères  et les charges d’anciens à Corinthe]

Quand, en parlant de l’Église de Corinthe (Examen, p. 51), l’Examen se donne la liberté d’affirmer qu’il y avait une « distinction marquée entre les ministères libres, auxquels est confiée l’édification de l’Église, et les charges d’anciens et de diacres, dont la place serait peut-être envahie par les dons, si l’apostolat ne venait l’occuper et en remplir momentanément les fonctions », où a-t-il puisé cela ? Peut-être y avait-il plus de dons dans une Église que dans une autre ; mais, qui est-ce qui dit que, dans l’Épître aux Corinthiens, Paul remplisse momentanément les fonctions d’ancien ou de diacre ? Est-ce que les pasteurs et les anciens du canton de Neuchâtel peuvent dire comme saint Paul, dans cette Épître : « Si quelqu’un pense être prophète ou spirituel, qu’il reconnaisse que ce que je vous écris, ce sont des commandements du Seigneur ».

Du reste, la manière dont le ministère de saint Paul (cette naissance comme d’un avorton) a commencé, renverse tout le système de l’Examen. Aussi l’auteur n’en dit-il rien du tout. Il parle à la vérité de sa consécration ; mais, c’est une question toute différente. — C’est ce que, en effet, Paul, qui était apôtre, « ni de l’homme, ni par l’homme, mais par Jésus-Christ et par Dieu le Père qui l’a ressuscité d’entre les morts » (Gal. 1:1), ne pouvait nullement figurer dans un développement quelconque de « l’ordre humain ». Et c’est sur quoi Paul insiste absolument dans l’Épître aux Galates. Et, chose digne de remarque, depuis que cet apostolat, qui n’est ni de l’homme ni par l’homme, nous est montré en activité, les autres apôtres disparaissent entièrement de l’histoire biblique des Actes.

 

3.2.7        Coup-d’œil sur l’institution actuelle de l’Église nationale Presbytérienne [soutenue par l’Examen]

Ce ne sont là que des observations de détail. Venons-en au fait, c’est-à-dire, à ce qui concerne l’institution actuelle de l’Église nationale presbytérienne.

 

3.2.7.1       [Un système de gouvernement monarchique local d’un pasteur, souvent non converti et de connivence avec les autorités civiles]

Quelque ingénieuses que, sur le papier, les théories puissent paraître, qu’y a-t-il de commun entre les deux ordres de choses que voici ?

L’un, que l’apôtre, qui n’est ni de l’homme ni par l’homme, choisit des hommes dont les uns étaient déjà prophètes, et dont les autres étaient connus par leur piété, et, quant à ceux-ci, leur confère un don par l’imposition des mains.

L’autre, que, dans une certaine circonscription géographique, on trouve établi comme une sorte de gouvernement monarchique, un pasteur, qui peut même n’être pas converti (comme cela arrive dans l’immense majorité des cas), mais qui, établi d’après un système limité à une nation, et établi sur un troupeau non converti ou pire encore, prétend paître ceux qui sont réellement les brebis du Seigneur ; qui (ce à quoi un apôtre ne prétendait nullement, car c’est se mettre au-dessus de Dieu, au lieu d’être son serviteur) prétend avoir droit de refuser et de rejeter ceux que le Seigneur lui-même pourrait envoyer pour être en bénédiction à ses véritables brebis, et qui, peut-être, suscite la police contre eux (*).

 

(*) C’est effectivement ce qui, depuis la publication de son ouvrage, est arrivé dans le voisinage de l’auteur de l’Examen, de la part de ceux qui ont coopéré à sa rédaction. Je suis assuré que l’auteur n’approuve pas cette conduite.

 

3.2.7.2       [Un système injurieux des droits de Christ, qui accepte la persistance de mauvais bergers, et accuse de schisme ceux qui abandonnent ce système]

Et ne dites pas que je n’ai pas le droit de supposer non converti ce pasteur établi selon un ordre humain.

Ce droit, je l’ai, et justement, puisque l’Examen veut que l’institution nationale soit de Dieu ; bien plus, puisqu’il veut que, dans le cas même, où le pasteur, établi selon ce système, propagerait une « doctrine malfaisante et empoisonnée », on laisse l’affaire à Dieu, et les pauvres brebis aux soins du loup, je dois m’enquérir, d’où le droit qui fait de ce pasteur un monarque tire sa source. Il ne la tire pas de Dieu, assurément ; car ce n’est pas Dieu qui l’a choisi : c’est ou un Conseil d’État, ou, sauf appel au Ministre des cultes, un Consistoire composé des principaux contribuables, ou un Roi, ou un patron qui a acheté ce droit à prix d’argent. C’est ce que disent des ministres pieux, montrant par-là quel jugement ils portent sur des systèmes qu’eux-mêmes ont longtemps défendus, accusant de schisme et de radicalisme ceux qui, le cœur brisé par un tel état de choses, avaient jugé devoir l’abandonner. La force des circonstances les a contraints de reconnaître comme une institution non-seulement humaine, mais injurieuse pour les droits de Christ (*), ce que l’Examen défend et soutient encore comme une institution de Christ ; et, défenseurs des droits méconnus de Christ sur son Église, les ministres dont nous parlons, se sont mis en avant pour les revendiquer contre cette même institution dont l’Examen s’efforce de plaider la cause.

 

(*) Voyez la Constitution de l’Église libre du canton de Vaud. Il en sera fait mention plus amplement ci-dessous.

 

Pensez, chrétiens, pensez à un tel système, en présence de l’amour de Christ pour son Église !

 

3.2.7.3       [Un système où le pasteur-ancien a le droit d’accueillir ou refuser ceux qui exercent un don reçu de Christ. Il usurpe la place de Christ]

Une autre question se présente.

Selon l’Examen (page 80), le ministère actuel, fusion du don divin et de la charge humaine, concentre la conduite du troupeau dans une charge, celle d’ancien, et cette charge dans un seul homme. Il ajoute :

« Ce ministère d’un homme doit chercher à se renforcer et à se multiplier par les dons que l’Esprit de Dieu accorde aux membres du troupeau, soit en s’associant officieusement ces dons, comme la charge actuelle d’ancien lui en offre le moyen ; soit en encourageant et en dirigeant ces dons dans leur exercice privé ».

Qu’est, au fond, cette largeur, cette générosité ? Rien autre que, sans peut-être s’en rendre compte, l’usurpation de la place de Christ dans l’exercice de sa souveraineté sur son Église.

Supposons même, pour faire à l’Examen le terrain le plus avantageux possible ; supposons que ces ministres concentrateurs seront partout convertis et réellement des anciens, voici notre question :

Qui est-ce qui leur a donné le droit d’accueillir ou de refuser les dons qui s’exercent librement ? Quel passage de l’Écriture peut faire présumer que Christ leur ait attribué un tel droit ?

 

3.2.7.4       [Un système où le ministre-ancien couvre une paroisse ou district géographique, et de lui dépendent des droits civils et mondains]

Nous allons plus loin et concédons encore davantage. Supposons un instant que ces ministres, dont chacun est un homme, revêtu d’une charge qui concentre en soi la conduite du troupeau, et qui est la fusion d’un don et d’une charge, soient dans une position vraie : les évangélistes, les docteurs, les pasteurs, les prophètes qui ne sont pas « médiatisés » [subordonnés à un ancien], ne sont-ils pas les serviteurs de Christ responsables à Christ, et à Christ seul ? Sont-ils peut-être responsables à ceux qui ont des charges ? On ne trouve dans la Parole rien qui approche d’une telle pensée. Christ a-t-il le droit de donner de tels ministères ? Et, s’il en donne, à qui sont-ils responsables ?

Hélas ! dans le système que l’on cherche à soutenir, mais que la Parole de Dieu ne soutient pas, il ne s’agit, par le fait, ni de l’Église de Dieu, ni du ministère dans l’Église de Dieu.

Ce dont il s’agit, c’est d’un district géographique, sous la domination de tel ou tel souverain, ou dans le territoire de tel ou tel état. Ce district, c’est une paroisse. On fait des chrétiens de tous les habitants ; en certains pays (*), les droits civils se rattachent même à cette qualité de membre de l’Église établie. Selon le système, tout mouvement spirituel en dehors de cet arrangement est prohibé. À un âge déterminé, on fait sa première communion, et il est des pays où ce n’est qu’après l’accomplissement de cet acte, que les mœurs permettent aux jeunes gens d’aller boire et danser. Quand, par la première communion, on est devenu complétement chrétien, on y va. — Mais, il faut à cette paroisse un ministre. Et si c’est de cette manière que l’on fait des chrétiens, il n’est pas étonnant que l’on fasse des ministres à l’académie [école de théologie].

 

(*) C’est ce qui a lieu dans le pays [Suisse, Neuchâtel] où vit l’auteur de l’Examen.

 

3.2.7.5       [Un système marqué par la confusion entre anciens, pasteurs et anges, où les droits de Christ sont niés. Des ministres non convertis se plaignent que les vrais fidèles s’en séparent !]

Et qu’on ne se récrie pas en disant que ce sont-là seulement des abus. — Non, c’est le système. Selon le système, en effet, selon le principe décrit dans l’Examen, et selon ce qui existe de fait dans les Églises nationales, il faut reconnaître un ministre socinien, ou, si l’on veut, un ministre non converti, aussi bien qu’un ministre pieux. Il a les mêmes droits dans l’Église ; et le ministre de Christ, que l’établissement national aurait placé ou dans la même paroisse ou dans une paroisse voisine, est tenu de le reconnaître et de laisser les brebis de Jésus entre les mains d’un tel homme. Et l’on cite la Bible pour justifier cette institution ! Et on la cite, parce qu’elle nous montre qu’il y avait sur les églises des anciens, et comme on le dit aussi, des anges ! On se plaint de la séparation ! Séparation de quoi ? D’un système qui, selon les nouvelles lumières d’une partie du clergé lui-même, nie les droits de Christ sur son Église, qui contraint les brebis de Jésus de demeurer dans des pâturages empoisonnés, qui place l’Église, pieds et poings liés, dans les mains des hommes. Et pourquoi ne pas s’en séparer ? Est-ce là l’Église de Christ ? Je ne le pense pas ; ce n’est pas ce que j’ai trouvé dans la Parole. Et, si ce n’est pas l’Église de Christ, pourquoi donc en être ? Des ministres vraiment pieux répondront : Nous ne vous demandons pas de reconnaître des ministres non convertis. Dans ce cas, pourquoi les reconnaissent-ils eux-mêmes ? Et comment pensent-ils que nous puissions reconnaître, dans leur personne, un système qu’ils condamnent chez d’autres ?

 

3.2.7.6       [Dire que le ministère est la fusion du don (pasteur) et de la charge (ancien), c’est jouer sur les mots. 2 Tim. 2:2 ne justifie pas les écoles de pasteurs]

Dire que le principe du ministère actuel n’est que la fusion du don et de la charge, tandis que, dans la plupart des cas, il n’y a chez ceux qui en sont revêtus ni dons, ni conversion même, ce n’est que se donner le change sur des mots dans une chose très-sérieuse. Ce que l’on pratique dans l’institution nationale pour préparer et pour faire des ministres, ce n’est pas, comme on en a la prétention, ce que Paul recommande à Timothée quand il dit : « Les choses que tu as entendues de moi devant plusieurs témoins, confie-les à des hommes fidèles, lesquels seront eux-mêmes capables d’en instruire aussi d’autres », 2 Tim. 2:2. Non. Instruire des jeunes gens dans une académie, pour les consacrer ensuite, qu’ils soient ou non doués ou convertis, ce n’est pas confier certaines vérités à des hommes fidèles ; c’est instruire et dresser pour un état, des jeunes gens dont la fidélité n’a pu encore être mise à l’épreuve, et qui n’ont pas une seule des qualités voulues pour un ancien. En certains cas, il y avait réunion des dons et des charges. Ce qui se pratique maintenant est un vaste système qui ne se rapporte ni aux uns ni aux autres.

 

3.2.7.7       [La vraie Église de Christ n’a rien à voir avec les districts géographiques. Incrédules et croyants ne peuvent être confondus. L’appel de Dieu est en dehors de tout ordre humain]

Non, les habitants d’un district géographique ne forment pas l’Église de Christ. Non, un ministère qui englobe et confond dans une même masse et avec les mêmes droits les convertis et les non convertis, les incrédules et les croyants, les doués et les non doués, est, non pas le vrai ministère, mais une confusion établie par l’homme.

L’auteur de l’Examen a beau lier et fondre ensemble les dons et les charges : je le défie de présenter, dans l’histoire biblique du ministère, quelque chose de pareil au système où il agit et qu’il soutient. Et, si le corps de Christ est un, comment des districts géographiques peuvent-ils être ce corps ? Que, dans une même ville, les enfants de Dieu se réunissent tous ensemble et fassent corps, cela se comprend, la Bible me l’a fait comprendre ; mais que, dans la constitution de l’Église, il y ait quelque chose de semblable au nationalisme, à la nationalité en matière d’Église, c’est ce qui ne se trouve pas dans la Parole de Dieu.

Non, la Parole de Dieu ne nous parle pas de la fusion des dons dans les charges ; elle ne justifie point le système de l’Examen. Elle nous montre, en dehors de tout ordre humain, l’appel extraordinaire de saint Paul, appel que l’Examen laisse entièrement de côté. C’est à saint Paul qu’avait été confiée la révélation d’un mystère caché dans tous les siècles (Col. 1:26) ; révélation, faites-y attention, précisément de cette vérité de l’Église de Dieu, un seul corps, unie à Christ en haut ; et Paul insiste particulièrement sur ce que le ministère qui lui a été confié ne se rapporte nullement à ce qui a précédé.

 

3.2.8        Du prétendu progrès de l’Église [selon l’Examen]

Dans ses préoccupations relatives au progrès de l’Église, ou plus spécialement au progrès du ministère dans l’Église, l’auteur de l’Examen découvre trois époques, trois périodes dans l’histoire du ministère chrétien (Examen, p. 64, 65). Il a pour point de départ le ministère apostolique pur ; pour seconde période, le ministère simultané des dons libres et des charges.

« Mais bientôt, ajoute l’Examen, l’abondance extraordinaire du don diminue, et le temps arrive, où aux fleurs de la première saison doivent succéder des fruits plus durables ... L’apostolat prend fin … La charge d’ancien est choisie de Dieu pour pourvoir dans chaque troupeau au maintien de l’ordre et de la discipline... Cette troisième phase... peut s’appeler l’époque du ministère épiscopal ou presbytérien ».

L’apostolat et les dons, fleurs de la première saison, font place à des fruits plus durables.

Est-il possible de tomber dans une telle illusion ? Mettra-t-on au nombre de ces fruits durables l’envahissement du papisme, le culte universel de la Vierge, et les supplices de ces rares et précieux témoins du Seigneur, venus à de longs intervalles, pendant bien des siècles, pour être mis à mort par ceux que l’Examen appelle des fruits durables, comparativement aux fleurs printanières des dons et de l’apostolat ?

Le rationalisme protestant est-il un de ces fruits durables ? L’auteur pense-t-il que son Église de Neuchâtel a duré depuis le temps de Jésus ?

Tout sentiment de l’affection de Christ pour son Église et la mémoire ont-ils disparu en même temps ?

Cette phase presbytérienne, combien de temps a-t-elle duré dans l’Église primitive ? Pas même un siècle. Et même, s’il s’agit des opinions des hommes, cette phase, que l’Examen considère comme la troisième, a l’antériorité aux yeux de plusieurs autres, qui considèrent la phase apostolique, soit épiscopale, comme la primitive.

Voici à quel point l’idée du progrès de l’Église a égaré l’Examen.

 

3.2.8.1       [1 Cor. 13 ne se rapporte pas à l’état de l’Église. La disparition des apôtres n’est pas un progrès]

Faisant mention du 13ème chapitre de la première Épître aux Corinthiens, où Paul nous montre que notre connaissance actuelle est loin d’être comparable à celle que nous aurons quand nous verrons face à face, l’auteur est entraîné, au point de dire (Examen, p. 76) :

« Saint Paul distingue donc évidemment dans ce chapitre trois états de l’Église ; celui de l’enfance, pendant lequel Dieu lui accorde ces dons extraordinaires, semblables aux fleurs dont un père orne le berceau de son nouveau-né ; l’âge de la jeunesse qui embrasse tout le pèlerinage terrestre de l’Église depuis la fin du siècle apostolique, et dont la foi, l’espérance et l’amour forment l’impérissable couronne ; enfin, l’âge mûr ou l’état céleste dans lequel l’amour seul entre et demeure sans changer de nature, parce que alors Dieu est tout en tous, et que Dieu est amour.

La cessation de l’apostolat doit elle-même, quelque étrange que cela puisse paraitre, être envisagée comme un progrès… Les apôtres furent pour l’Église à l’état d’enfance, des tuteurs et des curateurs. Mais, lorsque le divin enfant eut pris de l’accroissement, que l’heure de la majorité, du développement libre et spontané eut sonné pour lui, comme Dieu avait donné les apôtres dans sa grâce, je n’hésite pas à le dire, il les retira aussi dans sa grâce » (Examen, p. 77).

Il suffit de lire le chapitre en question, pour s’assurer que Paul n’y fait nullement mention de l’état de l’Église, mais de la nature de la connaissance que nous possédons. Cela est si certain que l’auteur de l’Examen lui-même a senti qu’il interprétait mal ce passage et il a cherché à répondre aux objections qu’il prévoit.

 

3.2.8.2       [1 Cor. 13:13 : ‘La foi, l’espérance et l’amour’ ne sont pas une phase qui ferait suite à la connaissance après sa disparition]

Voici le raisonnement de l’apôtre :

Nous connaissons en partie. Lorsque ce qui est parfait sera venu, ce qui est en partie sera aboli. Il y a une connaissance partielle qui appartient à l’Église ici-bas. Cette connaissance sera parfaite là-haut.

L’Examen dit, au contraire, que la connaissance elle-même disparaît entièrement pour faire place à la foi, à l’espérance et à la charité, impérissable couronne qui sert de terme intermédiaire entre les dons, ou l’état d’enfance, et le ciel. Aussi, pour lui, la perte de la connaissance, de l’apostolat, de la prophétie est-elle en réalité un progrès. Pour lui encore, ce ne sera pas lorsque ce qui est parfait sera venu, que la connaissance sera abolie ; c’est pendant toute la période entre les apôtres et le retour de Christ.

Impossible de ne pas voir qu’il s’est entièrement trompé.

Quelle pensée ! L’Église supérieure maintenant à l’état où elle se trouvait du temps des apôtres ! L’auteur voit-il cela autour de lui ? Que le canton de Neuchâtel jouisse de bien des bénédictions de la Providence, que son clergé même compte dans son sein des hommes pieux, c’est ce que je n’ai ni intérêt, ni désir de contester ; mais dire que l’état de cette Église, dont la grande masse gît, de l’aveu de l’auteur, dans les ténèbres de la nature, est supérieur à l’état apostolique, c’est ce dont, je suis sûr, la classe (*) elle-même aurait honte. Et savez-vous, lecteur, sur quoi on se fonde pour le dire ? Sur ce qu’il y a plus de foi, d’espérance et d’amour, et sur ce que les fleurs printanières d’apôtres, de prophètes, de dons, de connaissance et autres ont cédé la place à l’amour, à la foi et à l’espérance qui existent maintenant et qui ont, en effet, existé depuis que nous avons eu en apparence le malheur, mais en réalité le bonheur de perdre ces dons éphémères de l’enfance.

 

(*) La Compagnie ou les corps des pasteurs.

 

3.2.8.3       [Une première preuve de la ruine : la différence de fruits par rapport à l’état de l’Église en Actes 2 et 4]

« Si l’on veut prouver une chute de l’Église, dit l’Examen (page 75), qu’on nous démontre la cessation de la foi, de l’amour et de l’espérance ; mais qu’on se garde d’alléguer en preuve un fait comme celui de la cessation des dons ».

L’auteur se trompe en pensant que c’est dans la perte des dons que je trouve la ruine de l’Église. Sous certains rapports cette perte peut être un symptôme, une marque de cette ruine. La ruine est autre chose.

Je me garderai de chercher à établir la cessation de la foi, de l’amour et de l’espérance. Dire que ces choses ont cessé, ce serait dire qu’il n’y a plus un seul chrétien au monde. Que celui qui se contentera de nier à cause de cela la ruine de l’Église, s’en contente !

Mais je veux répondre d’une manière plus explicite.

En ce qui concerne l’amour, on voit, dans le second chapitre des Actes et dans le quatrième, ce que le Saint-Esprit a produit. « Et ils persévéraient tous en la doctrine des apôtres et en la communion, et en la fraction du pain, et dans les prières ; et tous ceux qui croyaient étaient ensemble, et ils avaient toutes choses communes, et ils vendaient leurs possessions et leurs biens et les distribuaient à tous selon que chacun en avait besoin. Et tous les jours, ils persévéraient tous d’un accord dans le temple, et, rompant le pain à la maison, ils prenaient leurs repas avec joie et avec simplicité de cœur, louant Dieu et se rendant agréables à tout le peuple. — Et une grande grâce était sur eux tous, car il n’y avait entre eux aucune personne nécessiteuse, parce que tous ceux qui avaient des champs et des maisons les vendaient, etc. »

Voilà des fleurs (nous avions l’habitude de les appeler des fruits), hélas ! trop vite perdues ; et l’on aurait de la peine à les trouver dans l’Église que l’Examen vante comme étant un progrès sur l’état de choses apostolique. Est-ce que, la main sur le cœur, l’auteur de l’Examen peut dire qu’il y a un progrès réel depuis le temps des apôtres ; que l’amour n’a pas cessé ? — Cessé ! Non, il ne cessera jamais. Mais où l’auteur me montrera-t-il quelque chose de pareil à ce que nous lisons dans les Actes ? Si l’on répond que cela n’a pas duré, on confesse donc que les fruits de l’Esprit en amour n’ont pas duré.

Il y a des choses bien plus précises encore.

 

3.2.8.4       [Autres preuves de la ruine selon Paul : Phil. 3:21 ; 2 Tim. 1:16-18 ; 2 Tim. 3:1 ; 4:6, 16 ; Actes 20:29,30]

Dans l’Épître aux Philippiens, épître dans laquelle l’auteur dit avoir la preuve du progrès et du développement de l’Église, en ce que l’apôtre s’y adresse aux évêques et aux diacres, voici ce que Paul dit de l’état des chrétiens, à l’occasion de Timothée : « Car je n’ai personne d’un tel cœur pour se soucier vraiment de ce qui vous concerne ; car tous cherchent leurs propres intérêts et non pas ceux de Jésus-Christ ». La foi, l’espérance et la charité étaient-elles en progrès ?

Dans la seconde Épître à Timothée, que l’auteur cite aussi en preuve de son système, on voit le cœur de l’apôtre brisé au sujet de l’état de l’Église. Il est comme étonné qu’un chrétien n’ait pas honte de lui, et demande à cause de cela une bénédiction particulière sur sa maison (2 Tim. 1:16). Comparez cette Épître avec ce que nous avons cité des Actes, et voyez où en était l’Église pour la foi, l’espérance et l’amour. L’auteur peut essayer de nous faire penser que l’existence de sa monarchie paroissiale nous en dédommage ; mais qu’il est triste de voir un frère tenter un tel effort !

Une chose parfaitement certaine, c’est qu’en écrivant à Timothée, l’apôtre ne s’attendait pas à un développement progressif du bien. Il savait d’avance tout le contraire. « Or, sache ceci, dit-il, c’est que dans les derniers jours il surviendra des temps fâcheux » (2 Tim. 3:1). Dieu a préparé le cœur de son serviteur captif en lui faisant sentir les misères de l’Église. « Personne ne m’a assisté dans ma première défense ; mais tous m’ont abandonné. Que cela ne leur soit point imputé » (2 Tim. 4:16). Où étaient donc la foi, l’espérance et l’amour ? Que ce touchant et dernier appel de l’apôtre, qui allait être mis pour l’aspersion du sacrifice (4:6), serve de réponse.

Paul rend-il peut-être ailleurs un témoignage différent au progrès réel de l’Église par le moyen de son départ ? Que dit-il à ces anciens qui, selon le système, auraient dû le remplacer et mieux que cela ? « Je sais qu’après mon départ, il entrera parmi vous des loups, très-dangereux qui n’épargneront pas le troupeau, et qu’il se lèvera d’entre vous-mêmes des hommes qui annonceront des doctrines corrompues afin d’attirer des disciples après eux » (Actes 20:29, 30).

 

3.2.8.5       [Preuves de la ruine selon Pierre (2 Pierre 2 et 3) et Jean (antechrists)]

Pierre rend-il un témoignage différent ?

Non. Pour lui, ce qui remplit le tableau des derniers temps, ce sont des moqueurs et de faux docteurs qui introduiront secrètement des sectes de perdition (2 Pierre 2:1).

Et ces derniers temps tardaient-ils d’arriver ?

Non. Jean, le dernier des apôtres, Jean qui nous fait voir les anges peut-être, mais l’Église en décadence en même temps, et prête à la fin à être vomie de la bouche du Seigneur, ce Jean nous fait savoir que de son temps ces choses ne tardaient pas. « Petits enfants, c’est la dernière heure ; et comme vous avez ouï dire que l’antechrist vient, aussi y a-t-il maintenant beaucoup d’antechrists, et nous connaissons À CELA que c’est le dernier temps » (1 Jean 2:18). Pourquoi à cela, s’il y avait eu progrès réel autre que dans le mal ?

 

3.2.8.6       [Le mystère d’iniquité est à l’œuvre (2 Thes. 2) et l’Église finit par être vomie de la bouche du Seigneur (Apoc. 3). Croire à un progrès de l’Église est une triste illusion]

Quelque aimable et sincère qu’il puisse être, je plains l’homme qui, en présence de tels témoignages, peut croire à un progrès réel de l’Église en bien par l’absence des apôtres. Je plains encore plus un corps de pasteurs qui, en se comparant avec l’œuvre et la condition apostolique, peut se mettre en avant comme la preuve d’un véritable progrès.

La révélation qui, selon la connaissance divine, nous est donnée de la période de ce progrès réel, ne fait que confirmer les prévisions prophétiques et les plaintes touchantes du cœur des apôtres. Paul dit aux Thessaloniciens « Que personne ne vous séduise en aucune manière, parce qu’il faut qu’auparavant soit venue la révolte, et que l’homme de péché, le fils de perdition ait été révélé... Car déjà le mystère d’iniquité se met en train ; seulement, il y a celui qui maintenant fait obstacle, jusqu’à ce qu’il soit ôté de là ; et alors sera révélé le méchant que le Seigneur détruira par le souffle de sa bouche, et anéantira par l’apparition de son avènement » (2 Thes. 2:3-8). Et l’Apocalypse, qui, selon l’Examen lui-même, « clôt si admirablement le Nouveau Testament », nous fait voir que l’Église finit par être vomie de la bouche du Seigneur, ayant déjà, dans sa première phase, abandonné sa première charité. Et, lorsque les choses qui sont, les sept chandeliers d’or, les sept Églises, l’état de l’Église, ont pris fin, l’apôtre parle de l’avenir, « des choses qui doivent arriver après celles-là », alors que l’Église n’est plus vue sur la terre ; et c’est le progrès d’un monde apostat vers sa ruine et son jugement final. Le sel est ôté de la terre et tout se corrompt. Peu importe. C’est pour l’Examen un progrès réel dû à la disparition, au retranchement des apôtres et des soins qu’ils prenaient de l’Église.

 

3.2.8.7       [Les anciens ne sont ni des successeurs ni des remplaçants des apôtres]

L’Examen parle, il est vrai, des précautions qu’avant de quitter ce monde Paul prend pour l’avenir de l’Église. En effet, sentant par la révélation divine qu’ils s’en allaient, les apôtres, le cœur dévoué au bien-être de l’Église de Christ, exhortent, conjurent ceux qui restaient de veiller, parce que le mal allait entrer. Rien de plus naturel. Mais ces anciens, en qui l’on veut voir les successeurs et en quelque sorte les héritiers de l’apostolat, existaient déjà en même temps que les apôtres. Paul meurt plus de trente ans et Jean plus de soixante ans après le départ du Seigneur. Il a donc existé des anciens, en même temps que des apôtres, pendant une période de trente ou même de soixante ans. Les anciens n’ont donc été ni les successeurs, encore moins les remplaçants des apôtres, lors du départ de ceux-ci. Et ce que, dans sa thèse du progrès de l’Église, l’Examen avait à démontrer, c’est que les anciens devaient marcher mieux sans les apôtres qu’avec leur aide ; car, dit l’Examen (pages 77 et 78), « la continuation d’une autorité comme celle de l’apostolat eût pesé d’un poids disproportionné dans la balance des destinées de l’Église, et mis obstacle à son développement au lieu de le hâter ».

 

3.2.8.8       [L’absence de progrès de l’Église est prouvée par son histoire]

Que les apôtres, sous l’inspection et sous l’œuvre énergique desquels les anciens avaient travaillé à peu près un demi-siècle, insistent auprès d’eux pour qu’ils fussent fidèles et qu’ils veillassent avec d’autant plus de soin lorsqu’eux-mêmes n’y seraient plus, cela se conçoit. Et c’est ce que Paul dit aux Philippiens en général : « Non pas seulement en ma présence, mais d’autant plus en mon absence, travaillez à votre propre salut avec crainte et tremblement, car c’est Dieu qui agit en vous ». Paul exhorte les anciens comme il exhorte l’Église, car il s’adresse à tous. Mais, de fait, ces exhortations ont-elles eu pour résultat d’établir la sûreté de l’Église sur la fidélité de ses chefs ? Que l’histoire ecclésiastique, et cette histoire est celle du clergé, que l’histoire ecclésiastique réponde ! C’est cette histoire qui a fait dire aux incrédules que les annales de l’Église étaient celles de l’enfer.

Parler de fruits durables, démonstration du progrès de l’Église et du gain qu’elle a trouvé dans la cessation de l’apostolat, parler d’une « enveloppe brillante » qui s’évanouit tandis que « le fond solide, les éléments réels et permanents de la vie de l’Église demeurent et se développent (Examen, p. 75) », c’est ce à quoi nul autre qu’un membre du clergé n’eût songé.

Que le système du clergé se soit développé, nul doute là-dessus. Que le bonheur de l’Église en ait été la suite, c’est ce dont l’histoire ne fait pas foi.

 

3.2.8.9       [La disparition des apôtres n’a pas été un progrès, d’après Éph. 4 et Phil. 1]

Si la cessation de l’apostolat est un progrès, pourquoi l’apôtre dit-il (Éph. 4) que le Seigneur a donné les uns apôtres, les autres, etc., jusqu’à ce que nous nous rencontrions tous dans l’unité de la foi, afin que nous ne soyons plus des enfants flottants ? Que, dans sa grâce et sa fidélité, Dieu ait pourvu à ce que, malgré l’infidélité de l’homme, il y ait assez pour ceux qui s’attendent à lui, cela est vrai. Que son nom en soit béni ! Mais ce n’est pas là la question. L’auteur affirme que ce que Dieu avait donné pour que nous nous rencontrassions tous dans l’unité de la foi et de la connaissance du fils de Dieu, dans l’état d’un homme parfait, dans la mesure de la parfaite stature de Christ, a été un « obstacle » un empêchement à atteindre ce but, et que cet obstacle a dû être ôté pour nous y faire arriver. — L’apôtre dit que cela était donné pour y conduire ; — l’auteur dit que cela a été ôté dans ce but. Que la foi dans la Parole, l’histoire de l’Église et l’homme spirituel en décident.

En quittant l’Église, le dernier apôtre eût pu dire, ajoute l’Examen : Il vous est avantageux que je m’en aille (page 77). Non-seulement, il ne l’a pas dit, mais, au contraire, Paul a dit : « Il est plus nécessaire, à cause de vous, que je demeure en la chair » (Phil. 1:24.) Et il dit cela dans cette Épître aux Philippiens citée par l’auteur (Examen, p. 53) pour montrer que l’apôtre représentait les anciens et les diacres comme un progrès devant lequel il devait s’effacer lui-même. Et quand Paul a dû s’en aller, il conjure Timothée de veiller et de rester fidèle, parce que tout devait mal aller après son départ.

Qu’on ne pense pas que j’exagère la portée des vues de l’Examen. Nous l’avons vu : il dit expressément que c’est dans sa grâce que Dieu a retiré l’apostolat, dont la continuation eût pesé d’un poids disproportionné dans la balance des destinées de l’Église, et mis obstacle à son développement.

Que le fondement une fois posé, Dieu ait trouvé bon de laisser l’Église à sa responsabilité, cela se comprend ; mais il est entièrement faux de dire que les apôtres n’ont fait que poser le fondement, de les présenter comme un obstacle au développement de l’Église, tandis qu’ils ont eux-mêmes, plus que personne, travaillé dans l’Église à son développement, à son gouvernement, et qu’ils ont cherché à la garder en sûreté contre les ruses de l’ennemi,

Quant à la question de savoir si l’Église a été fidèle à la responsabilité qui lui est dévolue, et ce serait là la vraie question à résoudre pour établir le progrès ou la chute de l’Église, l’auteur refuse de la traiter. Voici encore un fragment de ce qu’il nous donne en échange (page 78) :

« L’Église (depuis l’apostolat) n’avait plus rien à recevoir... D’enfant, elle était devenue jeune homme. Le Seigneur lui ouvrait une longue et glorieuse carrière, celle de l’indépendance extérieure, afin de réaliser la dépendance intérieure et volontaire qui est la seule vraie. Pour cela, l’apostolat, nécessaire comme commencement, n’eût plus servi de rien, eût, au contraire, été une gêne ».

 

3.2.8.10   [Oubli de la venue du Seigneur. La dépendance intérieure et volontaire n’est pas plus favorisée par les pasteurs-anciens que par les apôtres]

Effectivement l’apostolat aurait excessivement gêné l’Église dans la carrière qu’elle a suivie. Quand on nourrit de telles pensées, pensées démenties pour la conscience et le cœur par toute l’histoire de l’Église, on a bien raison de mettre de côté la vérité qui clôt toute la Parole : « Voici, je viens bientôt. Viens, Seigneur Jésus, viens ! » Une longue carrière n’était dans la pensée ni de ceux qui insistaient sur la venue personnelle de Jésus comme mettant fin aux tribulations, ni de ceux qui, après le Seigneur lui-même, insistaient auprès des frères pour qu’ils attendissent constamment l’arrivée de Jésus, ni de celui qui a fait un péché de la pensée : « Mon maître tarde à venir ». Et, sans nous arrêter plus longtemps à cette vérité, quoique infiniment précieuse et importante, nous demanderons pourquoi, si la cessation de l’apostolat était nécessaire, afin « de réaliser la dépendance intérieure et volontaire » [Examen p.78], l’absence des monarques de paroisses ne serait pas également un bien ? Car la dépendance doit être intérieure et volontaire. Et quand vous dites dépendance intérieure, vous n’entendez pas dire à l’intérieur de l’Église ; car les apôtres s’y trouvaient non moins que les anciens. Et s’il s’agit des individus et de leur dépendance intérieure, les anciens ne lui nuiraient pas moins que les apôtres. Si les soins des uns étaient utiles, ceux des autres auraient été plus utiles encore. Ce qui est parfaitement certain, c’est qu’il n’y avait ni paroisses ni monarques ; et, ce qui l’est plus encore, c’est qu’alors l’Église ne se composait pas d’une masse d’inconvertis circonscrite en des limites géographiques données (*).

 

(*) Dans le pays où règne le système défendu par l’auteur de l’Examen, la non ratification du vœu du baptême, conformément à un catéchisme non scripturaire, entraîne la perte des droits civils. Et les chefs ecclésiastiques ne craignent pas d’employer l’autorité civile pour faire valoir sur les habitants les droits de leur système.

 

3.2.9        Coup-d’œil sur l’Église [sur ce qu’en dit la Parole et sur les conséquences dans la vie chrétienne]

3.2.9.1       [Ceux qui nient la ruine de l’Église, nient en fait l’Église elle-même selon la Parole]

Le mal le plus sérieux qu’il y ait dans tous ces raisonnements, à l’aide desquels on cherche à discréditer les vues émises sur la ruine de l’Église, c’est que les relations et l’existence même de l’Église y sont niées.

Cette dénégation de l’Église, MM. Rochat et Olivier l’ont faite formellement dans leurs écrits. M. Wolf a agi de la même manière ; c’est ce que d’ailleurs je rencontre en particulier tous les jours.

L’idée de l’Église n’existe pas dans la pensée de la plupart de ceux qui s’opposent à mes vues. D’autres en ont une idée telle, qu’elle leur fait prendre les fruits du péché de l’homme pour ceux de la grâce de Dieu.

 

3.2.9.2       [Si l’on comprend que l’Église est épouse et corps de Christ, habitation de Dieu par l’Esprit, corps saint formé sur la terre par le Saint Esprit, on n’ose plus nier la ruine]

Si l’on sentait qu’il y avait une Église, épouse de Christ, un corps saint formé ici-bas sur la terre par la présence du Saint-Esprit, les raisonnements par lesquels on veut nier la ruine de l’Église seraient, pour la plupart, impossibles, et l’on ne tenterait même pas de nier la ruine au milieu de laquelle nous sommes.

Je m’explique sur ce que je veux dire par l’Église.

L’Église est un corps subsistant dans l’unité ici-bas, formé par la puissance de Dieu par le rassemblement de ses enfants en union avec Christ qui en est la tête ; un corps qui tire son existence et son unité de l’œuvre et de la présence du Saint-Esprit descendu du ciel à la suite de l’ascension de Jésus, Fils de Dieu, et de sa séance à la droite du Père après avoir accompli la rédemption.

Cette Église, unie par l’Esprit, comme le corps à la tête, à ce Jésus assis à la droite du Père, sera manifestée sans doute dans sa totalité, lorsque Christ sera manifesté en gloire ; mais, en attendant, en tant que, formé par la présence du Saint-Esprit descendu du ciel, elle est essentiellement envisagée, dans la Parole de Dieu, comme subsistant dans son unité sur la terre. Elle est l’habitation de Dieu par l’Esprit, essentiellement céleste dans ses relations, mais, ayant un pèlerinage terrestre, quant à la scène où elle se trouve actuellement et où elle devait manifester la nature de la gloire de Christ, comme son épître de recommandation au monde, car elle le représente et tient sa place. Elle est l’épouse de l’Agneau dans ses privilèges et dans sa vocation. Elle est présentée comme une chaste vierge à Christ pour le jour des noces de l’Agneau. Évidemment cette dernière pensée aura son accomplissement dans la résurrection ; mais, ce qui caractérise l’Église, autant que vivifiée selon la puissance qui a ressuscité Christ d’entre les morts et l’a placé à la droite de Dieu, c’est la réalisation et la manifestation de la gloire de son chef par la puissance du Saint-Esprit, avant que Jésus, son chef, soit révélé en personne.

 

3.2.9.3       [Les autres caractères de l’Église n’annulent pas les précédents]

Ceux qui composent l’Église ont d’autres relations encore. Ils sont enfants d’Abraham. Ils sont la maison de Dieu sur laquelle Christ est chef comme Fils ; mais ces derniers caractères n’amoindrissent pas ce que nous venons de dire ; ils l’annulent encore moins.

 

3.2.9.4       [L’oubli de la vérité sur l’Église est une honte, et cette vérité devient un moyen qui sépare les fidèles d’avec les chrétiens qui ne la veulent pas et gardent la mondanité (= tente d’assignation de Moïse)]

Au commencement, la vérité de l’Église, mise puissamment en avant par l’apôtre Paul, était comme le centre du mouvement spirituel ; et ceux qui n’étaient pas parfaits se rattachaient également à ce centre, quoique à une plus grande distance. L’Église était plutôt le cercle le plus rapproché du seul vrai centre, Christ lui-même. C’était son corps, son épouse. Perdue maintenant pour la plupart des chrétiens, et c’est une honte, cette vérité est devenue un moyen de séparation, comme la tente de Moïse dressée hors du camp infidèle (Ex. 33), parce que, si, selon le principe de l’unité du corps enseignée par l’apôtre, l’on agit en dehors du monde, la plupart des chrétiens ne veulent pas suivre, et, en gardant la mondanité, ils ne le peuvent pas. Comment, en effet, se réuniraient-ils en dehors de ce qu’ils gardent ?

 

3.2.9.5       [L’oubli de la vérité de l’Église amène à rabaisser la position et les privilèges chrétiens au niveau de l’Ancien Testament]

Ce manque de foi a une triste conséquence. On prend avec Dieu des relations appartenant, il est vrai, à ceux qui composent l’Église, mais inférieures à celles de l’Église elle-même, et on les prend pour en former un système que l’on oppose à la plus précieuse de toutes les relations de l’Église avec Dieu. On veut que les enfants de Dieu soient les enfants d’Abraham, ce qui est vrai ; mais on veut les placer à ce niveau, pour nier la position de l’Épouse de Christ. On veut qu’ils soient des branches entées à la place des Juifs, pour les réduire au niveau de la bénédiction et des principes de l’Ancien Testament, et cela pour éviter la responsabilité de la position que Dieu nous a faite, et, par-là, la nécessité d’une confession de notre chute. On veut, dans un sens général, que nous soyons la maison de Dieu, ce qui est vrai ; maison où il y a des vases à déshonneur ; et l’on se sert de cette vérité pour justifier un état de choses qui a laissé de côté tout ce qui peut tenir aux affections et au cœur d’une épouse.

Que les chrétiens y fassent attention !

 

3.2.9.6       [L’oubli de la vérité de l’Église fait perdre le désir de la venue du Seigneur]

De là, le renvoi du retour de Christ à des époques qui se rattachent au jugement qu’il exécutera sur une maison infidèle et sur un monde rebelle. De là encore, la perte du désir de sa venue, désir particulier à l’Épouse et inspiré par l’Esprit qui demeure en elle et qui l’anime.

Les preuves de l’existence d’une telle Église sont hors de toute contradiction ; et, quoique je les aie déjà produites ailleurs, il est bon, ne fût-ce même que pour une seule âme, d’en rappeler quelques-unes, afin qu’elles agissent sur la conscience.

 

3.2.10    Preuves à l’appui [de l’existence de l’Église épouse de Christ et corps de Christ formé par le Saint Esprit. Attitude face à la ruine]

3.2.10.1   [1 Cor. 12 l’Église corps de Christ sur la terre formé par le Saint Esprit. Éph. 1 et 4 l’Église corps de Christ, et croissance par les dons]

Le douzième chapitre de la première Épître aux Corinthiens est positif sur ce sujet.

« Nous sommes tous baptisés en un seul Esprit, pour être un seul corps » (1 Cor. 12:13), un corps où les dons s’exercent ; l’exercice de ces dons, ainsi que le baptême même de l’Esprit, démontre qu’il s’agit d’un corps sur la terre.

« Dieu a mis dans l’Église : premièrement, des apôtres ; secondement, des prophètes ; troisièmement, des docteurs ; ensuite des puissances ; puis, des dons, des guérisons, des secours, des gouvernements, diverses sortes de langues » (1 Cor. 12:28). Il ne les avait placés ni dans telle ou telle Église en particulier, ni dans l’Église rassemblée au ciel. L’Épître aux Éphésiens, presque tout entière, traite ce sujet. — Christ est tête de son corps qui est l’Église (1:22, 23). — Il y a un seul corps et un seul esprit (4:4).  — Ce corps croît par le ministère des jointures du fournissement : apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs, docteurs (4:16, 11). C’est bien certainement sur la terre que cela a lieu.

 

3.2.10.2   [1 Tim. 3:14-15 Comment se conduire dans la maison du Dieu vivant, colonne et appui de la vérité, c’est-à-dire dans l’Église seule et unique]

Paul écrivait à Timothée, afin qu’il sût comment « se conduire dans la maison du Dieu vivant, colonne et appui de la vérité » (1 Tim. 3:14-15). Il y avait donc une Église une [une seule, unique], colonne et appui de la vérité, corps manifesté en unité sur la terre, Épouse qui désirait la venue de son Époux pour l’accomplissement de son bonheur ; qui, en attendant, cherchait à glorifier son Époux, et qui, par la puissance de l’Esprit qui était en elle, manifestait la gloire dans laquelle son Chef se trouvait à la droite de la Majesté dans les cieux. Et si Jésus, son Époux, était dans les cieux, invisible aux yeux de la chair, elle était, elle, visible sur la terre pour la manifestation de la gloire de Christ ; elle était sur la terre l’Épître de recommandation de Christ, connue et lue de tous les hommes (2 Cor. 3).

 

3.2.10.3   [Les conseils éternels de Dieu envers l’Église et ses promesses (les portes du Hadès ne prévaudront pas…) n’annulent pas la responsabilité sur la terre]

Que Dieu assure à cette Église, vue dans ses conseils éternels de grâce, un lot immanquable de gloire dans les cieux, cela est certain. Que, par conséquent, les portes du Hadès ne puissent prévaloir contre ce que Christ a fondé sur la confession du Fils du Dieu vivant, rien de plus certain encore. Mais, employer d’aussi précieuses vérités pour annuler la responsabilité où se trouve l’Église d’être ici-bas un témoignage à la gloire de Jésus, c’est employer la certitude de la grâce pour détruire la nécessité d’une vie qui y réponde.

 

3.2.10.4   [L’unité de l’Église que Christ demande est celle qui rend témoignage à la nature, à l’amour et à la sainteté de Christ, et à sa puissance]

Christ demande que nous soyons un, afin que le monde croie (Jean 17:21). Ce que Christ demande, c’est une unité visible, une unité qui rende témoignage à la nature, à l’amour et à la sainteté de Christ, et même à sa puissance ; et cela, afin que le monde, qui ne connaît pas le Christ, ni ne peut le nier, apprenne, par des effets qu’il voit, quelle est la vraie source de grâce qui lui est cachée et qui est hors de sa portée.

 

3.2.10.5   [Une Église mélangée au monde ou une Église spirituelle détruisent la pensée et le conseil de Dieu, et le témoignage rendu à Christ dans ce monde]

Mais, une Église-monde, visible, et une Église spirituelle, voilà ce qui, d’une part comme de l’autre, détruit complètement la pensée et le conseil de Dieu, non assurément dans leur accomplissement éternel ; mais là où Dieu a toujours placé, en premier lieu, cet accomplissement, savoir, dans la responsabilité de l’homme, Dieu a toujours confié premièrement à l’homme responsable, ce qu’il veut accomplir plus tard selon l’efficace de sa propre puissance.

L’Église-monde renie la nature, l’amour, la sainteté et les affections de Christ, comme la nature, l’amour, la sainteté et les affections de l’Épouse, tout en prétendant réaliser son unité. — L’Église invisible est nulle comme témoignage dans ce monde, par le fait même de son invisibilité. Elle serait plutôt un témoignage de l’impuissance de l’Esprit et de l’impuissance de Christ lui-même, pour dégager les siens de ce monde qui l’a rejeté et pour les assembler en unité, en vertu de son Esprit et en démonstration évidente de sa gloire, pour les assembler, comme la fidèle Épouse de son cœur qui lui appartient à lui seul.

L’Église-monde est fondée sur la compatibilité de Christ et du mal dans les relations les plus intimes ; elle nie ainsi le caractère de Christ. — L’Église invisible, comme telle, est nulle en témoignage. Elle est la négation du pouvoir de Christ pour rassembler les siens, pour réunir en un les enfants de Dieu, qui étaient dispersés, et pour manifester en eux, ainsi réunis, sa puissance et sa gloire.

 

3.2.10.6   [Le caractère invisible de l’Église est un signe de sa chute et ne manifeste pas la gloire de Christ. Justifier cet état, c’est s’endurcir dans le péché]

Que l’Église, hélas ! soit invisible, cela n’est que trop vrai. Et si elle l’est, elle est en chute ; elle est infidèle à la gloire de son Chef ; elle a manqué au but de son établissement sur la terre.

Reconnaître une telle vérité, la confesser comme un péché affreux, comme un péché peut-être irrémissible quant au rétablissement intégral du système de Dieu ; confesser à cet égard notre péché et notre iniquité, c’est là ce qui nous place dans notre vraie position sur ce point.

Justifier un tel état de choses, le présenter comme régulier et providentiel, comme ce qui devait être, c’est montrer de l’endurcissement dans le péché ; c’est manquer de ce cœur et de ces affections qui recherchent la gloire de Christ, et qui démontrent que nous avons la conscience de notre relation avec Lui comme son Épouse. Que cela est désolant !

Si l’Église a dû manifester sur la terre la gloire de Christ, il est bien certain qu’une Église visible, mondaine et corrompue, ne le fait pas, et que, bien au contraire, de l’aveu même de ceux qui la soutiennent et qui plaident sa cause, elle ne fait que cacher ceux qui sont de Christ. Il est non moins évident qu’une Église invisible, par le fait même qu’elle est invisible, ne manifeste pas davantage sur la terre la gloire de Christ.

Que ceux donc qui cherchent à justifier un tel état de choses disent ouvertement que l’Église n’a jamais dû, par sa fidélité sur la terre, manifester la gloire de Christ ; sinon, qu’ils avouent que nous sommes en chute.

J’en appelle à tout le Nouveau Testament, à tous les principes de la Parole de Dieu, à l’histoire des Actes, au témoignage des Épîtres et à la conscience des saints, pour juger si l’Église a maintenu le témoignage à la gloire, à la sainteté, à l’amour de son Époux, et si elle l’a maintenu comme une Épouse fidèle, qui doit s’en occuper pendant l’absence de son Époux, qui ne connaît que son Époux, qui veille à sa gloire et lui demeure fidèle, d’autant plus qu’il est absent.

 

3.2.11    Observations sur l’apostolat de Paul [contrairement à la brochure « l’Examen », l’homme n’est pour RIEN dans l’apostolat de Paul. Rien ne justifie que le ministère serait autorisé par l’homme se joignant à Dieu]

Nous en avons fini, quant au système de l’Examen, sur le progrès de l’Église.

Nous avons pu remarquer plus d’une fois, en passant, que l’apostolat de Paul est entièrement opposé au système d’un ministère humain. Avant de dire à l’Examen un dernier adieu, il nous reste à jeter un coup-d’œil sur l’histoire qu’il nous donne de l’apostolat de saint Paul (Examen, pages 34-36). Cette histoire est d’une hardiesse qui, vraiment, ne se trouve que chez le clergé.

Laissons parler l’Examen.

« Dès le sein de sa mère, saint Paul avait été choisi pour devenir un instrument d’élite comme prédicateur de l’Évangile. Cependant, lorsque l’heure décisive est arrivée où son ministère doit commencer, comment y est-il appelé ? »

Ici, l’Examen cite Actes 13:1-4, et ajoute et dans une note et dans le texte :

« Comme, dans ce passage, et l’action de Dieu et l’action de l’homme, bien loin de s’exclure, s’unissent admirablement pour produire d’abord, le ministère d’évangéliste, et bientôt l’apostolat de saint Paul. — Saint Paul, quoique apôtre dès longtemps dans le plan de Dieu, ne parait d’abord ici que comme prophète et docteur ; il devient évangéliste par l’imposition des mains … Ce n’est que peu à peu qu’il acquiert aux yeux de l’Église cette position et cette autorité apostolique, que, dès longtemps, il possède dans la pensée divine. Dès longtemps, et lui et Barnabas sont appelés à cette œuvre par le Saint-Esprit ; cependant, c’est par l’intermédiaire de leurs collègues que s’opère leur vocation définitive. Ils sont certainement remplis d’un don spécial pour ce ministère ; cependant, ce don n’est pas soustrait, mais soumis à la reconnaissance de l’Église et à l’imposition des mains. Ce sont les hommes qui les font partir ; et cependant c’est le Saint-Esprit qui les envoie ».

Ainsi, selon l’homme, c’est peu à peu que Paul acquiert, aux yeux de l’Église, cette position et cette autorité apostolique, que, dès longtemps, il possède dans la pensée divine ; — c’est par l’intermédiaire de leurs collègues que s’opère la vocation définitive de Paul et de Barnabas ; — leur don est soumis à la reconnaissance de l’Église et à l’imposition des mains ; — ce sont des hommes qui les font partir ; — et le système de l’Examen se croit justifié.

Écoutons maintenant la Parole de Dieu, et Paul lui-même ; car Paul nous a donné, lui aussi, une histoire de son appel au ministère.

« Paul, apôtre, non de la part des hommes, ni par aucun homme ; mais par Jésus-Christ et par Dieu le Père… Quand ç’a été le bon plaisir de Dieu, qui m’avait mis à part dès le ventre de ma mère, et qui m’a appelé, par grâce, de révéler son Fils en moi, afin que je l’évangélisasse parmi les nations, aussitôt, je ne consultai ni la chair ni le sang, et je ne montai point à Jérusalem vers ceux qui avaient été apôtres avant moi ; mais je m’en allai en Arabie, et je retournai de nouveau à Damas. Puis, trois ans après, je montai à Jérusalem, pour faire la connaissance de Pierre, et je demeurai quinze jours auprès de lui ; mais je ne vis aucun des autres apôtres, sinon Jacques, le frère du Seigneur.... Ensuite, j’allai dans les régions de la Syrie et de la Cilicie… Or, quant à ceux qui sont considérés comme étant quelque chose, quels qu’ils aient jamais été, cela ne m’importe en rien ; .... car ceux qui sont considérés ne m’ont rien communiqué.... Et quand ils reconnurent la grâce qui m’avait été donnée, Jacques et Céphas et Jean, qui sont considérés comme des colonnes, nous donnèrent, à moi et à Barnabas, la main d’association, pour aller, nous, vers les nations, et eux, vers la circoncision » (Gal. 1:15-21, et 2:6-10 ; Version de Lausanne) (*).

 

(*) Voyez encore, Rom. 1:5, où Paul dit avoir reçu la charge de l’apostolat par Jésus-Christ, afin qu’il y ait obéissance à la foi parmi les Gentils, et Actes 26:16-17, où Paul rapporte la commission qu’il a reçue du Seigneur Jésus : « Car, ce que je te suis apparu, c’est pour t’établir serviteur et témoin, tant des choses que tu as vues, que de celles pour lesquelles je t’apparaîtrai, te délivrant du peuple et des Gentils vers lesquels je t’envoie ».

 

Paul nie ainsi absolument une commission de ses collègues les apôtres. Quant aux collègues que l’Examen lui donne, ils n’entrent pas même dans sa pensée. Et quand il en serait ainsi, il n’en serait pas moins singulier pour des docteurs, d’appeler à l’apostolat un de leurs collègues, tandis qu’il y avait des apôtres à Jérusalem. Mais, nous savons que Paul prend soin de le nier en principe.

Souvenons-nous aussi que, selon l’Examen, l’œuvre de l’apôtre n’était pas une œuvre apostolique. Il n’était qu’évangéliste. Il est vrai que, dans ce même voyage, le Saint-Esprit l’appelle apôtre (Actes 14:4). Peu importe, l’Examen affirme que, par l’imposition des mains, il n’est devenu qu’évangéliste. Et néanmoins, toujours selon l’Examen, c’est l’homme qui produit, en union avec Dieu, son apostolat. Quand ? L’Examen ne le dit pas ; il dit seulement : « bientôt » et « peu à peu ».

Selon l’Examen, Dieu opère la vocation de Paul par l’intermédiaire de ses collègues. Qu’est-ce que cela veut dire ? « Le SAINT-ESPRIT leur dit : SÉPAREZ-MOI Barnabas et Paul ». Et ceux à qui il le dit les recommandent à la grâce de Dieu (ce sont là les propres paroles de l’Écriture ; Actes 14:26) par l’imposition des mains. Et Paul est encore une seconde fois recommandé par les frères à la grâce de Dieu (Actes 15:40), lorsqu’il entreprend un nouveau voyage.

Les hommes, dit l’Examen, le font partir. De quoi ne peut-on pas tirer un système ? Martin traduit : « laissèrent partir » ; la version de Lausanne dit : « ils les laissèrent aller ». Il n’est question d’autre chose que de ce sentiment d’affection et d’accord qui, en le laissant aller, accompagne de ses vœux celui qui part et peut-être fait avec lui un bout de chemin, en témoignage que le cœur l’accompagne. Il n’y a pas la moindre idée de mission donnée. La même expression se trouve Actes 15:30 et 33. Les frères, envoyés à Antioche, prennent congé de ceux de Jérusalem ; et, après avoir passé quelque temps à Antioche, ils y prennent congé des frères en paix, pour revenir vers les apôtres à Jérusalem.

LA VOIX DE DIEU appelle des prophètes à séparer Paul et Barnabas pour l’œuvre et ces prophètes les recommandent à la grâce de Dieu. Et l’Examen voit en cela l’homme se joignant à Dieu pour autoriser le ministère ! Et, toujours pour maintenir l’honneur de l’homme, il représente Paul comme n’étant, dans son œuvre, qu’un évangéliste. Et toute commission apostolique lui est niée. Paul devient peu à peu apôtre aux yeux de l’Église, selon ce qu’il était dans les pensées de Dieu.

C’est ainsi que l’Examen fait l’histoire.

J’espère que ceux qui travaillent deviendront peu à peu, aux yeux de ceux qui les blâment, ce qu’ils sont dans les pensées, de Dieu, et cela « bientôt ».

 

4         Troisième partie — Sur les ÉGLISES LIBRES [Les créations et projets de créations d’Églises Libres au regard de la Parole de Dieu]

4.1        [Les systèmes clérical et national désavoués par leurs anciens défenseurs, mais à leur place on délaisse la Parole de Dieu et nie l’action du Saint Esprit]

Des chrétiens attachés à la Parole de Dieu ont démontré non-seulement que le système clérical ne s’y trouve pas, mais aussi qu’il est contraire aux principes qu’elle renferme, et qu’enfin le système national est en opposition à tout ce qui y est dit de l’Église.

Tout cela est maintenant admis par les chrétiens évangéliques qui exercent le plus d’influence dans les mouvements religieux des corps ecclésiastiques. Nous l’avons déjà vu : aux yeux des Archives du Christianisme et de La Réformation, le cléricalisme est un mal, et il est antiscripturaire. Naguère, les frères qui se séparaient de cet état de choses, étaient des schismatiques. Aujourd’hui, ce qu’alors on soutenait en opposition à ces frères, et ce que l’on soutenait comme étant selon Dieu, est de leur aveu un système qui nie tous les droits de Christ. C’est avoir fait un progrès rapide.

On substitue donc à ce système que l’on n’ose plus présenter comme reposant sur un fondement divin, d’autres principes sur lesquels on élève un édifice nouveau, principes que nous allons examiner.

Ces principes se résument en peu de mots :

● Abandon complet, entier et souvent même avoué de la Parole de Dieu ;

● Dénégation de l’action du Saint-Esprit.

 

Les chrétiens dont nous parlons veulent bien être affranchis du joug de l’état ; cela se comprend ; mais c’est pour établir sur les troupeaux, sans être tenus en échec par l’état, le joug plus pesant encore du ministère. Or, le joug ecclésiastique, le joug du clergé, est de tous le plus intolérable. C’est le poids du nom de Dieu attaché, et attaché sans frein, à la volonté et à l’iniquité de l’homme, parce que le mal est maitre de l’autorité qui aurait dû avoir prise sur la conscience. Le monde en a vu les effets (*).

 

(*) Que le magistrat civil gouverne, c’est là l’ordonnance de Dieu. Le magistrat peut abuser de son pouvoir, sans doute, et l’homme est méchant ; mais il y a un juste juge qui sait soutenir les opprimés, et qui, comme l’apôtre nous le dit, veille aussi sur ce qu’il a ordonné. L’autorité est le ministre de Dieu, en bien pour ceux qui font le bien. « Veux-tu ne pas craindre l’autorité ? Pratique le bien et tu recevras d’elle la louange ». Si l’on est persécuté pour le nom de Christ, le cas est différent ; c’est notre gloire. Mais, si nous faisons du bien, le pouvoir civil, muni comme il l’est de l’autorité de Dieu, ne nous fera pas de mal. Le chrétien se soumet à l’autorité avec joie, et cela par conscience, ayant confiance en Dieu. Il le fait de cœur.

Quant au clergé, d’où vient sa puissance, quand il en a ? Qui est-ce qui s’y fierait ? Toutefois, je l’avoue, je ne crains pas que l’Église libre, telle qu’elle s’est manifestée dans ces pays-ci en vienne là.

 

4.2        Chapitre 1 : Du mouvement Écossais et de celui de l’Église Libre sur le continent

4.2.1        [En Écosse, il s’est agi d’un mouvement populaire à but socio-politique pour s’affranchir des droits de l’aristocratie, le clergé étant avec l’aristocratie]

On est dans l’erreur sur le continent, au sujet du mouvement écossais. Ce mouvement a été essentiellement populaire. Le roi d’Angleterre et les grands seigneurs, épiscopaux pour la plupart, avaient le droit de nommer à un très-grand nombre de cures, ce qui, depuis un siècle, était un sujet de contestations dans l’Église d’Écosse. Le peuple voulait nommer ses pasteurs. On fit des tentatives d’accommodement ; elles échouèrent. Les ministres et les anciens évangéliques se mirent à la tête du mouvement. Les tribunaux civils ayant contraint certaines paroisses à recevoir des ministres nommés par les patrons, la séparation eut lieu. Les ministres évangéliques quittèrent le synode ; le peuple des paroisses quitta les temples. La masse de la population trouva ainsi moyen de se soustraire aux anciens droits de patronage de l’aristocratie épiscopale, que les tribunaux et tout l’ordre civil maintenaient dans ces droits.

 

4.2.2        [Mouvement inverse en Suisse : le peuple appuie le nationalisme pour se dégager des abus]

Dans le canton de Vaud, l’inverse a lieu. La cause populaire, c’est le nationalisme assujetti à l’état. En Écosse, les nationaux sont les ministres sans le peuple. De quel côté cela se trouve-t-il en Suisse ?

Des églises ne se font pas sur le papier. Elles se forment par la foi. Une église de multitude ne peut sortir que d’un principe puissant agissant sur la masse. Ce principe se trouve ou dans la superstition, ou, comme à la Réforme, dans l’intervention remarquable de la Providence, qui, favorisant le mouvement de la foi, là où des abus dégoûtent la conscience naturelle ou froissent la volonté de l’homme, jette la masse du côté du bien qui agit par la grâce de Dieu. C’est ce qui explique, d’un côté, l’histoire de toutes les fausses religions ; de l’autre, l’histoire de la Réforme, et enfin, sur une plus petite échelle, le mouvement écossais.

 

4.2.3        [Rêves d’églises libres (1848) : le clergé cherche à la fois à consolider sa position, à se dégager de l’autorité de l’état et à populariser sa cause par des concessions aux droits du peuple. Résultat prévu : un faisceau d’églises dissidentes indépendantes. Manque de principe moteur]

Il n’existe rien de pareil dans les rêves d’église libre, auxquels se complaisent les esprits qui, aujourd’hui, tout en s’ouvrant une voie où la nation ne les suit pas, cherchent à unir, la nation manquant à cette combinaison, la popularité avec la conservation des institutions actuelles. Pour populariser leur cause et leur église, ils lui octroient certains droits et certains privilèges, tout en conservant pour eux-mêmes le système sacré, la citadelle du clergé. Qu’ils comprennent toutefois ceci : s’il y a des droits populaires dans l’Église, le peuple lui-même en sera juge. Tel est le principe populaire, le principe du siècle. Le peuple exercera ses droits lui-même, de fait aussi bien que de droit. Ce sera là son affaire. Les ministres auront la tâche de sauvegarder, s’ils le peuvent, les droits qu’ils se sont donnés, autant que ces droits seront compatibles avec la volonté et l’action du peuple. Leur affaire sera de veiller à la conservation de leur cléricalisme. Le peuple disposera du reste, et les ministres seront, s’ils le peuvent, son clergé. Il en résultera, sous quelque variété de forme que ce soit, des Églises dissidentes indépendantes, avec un clergé dont les efforts tendront à lier le tout en un faisceau presbytérien, pour lui donner, s’il peut, de l’ensemble et de la force.

Voilà, j’ose le prédire, l’avenir de l’Église Libre du canton de Vaud. Voilà ce qui arrivera partout où les ministres chercheront à organiser un système d’église libre, en en combinant d’avance le mécanisme.

Sur un théâtre plus vaste que le canton de Vaud, les ministres réussiraient probablement à se donner entre eux un lien plus fort et une position cléricale plus décidée ; mais, au fond, chacun d’eux, dans sa localité, se trouverait être pasteur d’une église dissidente avec une assemblée populaire pour troupeau. Leur part serait purement de conserver le cléricalisme. Triste tâche ! tâche à laquelle cependant se réduisent, là où cet essai a eu lieu, leurs opérations et leurs raisonnements.

L’église libre manque d’un principe moteur. On n’y trouve ni le principe de Dieu, ni le principe de l’homme du siècle. Qu’il se trouve, chez certains individus, un principe vital, la vraie foi, je n’en doute pas. Mais, évidemment, ce n’est pas là la question. Les principes puissants agissent sans bruit, mais font parler d’eux. L’église libre parle beaucoup de soi, avant même d’avoir pris naissance.

Examinons toutefois ses principes, en tant qu’elle les a émis.

 

4.3        Chapitre 2 : Sur la constitution de l’Église Libre du canton de Vaud.

4.3.1        [S’allier à un parti politique est mauvais, et fausse le témoignage rendu vis-à-vis du monde]

En abordant la constitution de l’Église Libre du canton de Vaud, la seule qui se soit encore formée en deçà du Rhin (*), je désire exprimer mon respect sincère pour bien des personnes qui font partie de cette association, et témoigner à plusieurs d’entre elles, que j’ai plus ou moins connues, l’affection cordiale qui découle de la douce conviction de nous revoir dans le royaume céleste. Cela me fait d’autant plus sentir combien il est fâcheux que de tels frères aient pensé devoir s’allier, ou du moins aient paru s’allier à un parti politique quelconque, et fausser par-là, aux yeux du monde, un principe religieux et une marche qui, avec les sacrifices dont elle était accompagnée, les rendaient respectables aux hommes de bien, d’opinions même contraires à la leur. Unis, hélas ! à des personnes, qui ne partagent pas leur foi, ces frères, par les attaques mêmes auxquelles ils sont en butte, figurent comme un parti politique, et paraissent plutôt en subir les conséquences, que de porter la croix pour l’amour de Jésus. Cette position a eu pour effet de faire essuyer au christianisme et au beau nom de Jésus, le reproche de servir de manteau à un parti qui cherchait à se vêtir de l’influence de ce nom. Combien ces frères eussent été plus heureux de présenter ce nom sans alliage, dans la beauté et dans la pureté qui lui sont propres, au milieu de l’irritation des passions, de quelque côté qu’elles se fussent montrées ! Si nous souffrons, que ce soit seulement pour le nom de Jésus ; et que les adversaires ne trouvent aucun sujet de plainte contre ceux qui font profession de servir le Seigneur, si ce n’est à cause de la loi de leur Dieu.

 

(*) Quelques mouvements destinés à produire des églises libres ont eu lieu en Allemagne, et il s’en est formé de tout-à-fait rationalistes. La nature et les principes en sont si différents, que je ne veux, ni m’en occuper ici, ni confondre la marche du clergé vaudois avec celle d’Uhlich ou de tel autre.

 

4.3.2        [Le clergé a d’abord lutté pour maintenir le nationalisme (dépendance de l’état), puis a rejoint le mouvement (libriste) qu’ils condamnaient précédemment]

Sans aucun doute, c’est une conviction sincère qui a déterminé et poussé dans la marche qu’ils ont suivie, un bon nombre de frères dont nous parlons. Mais (et leurs opposants eux-mêmes l’ont dit) la conscience n’agit pas par des masses, mais individuellement. Afin d’accroître l’influence du mouvement, ceux qui avaient des convictions prononcées ont cru devoir, à ce qu’il parait, attendre ceux qui n’en avaient pas, ou qui n’en avaient que de moins arrêtées. Cela affaiblissait l’idée d’une conviction personnelle. Par là même, la conscience y perdait évidemment.

Les membres du clergé Vaudois avaient dû déjà poser ces questions. Les événements les y avaient contraints. Sur la demande du gouvernement, des discussions prolongées avaient eu lieu dans le sein du clergé sur le changement de la loi fondamentale de l’église cantonale. Depuis longtemps, le clergé appuyait et défendait contre toute dissidence les principes du nationalisme. Aussi, lorsqu’on en a vu la majeure partie se détacher de l’état et s’unir en un corps ecclésiastique pour maintenir de concert, selon les expressions mêmes de la constitution de l’Église Libre, les droits de Jésus-Christ sur son Église et la pureté du ministère évangélique, on a pu s’étonner que jamais auparavant les droits de Christ ne se fussent présentés à l’esprit de ces hommes comme méconnus par le système qu’ils avaient précédemment préconisé et justifié, ne se faisant d’ailleurs pas scrupule alors de blâmer hautement ceux qui, jugeant comme ils jugent aujourd’hui, agissaient individuellement selon cette conviction, et se séparaient d’un système coupable d’un tel mépris des droits du Seigneur.

Évidemment, c’est le système qui, dans leur conviction, méconnaissait les droits de Jésus, et détruisait la pureté du ministère évangélique. L’acte du gouvernement qui a servi d’occasion à la retraite d’une partie du clergé, en est la preuve. Aussi, les ministres démissionnaires ne se sont-ils pas bornés à protester par leur démission contre cet acte, ni à sortir en attendant sa révocation, ni à se plaindre contre un acte isolé d’oppression, tout en approuvant toujours le système. Ils ont fait plus. Par l’établissement d’un système nouveau, ils ont protesté contre celui que jusqu’alors ils avaient justifié, et qui, de leur aveu, nie les droits de Christ sur son Église.

Comment arrive-t-il que le système nouveau, fondé sur une pareille déclaration, soit l’objet de l’admiration de chrétiens qui demeurent attachés à celui auquel cette déclaration s’applique ? C’est ce qu’il ne m’appartient pas de décider. Il est bon de se souvenir (car ‘fas est et ab hoste doceri’ [= il est bon d’apprendre, même de son ennemi (Ovide)]) que la conscience est une chose individuelle.

Examinons maintenant le système de l’Église Libre du canton de Vaud, tel qu’il est exposé dans sa Constitution, dont l’acceptation est obligatoire pour quiconque veut en être membre.

 

4.3.3        Le Clergé, fondement de l’unité dans l’Église Libre [du canton de Vaud]

4.3.3.1       [Les ‘dissidents’ s’étaient séparé du nationalisme et n’avaient pas de clergé. Les fondateurs de l’église libre ont voulu la liberté en gardant un clergé]

En mettant de côté l’état, en rejetant toute alliance avec lui, et en refusant toutefois de prendre la position des chrétiens qui antérieurement s’étaient séparés du nationalisme, les fondateurs de l’Église Libre ont voulu, en se constituant comme corps, conserver quelque lien que ceux-ci ne possédaient plus et que l’état ne fournissait pas. Ce lien, c’est le clergé, le corps clérical.

 

4.3.3.2       [Unité par l’état pour les églises protestantes et réformées (nationalisme), par le pape pour les catholiques. Les dissidents sont congrégationalistes (indépendants sans unité, mais à principes analogues)]

Évidemment, les églises dont l’association compose l’Église Libre, n’en ont pas d’autre [lien] d’après sa constitution. L’unité subsiste dans le corps du clergé et là uniquement. Ce principe, dont on ne saurait assez calculer l’importance, a été celui de l’Église déchue aux premiers siècles, celui qui a abouti au papisme en contraste avec l’Église de Dieu.

Dans les églises protestantes ou réformées, l’état sert de lien, de principe d’unité ; ce sont, en conséquence, des églises nationales. Le système romain a un autre centre d’unité, auquel je n’ai pas besoin de m’arrêter ici. Les dissidents, quelle que soit d’ailleurs l’unité d’idée et d’habitude d’association que des principes analogues leur fournissent, sont en général indépendants ou congrégationalistes ; c’est-à-dire que leurs églises, en tant qu’églises, ne reconnaissent entre elles aucun lien d’unité.

 

4.3.3.3       [L’Église libre, selon sa Constitution, est unie par le synode (corps de pasteurs ou anciens). Le troupeau des croyants a seulement le droit de refuser le pasteur]

Il ne reste donc à l’Église Libre qu’un principe qui puisse en faire et qui en fasse réellement un corps ; c’est le principe clérical. Peu importe que le clergé se compose de pasteurs ou d’anciens. C’est lui, c’est un corps de personnes officielles, distinctes de la masse des croyants, qui seul donne un caractère d’unité à ce faisceau d’églises. Les détails de la Constitution le montrent. Des assemblées générales d’Église, des conseils d’Église ne produisent pas une ombre d’unité ! Cette unité réside dans le synode ; le synode en est le principe. Tout ce qui regarde le clergé est soigneusement conservé dans les mains du clergé. Le veto non motivé est seul permis à un troupeau auquel un pasteur est proposé. Pour leurs affaires particulières, les assemblées peuvent être consultées et peuvent émettre leurs vœux lorsque le conseil d’Église les convoque ; mais toute action quelconque est réservée au clergé.

 

4.3.3.4       [Confusion sur ce qu’est le corps de Christ sur la terre et ce que sont ses membres]

La véritable unité de l’Église de Dieu, savoir l’unité du corps de Christ sur la terre, est complètement exclue de l’Église Libre. Il y a « des corps constitués », mais l’idée du corps est perdue.

La confusion de ces deux choses est frappante dans l’article 6 de la Constitution. « L’Église Libre se gouverne par des corps constitués qui doivent s’employer, chacun selon ses attributions, à procurer le bien spirituel de l’Église et de ses membres, en sorte que l’ensemble bien proportionné et bien joint dans toutes ses parties, tire son accroissement de Christ selon la force qu’il distribue dans chaque membre » (Éph. 4:16). Or, il est parfaitement certain que ce passage de l’Épître aux Éphésiens s’applique uniquement au corps de Christ, un sur la terre, aux attributions de ses membres, et à ce corps vu sur la terre, en insistant particulièrement sur son unité découlant de ce qu’il est l’habitation d’un seul esprit (Éph. 4:4), idée impossible ici, car l’Église Libre du canton de Vaud n’a aucune prétention d’être le corps de Christ, et ses quatre corps constitués ne sont pas des membres du corps de Christ.

 

4.3.3.5       [La Constitution de l’église libre applique les passages de la Parole de Dieu sur le corps de Christ à ce qui ne l’est pas]

Il est fâcheux, pour ne rien dire de plus, d’employer la Parole de Dieu, et cela, dans ses plus précieux et ses plus profonds enseignements [Éph. 4, spécialement le v. 16], pour l’appliquer à ce qui est une création de l’homme, et à ce qui n’a aucun droit de prétendre être ce dont parle le passage cité. Il est fâcheux de chercher à revêtir un système purement humain de l’éclat de la bénédiction qui s’attache à l’œuvre de Dieu. L’Église Libre du canton de Vaud, ses corps constitués encore moins, n’est pas le corps de Christ, ni l’épouse de Christ, bien qu’elle se revête de ces beaux noms en en ravalant le sens et la force. « Elle est résolue, disent les auteurs de sa Constitution, à prêter obéissance (à Jésus-Christ) comme une fidèle épouse à son époux ». Épouse ! Elle ne l’est pas. Il n’existe ni une épouse vaudoise, ni une épouse française, ni une épouse anglaise. En attachant un tel nom à des corps constitués par les hommes, on fausse et on perd l’idée de l’unité du corps de Christ, idée dont on ne saurait exagérer l’importance.

 

4.3.3.6       [Une église de multitude, sans séparation du monde ni conversion des membres]

Les grands principes de l’Église Libre sont donc :

● L’établissement d’un corps de clergé, seul agent et lien d’unité ;

● Et la négation de l’unité du corps de Christ, de cette vérité dont les vrais chrétiens sentent tout particulièrement le besoin et l’importance.

 

En effet, il ne peut en être autrement d’une église de multitude. Comment chercher, comment trouver dans une masse inconvertie un principe d’union spirituelle ? Il faut, à cette masse, un corps dans lequel, en théorie, à cause de son caractère public, la piété soit censée résider ; un corps qui agisse sur elle et lui donne un centre en maintenant la religion an milieu d’elle. Que l’action des troupeaux, mise de côté par la Constitution, s’introduise dans les assemblées générales, et l’Église Libre offrira le spectacle des misères de la dissidence, sans avoir comme elle ni la séparation d’avec le monde, ni la sauvegarde de la conversion de ses membres.

 

4.3.3.7       [La Constitution de l’Église Libre insiste à l’extrême sur le principe clérical, et l’appuie démesurément sur la Parole de Dieu]

Plusieurs détails de la Constitution de l’Église Libre nous fournissent une preuve frappante de la préoccupation de ses auteurs, quant au maintien du principe clérical.

D’abord, la nature des citations qui y sont faites de la parole de Dieu. Sauf l’application fautive d’un passage aux Éphésiens signalée plus haut, la Parole de Dieu, citée avec beaucoup de sollicitude pour appuyer l’autorité du clergé, ne l’est que quatre fois sur d’autres sujets ; et ces quatre citations ne se rapportent nullement aux principes de l’Église Libre, mais uniquement aux principes généraux de la piété et l’on aurait également pu les rencontrer dans le premier venu d’entre les livres religieux. S’agit-il, en échange, d’exhiber tous les passages qui semblent propres à rehausser l’autorité et l’importance du clergé, le Nouveau Testament est fouillé dans tous les sens.

Voici encore d’autres preuves de cette préoccupation.

Les laïques peuvent élire des députés au synode. Ils ont, en outre, la faculté de refuser un ministre, sans avoir d’ailleurs la permission d’exprimer les motifs de ce refus. C’est à cela que se borne toute l’action qu’on leur accorde.

Toute discipline appartient exclusivement aux corps cléricaux.

Tout ministère a sa source et sa direction dans le synode. Nul ne peut agir dans le ministère de la Parole, s’il n’est envoyé du synode. On ne peut ni recevoir ni ouvrir la porte à un ministère que le synode n’a ni envoyé ni sanctionné. « Le synode s’occupe de l’évangélisation et de toutes les œuvres qui ont pour but l’avancement du règne de Dieu ».

En résumé, tout cela revient donc à ceci : Le clergé gouverne sans être lui-même sous l’autorité d’un gouvernement.

 

4.3.4        Le Saint-Esprit absent de l’organisation de l’Église Libre [du canton de Vaud, selon sa Constitution]

Voici quelque chose de plus sérieux.

 

4.3.4.1       [Union décidée sans le Saint Esprit dans un corps qui n’est pas le corps de Christ]

Dans toute l’organisation de l’Église Libre, le Saint-Esprit n’est pas même nommé ; et, sauf la profession de foi contenue au second article, la Constitution ne le mentionne nulle part. Elle ne le pouvait pas. L’Esprit de Dieu est la puissance de l’unité du corps de Christ. Il y a un seul corps et un seul Esprit (Éph. 4:4). Or, l’Église Libre du canton de Vaud a une toute autre unité, un lien d’une autre nature. Pour elle, telle qu’elle s’est constituée, il y a un seul corps, et ce corps, c’est elle. « Les Églises qui se sont formées dès l’an de grâce 1845 dans le canton de Vaud, s’unissent par le présent acte en un seul corps ». Voilà l’unité de l’Église Libre. Ce n’est pas celle du corps de Christ ; elle est telle qu’elle laisse celle-ci de côté. L’Esprit de Dieu n’est par conséquent et ne pouvait être ni reconnu, ni cherché comme celui dont la présence forme, caractérise et établit l’unité, et lui donne pour drapeau le seul nom de Jésus. Un seul Esprit et un seul corps, voilà qui n’entre pas dans le cadre de l’unité de l’Église Libre. Son unité nie l’autre. « Un seul corps » exclut ce qui n’est pas lui.

 

4.3.4.2       [Le Saint Esprit mis de côté pour le ministère, au profit du synode]

La conséquence en est que, réunissant les défauts de l’Église corrompue du moyen-âge et du nationalisme actuel, le synode ou le clergé qui est substitué à la présence du Saint-Esprit, met également de côté l’action du Saint-Esprit dans le ministère. « Le synode s’occupe de toutes les œuvres qui ont pour but l’avancement du règne de Dieu ». Cela ne suppose nullement la libre action du Saint-Esprit, ni ne permet l’activité individuelle qui en est le fruit. Qu’il y ait des instruments envoyés du synode, oui ; mais liberté d’agir indépendamment d’une mission reçue de sa part, non.

 

4.3.4.3       [Prétention au maintien des droits de Jésus Christ, mais mise de côté des droits du Saint Esprit]

En ce qui concerne l’unité de l’église corps de Christ, ainsi que le libre développement de l’œuvre de l’Esprit de Dieu dans le ministère de la Parole, la constitution de l’Église Libre est dans un complet antagonisme avec les plus précieuses instructions de la Parole, avec celles qui, pour les temps actuels, sont les plus importantes que Dieu nous ait données. Au lieu de maintenir, comme elle le dit, les droits de Jésus, elle fait la guerre aux droits du Saint-Esprit. Elle se donne la liberté vis-à-vis du gouvernement, pour l’ôter entièrement à l’Esprit de Dieu et aux fidèles conduits par lui.

On ne saurait, en effet, se faire illusion au point de traiter une église de multitude, comme un corps habité, animé et dirigé par le Saint-Esprit. Ni son unité, ni son action ne sauraient être celles de l’Esprit. On met donc l’Esprit de côté pour lui substituer le clergé.

 

4.3.4.4       [Constitution de l’Église Libre faite sans fondement tiré de la Parole de Dieu]

Hélas ! la constitution de l’Église Libre met également de côté la Parole de Dieu !

Quelle injustice ! me dira-t-on. « Elle proclame l’inspiration divine, l’autorité et l’entière suffisance des Saintes-Écritures de l’Ancien et du Nouveau Testament ». Entière suffisance, pour quoi ? Citez-moi un seul article de la Constitution qui se donne pour en être tiré. Si les Écritures sont suffisantes pour constituer l’Église, que penser d’une constitution entièrement puisée en dehors d’elles, d’une constitution qui n’a pas même exprimé l’intention ou le désir de prendre pour fondement la Parole de Dieu ? C’est du moins une sorte de sincérité ; car il n’y a pas un seul article de la Constitution qui en soit émané. Cette Constitution établit une organisation purement humaine, qui n’a aucun rapport quelconque avec les principes de la Parole de Dieu. Des hommes qui y ont participé, ont fait l’aveu que la Parole de Dieu ne leur a servi ni comme point de départ ni comme fondement de leur travail. Où trouverait-on, en effet, dans la Parole de Dieu, qu’il fût question de membres de l’Église âgés de vingt et un ans, ou de droits électoraux, ou de suffrages comptés par têtes, d’anciens élus pour six ans, et autres choses semblables ? Un esprit ingénieux, et sans doute pieux, a conçu un système ecclésiastique selon son gré ; ce système, modifié par les difficultés ou par les lumières d’autrui, a été formulé dans la Constitution de l’Église Libre.

L’Esprit et la Parole n’ont donc pas moins été laissés de côté que l’unité du corps de Christ.

 

4.3.5        Doctrine de l’Église Libre [du canton de Vaud]

La doctrine de l’Église Libre se trouve, hélas ! aussi défectueuse que tout le reste.

Rien, peut-être, n’y blesse grièvement l’orthodoxie. On y voit même le désir de la piété. Cependant, sa profession de foi, dont la Constitution présente les doctrines comme « centre et fondement de la vérité chrétienne », est une confession maigre, même fausse, et l’orthodoxie en est bien pâle. L’œuvre de la Rédemption y est mise en dernière ligne, et disparaîtrait presque entièrement sans l’énumération des faits sur lesquels elle est fondée.

 

4.3.5.1       [Salut basé sur la foi, et non sur l’objet de la foi (l’œuvre de Christ, la Rédemption, la justice de Dieu)]

Quel est, selon la Constitution, le seul moyen de salut ? Le don de Christ ? La mort de Christ ? La Rédemption éternelle que le Christ nous a obtenue ? Non. C’est quelque chose en l’homme, c’est la « foi vivante ». Et pourquoi « vivante ? » La vraie foi est sans doute vivante. Pourquoi attirer l’attention sur ce mot ? Parce que la tendance de cette expression est d’attacher le salut à la qualité d’une grâce en nous, au lieu de le faire dépendre uniquement de l’œuvre parfaite de Christ, de la justice de Dieu à laquelle on a part et à laquelle on se soumet par la foi. Je le répète, l’œuvre de Christ, la Rédemption qu’il a accomplie sont complétement cachées derrière l’état de l’âme qui l’a embrassée. C’est la foi et non pas l’objet de la foi qui est mis en avant.

 

4.3.5.2       [Des fidèles qui ont besoin d’être régénérés !]

Voici vraiment un non-sens : « Christ communique aux fidèles et à l’Église toutes les grâces nécessaires à la régénération ». Comment peut-on les appeler « fidèles » et « l’Église » s’ils ne sont pas encore régénérés ? Que signifie cela : « Les grâces nécessaires à la régénération ? » Le Saint-Esprit ne régénère donc pas ! Il communique à l’homme inconverti certaines grâces nécessaires à la régénération, grâces dont l’homme se sert pour se régénérer. Est-ce là la doctrine obligatoire, à laquelle il faut donner une adhésion formelle pour devenir membre de l’Église Libre ?

On ajoute : « C’est par le Saint-Esprit qu’il envoie de la part de son Père » [Jean 15:26]. Ceci n’est pas selon la vérité. Jésus a envoyé ce consolateur qui demeurera éternellement avec l’Église, comme aussi l’on peut dire que le Père l’a envoyé en son nom [Jean 14:26]. En ce qui concerne le Saint-Esprit, on rencontre ainsi, au fond de tout le système de l’Église Libre, une incrédulité et une ignorance involontaires sans doute, mais non moins réelles.

 

4.3.5.3       [La vie éternelle n’est pas vue comme une possession présente]

Encore : « Il reviendra pour mettre les siens en possession de la vie éternelle ». On peut, il est vrai, parler de la vie éternelle pour désigner la puissance de la gloire ; mais, rencontrée ainsi toute seule ici, cette expression ne fait qu’ajouter un peu plus de vague à tout le reste. La Parole de Dieu nous enseigne et nous répète que celui qui croit au Fils A la vie éternelle [Jean 3:16 ; 5:24 et autres].

L’œuvre de la Rédemption et l’œuvre de la vie sont, hélas ! soigneusement amoindries dans cette confession de foi. Elle est assez défectueuse pour être fausse ; car une foi défectueuse établie comme règle est fausse. Elle est d’ailleurs positivement fausse dans plusieurs de ses assertions.

 

4.3.5.4       [La discipline exercée par le pasteur, mais conflit entre les directions de la Parole de Dieu et le caractère d’église de multitude]

L’Église Libre admet la discipline en principe et en fait. La manière dont elle en règle l’exercice, formule de sa doctrine sur ce sujet, laisse percer, d’une manière assez curieuse, la lutte entre le besoin des âmes pieuses et la difficulté qu’y oppose une église de multitude. L’article 31° de la Constitution pose en principe que toute la discipline sera dans les mains du pasteur assisté du Conseil d’Église. Puis, si tout moyen de douceur échoue, que fera le conseil ? Quelle règle suivra-t-il ? Après avoir consulté la Parole de Dieu, « il suivra la marche qui lui semblera tracée par elle ». Il aurait eu en tout cas cette faculté ou cette latitude sans un article de constitution. Ce n’est là qu’une déclaration d’incompétence, par laquelle les assemblées échapperont à l’organisation voulue par la constitution ; car si, je suppose, le Conseil d’Église voyait dans la Parole de Dieu que la conscience de tout le corps devrait s’intéresser à la discipline et y intervenir, l’Église Libre verrait sa constitution violée dans son principe fondamental, et une autorité indépendante s’établir. Évidemment, une église qui exercerait cette discipline d’une manière suivie, ne pourrait recevoir les membres d’une église non disciplinée, fût-ce même un ancien, quoiqu’ils appartinssent à l’Église Libre ; et, de fait, une église exerçant la discipline cesserait de faire partie de l’ensemble du corps et deviendrait une église dissidente. Comment d’ailleurs exercer cette discipline par la conscience de tout le corps, si ce corps est une église de multitude ? La présence du Saint-Esprit dans l’Église devient ici une question essentielle.

 

4.3.5.5       [Perspectives d’avenir : impuissance de l’homme et patience de Dieu. Le chemin de la foi suit la Parole de Dieu éclairant la conscience]

Ce sera sur ce point, et sur la question de la nomination des pasteurs, que, en tant que système, l’Église Libre sera brisée. Sa Constitution demeurera un mémorial de l’impuissance de l’homme pour constituer par des moyens humains ce qui n’est que de Dieu. Ce qui procède de la foi chez les individus qui y ont pris part, ce qu’il y a de conscience, et il y en a, restera comme preuve précieuse de la bonté et de la patience de Dieu.

Je n’aurais pas cru nécessaire de passer ce travail en revue, si je n’eusse eu en vue que l’Église Libre du canton de Vaud. L’œuvre de Dieu dans ce pays-là portera ses fruits, selon la mesure de la puissance qui y agit. S’il s’y trouve un témoignage supérieur à celui de l’Église Libre, accompagné d’une puissance que Dieu puisse honorer, ce témoignage attirera ceux qui sont vraiment spirituels. S’il n’y en a pas, l’Église Libre suivra sa marche et prendra la forme qui découlera non de sa Constitution, mais des éléments de vie, de bien ou de mal existant au sein des assemblées qui la composent. La Constitution n’est ni l’expression, ni la forme du principe efficace qui a fait exister cette œuvre. C’est la forme que le clergé a voulu lui donner, et cela ne durera pas. J’en parle parce que l’on se berce ailleurs de l’espoir qu’un semblable mouvement clérical amènera une délivrance qu’on attend.

Ce n’est pas là la foi. Que ceux qui ont la foi la prennent comme un avertissement et se collent tout de nouveau à la vérité. Ils plairont à Dieu pour autant que la foi agira en eux et qu’ils agiront par la foi, selon la conscience qu’ils auront des choses, selon les lumières que Dieu aura mises dans leur conscience par sa Parole comprise par la foi. On n’a qu’à suivre la Parole de Dieu. Est-on seul à la suivre ? cela est d’autant plus honorable, comme exigeant d’autant plus de foi. Vu du dehors, le chemin de la foi parait bien pénible ; il est, pour quiconque y marche, plein de douceur et de paix. Les montagnes, où Dieu s’entretenait avec Abraham et Abraham avec Dieu, faisaient la frayeur de Lot. Il pensait y périr (Gen. 19:19).

 

5         Quatrième partie : Réfutation des REPROCHES du Journal LA RÉFORMATION sur l’ORDRE HUMAIN et La LIBERTÉ ÉVANGÉLIQUE

[Radicalisme ecclésiastique – DualismeÉvangile-code – Sur l’Administration de l’Église]

5.1        Chapitre 1 — Radicalisme Ecclésiastique [promouvoir l’action du Saint Esprit dans l’Église et le ministère est-il du ‘Radicalisme Ecclésiastique’ ?]

[Le radicalisme ecclésiastique correspond à l’application au domaine religieux / ecclésiastique des mouvements révolutionnaires (notamment 1848) : il fait la promotion des droits de l’homme, des droits des masses, de l’élection populaire à l’exclusion du droit divin. Il implique le renversement du pouvoir du clergé (anticléricalisme parallèle au renversement du pouvoir monarchique dans le domaine civil). La promotion de l’autorité de la Parole de Dieu et de l’action du Saint Esprit a été accusée d’être du radicalisme ecclésiastique.]

 

5.1.1        [Idées ayant cours à l’époque (1847, 1837) sur les services religieux]

Nous avons déjà vu quelques citations du journal La Réformation, constatant l’état de l’opinion sur le ministère chez ceux qui appuient encore le clergé. Voici, sur la question du culte, d’autres extraits de ce journal, que je donne, non comme autorité reconnue, mais comme des idées qui ont cours et qui font voir certains côtés de la phase par laquelle passe actuellement l’Église de Dieu. Nous verrons aussi ce qui manque, ce que les enfants de Dieu doivent désirer, et désirer ardemment dans ces temps-ci, en même temps que les écueils qu’ils ont à éviter.

 

5.1.1.1       [Avis sur ce que devraient être le culte, la louange et la prédication (toutefois ignorance de l’action du Saint Esprit)]

On lit dans La Réformation du 8 avril 1847 : « À notre avis, le culte spirituel et vrai consiste essentiellement, non dans le prêche des protestants, ni dans le faux sacrifice des papistes ; mais dans le chant des louanges de Dieu par toute l’assemblée, dans la célébration de la Cène prise en commun, dans la prière offerte par plusieurs au nom de tous, dans la lecture de la Bible faite par qui sait lire, et dans les paroles d’exhortation présentées par qui se sent en état d’exhorter ses frères. À côté de cela, il y aura des prédications et des enseignements dont seront chargés les docteurs ».

Je n’ai rien à objecter aux détails donnés par La Réformation sur ce qui doit se faire ; mais il y manque entièrement un principe, celui de l’action du Saint-Esprit, soit comme puissance, source de l’activité de l’homme et agissant pour produire cette activité, soit comme discernement, quant à cette activité et comme pouvoir pour la discipline à son égard. La forme est bonne. Dieu n’est pas présenté comme en étant la force.

Je ne saurais admettre que, « qui se sent en état d’exhorter », ait le droit de le faire, à moins qu’on n’ajoute deux choses : d’un côté, la responsabilité de celui qui exhorte à reconnaître qu’il est conduit en cela par le Saint-Esprit ; de l’autre, le discernement par les hommes spirituels de cette action du Saint-Esprit, ou peut-être de son absence, et la discipline qui en découle, s’il y a lieu. C’est Dieu que je cherche dans l’assemblée.

Un tel système de culte, proposé dans un journal tel que La Réformation, voilà, du moins, ce qui doit frapper tout lecteur attentif.

Tout ce que je demande, c’est qu’on agisse ainsi, en s’appuyant sur le secours de Dieu.

 

5.1.1.2       [Constat sur l’état des cultes et services religieux protestants : un formalisme desséchant]

Voici, en échange, la description que le même journal fait du service des temples. Je prie le lecteur de bien se souvenir que ce n’est pas moi qui parle (La Réformation du 11 mars 1837).

« Les cloches ont sonné ; le temple s’est rempli. On a lu, pendant ce temps, un chapitre de la Bible ; puis, les dix commandements ; mais peu de gens ont écouté. À cette lecture a succédé celle d’une liturgie que plusieurs ont suivie de leurs lèvres, et à laquelle nul peut-être n’a vraiment ajouté son Amen. On a entendu une prédication qu’on s’est accordé à trouver admirable, mais c’est tout. On a chanté en deux fois trois versets de psaumes, auxquels l’orgue seul a donné du sentiment, et l’on est sorti en disant qu’on venait de rendre son culte à Dieu, et encore un culte en esprit et en vérité. Non ; il faut être juste. Le langage est ici moins menteur que les faits. On dit qu’on a été au sermon. Chacun semble avouer que ce n’était pas un culte ».

Et encore :

« Plus coupables, peut-être, et non moins absurdes, la plupart des églises protestantes, avec leurs inévitables hommes noirs, leurs liturgies imposées et leurs éternels sermons, se vantent d’avoir remplacé les formes par l’esprit, tandis qu’elles ont substitué à des formes, qui du moins agissent sur l’imagination et quelquefois sur le cœur, un formalisme desséchant et sans vie. On commence à comprendre l’erreur du système clérical. L’Église, ce n’est plus l’ensemble des pasteurs ; c’est l’ensemble des fidèles ; c’est le peuple chrétien. Il y a là une immense révolution ».

Écoutons encore M. Napoléon Roussel, dans un post-scriptum sur le Culte du Dimanche :

« Je me borne donc à dire ici que le sermon est aussi pesant, aussi faux, aussi triste que la robe noire dont on s’affuble pour le prêcher ; qu’on devrait enfin y renoncer, pour dire, en style intelligible pour tout le monde, des choses non-seulement vraies pour le fond, mais vraies dans les moyens qui servent à les établir. Je voudrais qu’on montât en chaire, non pour se placer au-dessus de l’auditoire, mais uniquement pour en être mieux entendu… Je voudrais, … hélas ! encore bien des choses, que ni moi, ni d’autres, ne faisons » (*).

 

(*) Je donne ici, comme expliquant les motifs de bien des choses que l’on reproche à la marche des frères que l’on appelle Plymouthistes, le fragment suivant d’un discours sur 2 Samuel 6:1-12, qui est le dixième de ceux de M. Napoléon Roussel sur le Culte du Dimanche.

« Un autre jour, nous rencontrons un obstacle sur notre route, en accompagnant l’Arche sainte, en conduisant une œuvre chrétienne, en travaillant d’une manière quelconque à l’avancement du règne de Dieu. Comme c’est en agissant avec droiture et simplicité que nous avons échoué contre la malice des hommes, nous nous faisons presque un reproche de cette droiture et de cette simplicité, et nous voulons cette fois essayer de l’adresse et de la ruse. Sous prétexte de nous faire tout à tous pour en gagner quelques-uns, nous nous faisons tout à tous de manière à nous perdre avec les autres. Ce n’est pas assez. Pour gagner les mondains, nous employons les mondains eux-mêmes à traîner le char qui porte l’Évangile. Parce que celui-ci est riche, nous le mettons en tête ; parce que celui-là est habile, nous en faisons un conducteur. Nous employons la foule à pousser par derrière, et nous finissons par nous confondre dans cette tourbe d’incrédules que nous prétendions diriger. Au milieu d’un tel cortège, nous perdons la foi nous-mêmes, et nous copions ceux qui devaient nous imiter. Faut-il donc s’étonner si Dieu laisse périr notre œuvre ? N’est-il pas plus admirable que nous soyons encore épargnés par Celui qui punit Huza, portant un bras incrédule au secours de l’Arche sainte ? »

 

5.1.1.3       [Ces articles de journaux témoignent d’une révolution des esprits]

Je préfère poursuivre simplement le bien et m’attacher à la puissance qui, seule, peut le produire en marchant en paix avec la Parole de Dieu pour guide, plutôt que de publier des articles de journaux destinés à signaler le mal. Mais en effet, lorsque des journaux et des hommes influents dans le monde évangélique tiennent un pareil langage, il s’accomplit une immense révolution. Ce n’est pas que tous acceptent ces pensées, ni que tous les aient formulées ; mais le mouvement dont elles sont l’expression existe dans les idées. Le germe en est dans les esprits et s’y développe ; sinon, l’on n’en parlerait pas ainsi. Les journaux ne font que constater certains faits moraux, les préciser, et, par la publicité, leur prêter de la force, de l’importance, et leur donner une circulation générale.

« Aujourd’hui, ajoute La Réformation, le peuple de l’Église est arrivé à la conscience de ses droits. On ne veut plus que le pasteur soit en dehors et au-dessus de son troupeau, mais l’un de ses membres. On renonce au droit divin, à la succession apostolique. On substitue l’élection populaire à l’élection du clergé par le clergé ».

 

5.1.2        [Les nouvelles opinions promues par ‘La Réformation’ remplacent l’homme-clergé par l’homme radical insistant sur ses droits]

Bien que les écrits cités ci-dessus reproduisent des faits plus ou moins établis, pourrais-je en aimer le ton ? J’en suis bien loin. Si je les cite, c’est non-seulement pour montrer où en est l’opinion dans les rangs auxquels ces écrivains appartiennent ; mais aussi, pour mettre en garde les frères contre de telles pensées et contre un tel langage. Quand il serait vrai, c’est un langage d’homme, qui ne tend qu’à remplacer l’homme par l’homme ; savoir : l’homme clergé par l’homme radical armé de la conscience de ses droits.

 

5.1.3        [Contraste entre la foi qui reconnaît les droits de Dieu et l’insistance sur les droits de l’homme, ou l’élection par les hommes, qui n’apportent ni salut ni bénédiction]

La foi ne fait rien de pareil. Elle juge les prétentions du clergé, parce qu’elles ne sont pas selon Dieu. Elle ne les reconnaît pas. Elle reconnaît un droit divin et n’y renonce jamais. Elle reconnaît que ce droit divin est le seul qui puisse exister, et que la part du chrétien est d’en jouir et d’y être soumis. Le droit divin est la joie du cœur qui aime Dieu et qui connaît la grâce. La foi a des droits auprès de Dieu ; le droit de reconnaître que tout est à lui, que tout don excellent vient de lui. Le droit de l’homme, c’est de mourir et d’être condamné. S’il veut la bénédiction, elle est dans le droit divin, autant à l’égard du ministère qu’à tout autre. Point de bénédiction ailleurs, absolument point. Disons-le hautement, mes frères, souvenons-nous-en toujours. Si l’on vient vous parler de vos droits, n’écoutez pas ce langage. On peut bien flatter ainsi la chair ; mais vous chrétiens, qui savez que tout est grâce, vous savez qu’il ne vous appartient pas de parler de droits ; que le pécheur n’en a qu’un, celui d’être perdu ; que le saint reconnaît que tout droit est en Dieu ; que les droits de l’homme et l’élection par les hommes ne mettent jamais en possession ni du salut ni d’aucune bénédiction quelconque.

 

5.1.4        [Le Saint Esprit et son action dans l’Église et dans le ministère n’ont rien à voir avec le radicalisme]

Le Saint-Esprit, la pensée du Saint-Esprit ne figurent pas dans les remarques que nous avons transcrites plus haut. Si l’on disait que le Saint-Esprit est dans l’Église ; qu’en conséquence il agit non-seulement dans le clergé, mais dans le corps des fidèles, tant pour ce qui regarde l’action de ce corps que dans le ministère de chaque membre, selon ce que Dieu trouve bon de conférer, cela se ferait comprendre à un homme sérieux fondé dans la grâce ; mais, ce qui se montre dans les fragments cités plus haut ; c’est du radicalisme dans l’Église. Les droits de l’homme, les droits des masses, l’élection populaire à l’exclusion du droit divin, c’est la définition du radicalisme moderne. Le ministère dans ses moindres dons n’est que l’expression de l’énergie du Saint-Esprit agissant en nous, énergie donnée de la part de Dieu, de qui vient tout don excellent et toute grâce parfaite.

Ceci me conduit à deux autres points que je présenterai encore dans les termes mêmes de La Réformation.

 

5.2        Chapitre 2 — Dualisme [prétendue opposition entre ‘action de Dieu’ et ‘intervention de l’homme’]

5.2.1        [L’opinion protestante ramène le Plymouthisme à l’insistance sur l’Action du Saint Esprit et l’Autorité des Écritures]

On lit dans La Réformation du 28 janvier 1847.

« Tout, dans le Plymouthisme peut se réduire à deux points : l’idée de l’action du Saint-Esprit et l’idée de l’autorité des Écritures.

Le Plymouthisme veut substituer à l’organisation humaine l’action du Saint-Esprit. C’est la raison de leur principale objection au ministère ecclésiastique ».

 

5.2.2        [Dire que Dieu choisit les ouvriers et les envoie, est-ce un dualisme entre l’Esprit et l’homme, ignorant que l’œuvre divine s’accomplit par des hommes ?]

Puis, faisant des observations sur les paroles suivantes de M. Recordon : « Dieu seul bénit les travaux des ouvriers ; il est souverain et il agit en grâce par les instruments qu’il lui plaît de choisir », paroles qui accompagnent des reproches faits aux Facultés de théologie qui se permettent d’appeler, de choisir, de désigner, d’envoyer, de déplacer à leur gré des ouvriers du Seigneur, La Réformation s’exprime ainsi :

« On le voit : c’est toujours le dualisme établi entre l’action de Dieu et les moyens, entre l’Esprit et l’homme, comme si l’œuvre divine pouvait s’accomplir autrement que dans et par les hommes ».

 

5.2.3        [Insister sur l’autorité de la Bible et le secours du Saint Esprit : est-ce un supernaturalisme grossier où Dieu agit sans l’intelligence de l’homme ?]

La Réformation dit encore, en date du 29 novembre 1846 :

« Le système religieux et ecclésiastique, qui nous est exposé par M. Vermont, repose, ce nous semble, sur deux principes : l’autorité de la Bible et le secours du Saint-Esprit. On sent bien que ce n’est pas contre ces principes, considérés en eux-mêmes, que nous désirons protester, mais bien contre l’usage qu’on en fait. Ainsi, l’action du Saint-Esprit est prise au point de vue d’un supernaturalisme passablement grossier. L’action divine n’est point conçue dans son harmonie dynamique avec l’action humaine, mais plutôt comme une force purement objective et constamment miraculeuse. Il semble que Dieu intervienne nécessairement d’une manière qui exclue l’homme, et que, là où paraissent le calcul, l’emploi des moyens, l’activité réfléchie, l’Esprit saint ne puisse trouver place. L’attente des fidèles doit être toute passive. Il faut attendre le déploiement des grâces divines et s’abstenir le plus possible, afin de leur laisser plus de liberté. En un mot, les grâces spirituelles sont toujours ramenées à la forme surnaturelle qu’elles ont revêtue au siècle apostolique ».

 

5.2.4        [Vile légèreté du discrédit jeté sur la conduite de l’Esprit]

Hélas ! il y a dans cette manière de penser et dans cette manière de parler de la présence de Dieu et de l’action de son Esprit, une légèreté, un persiflage et un ton philosophique au petit pied, au sujet des choses saintes, extrêmement pénibles pour ceux qui sentent combien c’est chose sérieuse que de se mettre en avant pour se mêler de ce qui est aussi précieux à Christ que son Église, et combien c’est chose solennelle que de se dire ouvrier avec Dieu, de s’occuper de son œuvre et de dire qu’il agit en soi.

 

5.2.5        [La rivalité mise entre l’action de Dieu et l’intervention de l’homme n’est que du mépris de l’action du Saint Esprit, y compris aux temps apostoliques]

Comme nous allons le voir, l’auteur de ces articles a, du reste, entièrement déplacé la question.

Il ne se trompe point quand il présente, comme les fondements de ce que l’on se plaît à appeler le Plymouthisme, l’autorité des Écritures et l’action du Saint-Esprit. Ce sont bien là, en effet, les fondements sur lesquels je désire que repose mon œuvre et celle de mes frères.

Qu’est-ce que ce dualisme entre Dieu et l’homme, cette singulière rivalité dont on nous dit coupables ? Singulière rivalité, en effet, que celle d’une chétive créature, d’un vermisseau, à côté de Celui qui l’a créé. Une telle pensée n’entre ni pour l’affirmer, ni pour la nier, dans l’esprit de celui qui sait ce que c’est que Dieu et ce que c’est que l’homme.

Mais l’auteur de ces articles se trompe à, tous égards.

Afin de se débarrasser de l’action du Saint-Esprit, telle qu’il la trouve comme l’un de nos principes fondamentaux, il tombe dans un étrange excès. Dans nos vues, à ce qu’il affirme, « les grâces spirituelles sont toujours ramenées à la forme surnaturelle qu’elles ont revêtue au siècle apostolique » ; et il venait d’affirmer avec non moins d’assurance, que, dans nos vues, « l’action du Saint-Esprit est prise au point de vue d’un supernaturalisme passablement grossier ». La conséquence triste, mais inévitable qu’il en faut tirer, c’est que la forme que les grâces spirituelles ont revêtue au siècle apostolique, était un supernaturalisme passablement grossier. Le cœur se révolte en le copiant. Existe-t-il réellement un semblable mépris pour l’action du Saint-Esprit ? Hélas ! cela trahit du moins la pensée de l’auteur. Il veut que l’homme paraisse, que l’homme agisse. L’action et la manifestation de l’Esprit, voilà pour lui une idée grossière.

Et encore, l’auteur se trompe quant aux faits du siècle apostolique et quant aux principes qu’il condamne.

 

5.2.6        [L’enseignement de Paul va à l’encontre du dualisme, c’est-à-dire de l’exercice de l’action de l’Esprit sans l’intelligence de l’homme]

La forme que l’œuvre du siècle apostolique a revêtue, ne tendait pas, en général, à un dualisme quelconque, bien loin de là. Il y avait, en certains cas, une sorte de dualisme. Par exemple, des langues étaient parlées, et celui qui les parlait ne comprenait pas toujours ce qu’il disait. Quand cela arrivait, l’apôtre déclare que cette action du Saint-Esprit était d’un ordre inférieur ; « car celui qui prophétise est plus grand que celui qui parle des langues, à moins qu’il n’interprète, afin que l’Église reçoive de l’édification. Celui qui parle une langue ne parle pas aux hommes, mais à Dieu ; car personne n’entend, et il prononce des mystères par l’Esprit ; ... celui qui parle une langue s’édifie lui-même ; mais celui qui prophétise édifie une assemblée.... C’est pourquoi, que celui qui parle une langue prie de pouvoir interpréter ; ... mais, s’il n’y a point d’interprète, qu’il se taise dans l’assemblée » (1 Cor. 14:5, 2-4, 13, 28). Et Paul ajoute pour lui-même (v. 26) : « Je préfère prononcer cinq paroles par mon intelligence, afin d’enseigner aussi les autres, que dix mille paroles dans une langue ». Il veut qu’en parlant son intelligence y soit pour quelque chose, non comme pour produire en quelque façon une autre source de la vérité, mais comme un vase béni pour lui-même et pour les autres de ce que la grâce de Dieu communiquait. Par-là, il y avait bénédiction pour lui-même et communion avec les autres. La puissance de Dieu, à elle seule, était quelque chose sans doute ; mais l’édification de l’Église était le but que se proposait l’amour de Dieu. Le cœur y entrait, l’intelligence spirituelle s’y soumettait et s’en réjouissait. C’est ainsi que, dans la promesse du don de l’Esprit, le Seigneur lui-même dit de celui qui devait le recevoir, que « de son ventre découleront des fleuves d’eau vive » (Jean 7:38) ; de son ventre, c’est-à-dire, de ses affections les plus intimes, selon l’emploi bien connu de cette expression dans les Écritures.

 

5.2.7        [Le dualisme où l’intelligence de l’homme serait déconnectée de la communication que lui fait l’Esprit, se trouve dans l’AT, pas dans le NT]

Ce dualisme, dont La Réformation nous accuse, est si peu dans ma pensée, qu’à mes yeux c’est au contraire précisément, sauf dans le cas qu’on vient de voir, son absence qui distingue (distinction générale, mais non absolue) les révélations du Nouveau Testament de celles de l’Ancien. En règle générale, il y avait, dans les anciens prophètes, cette séparation entre l’intelligence de l’homme et la communication de l’Esprit. Il en est autrement dans les révélations du Nouveau Testament. Les prophètes, servant de canaux à l’Esprit de Dieu, disaient : « Ainsi a dit l’Éternel ». Leurs cœurs sentaient moralement l’état du peuple ; mais la réponse prophétique de Dieu se communiquait sans la pleine intelligence du prophète. C’est pourquoi nous trouvons dans le Nouveau Testament, qu’ils recherchaient ensuite « soigneusement eux-mêmes, quand et en quel temps l’Esprit prophétique de Christ, qui était en eux, rendant par avance témoignage, déclarait les souffrances qui devaient arriver à Christ et la gloire qui les devait suivre. Et il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour nous qu’ils administraient ces choses, lesquelles, ceux qui vous ont prêché l’Évangile par le Saint-Esprit envoyé du ciel, vous ont maintenant annoncées » (1 Pierre 1:11-12).

Ainsi, les anciens prophètes étudiaient eux-mêmes leurs prophéties, et il y avait une action ultérieure du Saint-Esprit pour leur en faire comprendre le sens. Ils trouvaient alors que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour nous, qu’ils administraient ces choses.

Nous, au contraire, nous savons que ces choses sont nôtres. Christ, ce précieux Sauveur, a accompli l’œuvre de la rédemption éternelle. Il est entré dans sa gloire à la droite de Dieu, et le Saint-Esprit est descendu pour être le révélateur de cette gloire de l’Homme-Christ, le révélateur de l’amour du Père, le sceau de Dieu sur nous, comme sur ceux qui doivent y participer, et les arrhes de tous ces biens dans nos cœurs : car le Chef est là, et nous sommes unis à ce Chef ; et l’Esprit, descendu de Lui et du Père, est en nous un lien divin avec Christ. Cet Esprit, en agissant dans la réalisation des relations de Christ avec l’Église (*), ne peut rien nous révéler qui ne soit nôtre. L’intelligence s’en réjouit. Les affections du cœur s’y rattachent. Il y a différence de dons sans doute selon la souveraineté et la sagesse de Dieu, pour communiquer aux autres ce qu’il nous a fait comprendre ; mais il n’y a rien à comprendre et à communiquer que ce que, par le même Esprit qui nous en rend capables, nous savons nous appartenir aussi. Ce fleuve d’eaux vives découle du cœur qui se réjouit et de sa communion avec le Seigneur qui l’a aimé, dans la grâce et dans la gloire dont il nous a fait part.

 

(*) Je dis : dans les relations de Christ avec l’Église, parce que, dans l’Apocalypse donnée à l’Église, l’Esprit redevient un esprit prophétique et parle d’une autre manière.

 

Dans toute leur étendue donc, mes pensées, et je ne doute pas qu’elles ne soient pour le fond données de mon Dieu, sont précisément le contraire du dualisme en question.

Mais il y a encore quelque chose à ajouter ici sur la différence qu’on veut faire entre le passé et le présent.

 

5.2.8        [L’action de l’Esprit ne s’oppose même pas au contrôle des révélations par les auditeurs]

Au commencement de l’Église, il y avait non-seulement l’action du Saint-Esprit, mais en outre, de nouvelles révélations. Or, dans la communication de ces vérités divines pour l’Église de ce siècle-là et pour celles de tous les siècles, Dieu gardait la bouche de ceux qu’il employait à cette tâche, afin que l’erreur ne leur échappât pas, là où il trouvait bon de donner ce qui devait faire autorité. Ce n’est pas que cela ôtât aux autres l’intelligence spirituelle. Même quand un apôtre parlait, on cherchait dans la Parole « si les choses étaient telles qu’il les disait » (Actes 17:11). Si des prophètes s’adressaient à l’assemblée, les autres en jugeaient (1 Cor. 14:29). Toutefois, il y avait des révélations divines confiées à ceux qui étaient choisis de Dieu pour en être les vases et les organes de communication. Peut-être, quelques-unes de ces communications n’étaient-elles que pour le moment ; mais celles qui étaient pour tous les siècles de l’Église sont gardées pour nous dans la parole écrite. Il est vrai aussi que, dans ce temps-là, on était appelé à étudier ce que la Parole de Dieu révèle, pour qu’il fût connu à toute l’Église qu’on en profitait (1 Tim. 4:13-16).

 

5.2.9        [S’il y a dualisme, c’est l’incrédulité (ou rationalisme) qui l’introduit en faisant tout dériver de l’homme sans l’Esprit. Pour que du bien soit produit, il faut que l’Esprit agisse]

Où est le dualisme, sinon dans l’esprit de l’auteur qui, pour le siècle apostolique, fait tout procéder de l’Esprit en dehors de l’intelligence de l’homme, et qui, dans le temps présent, fait tout dériver de l’homme sans l’Esprit ?

Pour qu’il y ait du bien, il faut que l’Esprit de Dieu agisse dans l’homme et le rende capable de recevoir, de communiquer, de comprendre (*), soit une révélation, soit des communications spirituelles de choses déjà révélées dans la Parole. Le bien ne peut pas venir de l’homme ; l’homme le reçoit par l’Esprit. Il n’a, pour le communiquer, ni sagesse, ni puissance, ni direction, sinon par le Saint-Esprit. S’il agit de son chef, il abandonne sa position chrétienne devant Dieu. Quant à celui qui écoute, il comprend par l’Esprit, et la chose est appliquée à son âme par le Saint-Esprit seul. Je ne nie pas que l’âme et l’intelligence de celui qui parle, ne soient le vase de cette action, de cette puissance. Je sais qu’elles le sont ; que l’âme, la conscience, l’intelligence de celui qui écoute le sont aussi ; mais je dis que c’est le Saint-Esprit qui y agit s’il y a du bien, et partout où il y en a.

 

(*) 1 Cor. 2:12-15. Quand je dis : une révélation, je parle des temps apostoliques. Pour nous, la révélation complète de la vérité est dans la Parole. S’il y a un principe distinctif du christianisme, c’est celui de la présence et de l’action du Saint-Esprit, du Consolateur.

Luc 24:49.

Jean 4 ; 7 ; 14:17-26 ; 15:26 ; 16:1-15.

Actes 1:8 ; 2:38-39 ; 4:31 ; 5:3 ; 8:17 ; 10:47 ; 7:55 ; 13:9 ; 19:2.

Rom. 8, le chapitre presque entier ; comparez v. 9 et 7:5.

1 Cor. 2:9-16 ; 3:16 ; 6:19 ; 12 à 14.

2 Cor.1:21-22 ; 3:8, 17-18 ; 6:6 ; 10:4.

Gal. 3:3-5, 14 ; 4:6 ; 5:16-17, 25 ; 6:8.

Éph. 1:13 ; 2:18-22 ; 3:16 ; 4:3-4 ; 5:18 ; 6:17.

Philip. 1:19 ; 2:1.

Col. 1:8.

1 Thess. 1:6 ; 4:8 ; 5:19.

2 Tim. 1:14.

Tite 3:6.

1 Pier. 1:12 ; 4:14.

1 Jean 2:27 ; 3:24 ; 4:13 ; 5:8.

Jude 20.

Le lecteur attentif aura dû remarquer, en suivant ces passages, que je n’ai pas cité ceux qui se rapportent à la régénération, œuvre bien reconnue de l’Esprit ; mais seulement ceux qui concernent la réception du Saint-Esprit par les croyants, et son action dans les croyants (Comparez : Jean 7:39 — Gal. 4:6 ; 3:14 — Éph. 1:13). — Si nous avons perdu tout cela, où en est l’Église ?

Je prie le lecteur de bien vouloir parcourir tous ces passages de suite, ce qu’on ne fait pas souvent. Il ne manquera pas d’y trouver sa récompense. Je pense que cela lui vaudra tout le reste de ce qu’il aura lu de ma brochure.

Je maintiens toujours, comme le seul sens vrai et possible du passage 1 Pier. 4:10-11, que parler selon les oracles de Dieu veut dire non parler selon les Écritures, quoique ce soit aussi nécessairement le cas, mais parler comme annonçant les oracles de Dieu, ainsi que Martin l’a traduit. Pour ma part, si on ne le fait pas, je ne sais pourquoi je devrais écouter. La raison donnée, savoir, « afin que Dieu soit glorifié en toutes choses », met hors de doute que c’est là le sens de ces passages,

 

Si donc quelqu’un fait objection et dit : Non, c’est lui qui introduit le dualisme ; c’est lui qui sépare l’homme d’avec le Saint-Esprit.

C’est là, en effet, le dualisme de l’incrédulité, qui fait de l’homme un être capable d’agir dans les choses de Dieu sans que Dieu soit avec lui, ou agisse en lui.

C’est le rationalisme.

Le mouvement s’imprime sur l’homme et s’effectue dans l’homme ; mais il vient de Dieu, sinon il est mauvais.

 

5.2.10    [L’Esprit vivifie, la chair ne sert de rien : sentir toujours plus sa dépendance entière de Dieu ; ne pas prétendre se mêler des choses de Dieu sans l’Esprit]

C’est un point aussi capital qu’élémentaire. Et, quel que soit le mépris avec lequel le journaliste traite ces choses, et accuse ce système de vouloir que les fidèles s’abstiennent le plus possible et prennent une attitude toute passive, j’avoue hautement que je désire pour tous mes frères, comme aussi pour moi, que nous sentions toujours plus notre dépendance entière de Dieu ; que c’est l’Esprit qui vivifie et que la chair ne sert de rien ; — oui, que nous sentions notre dépendance constante, et que, si l’Esprit ne nous conduit pas, ne nous fait pas agir, nous ne prétendions, ni en petit ni en grand, nous mêler des choses de Dieu.

Je crois donc que l’Esprit de Dieu agit dans l’homme et par l’homme, et particulièrement par les membres du corps de Christ. Il donne de l’intelligence, de la force et de l’énergie. C’est un Esprit de force et de liberté ! Mais, s’il agit ainsi, sa grâce produit dans le cœur un esprit d’humilité et de dépendance entière de Dieu ; un esprit qui ne voudrait pas faire même un miracle, quand on le pourrait, si la volonté expresse de Dieu ne l’y portait pas. La vie du nouvel homme vit de chaque parole qui sort de la bouche de Dieu, et n’ose pas agir hors de sa dépendance.

 

5.2.11    [Ceux qui accusent de dualisme veulent agir à leur guise, selon leurs pensées, sans l’Esprit et sans la Bible]

Que l’Esprit agisse dans l’homme et non en dehors de l’homme (idée étrangère à tout système quelconque), ce n’est pas là, quoi qu’on en dise, ce que l’on veut.

Ce qu’on veut, le voici :

On veut calculer, réfléchir, employer des moyens, arranger les formes sans l’Esprit et sans la Bible, comme nous allons le voir ; on veut faire tout cela selon « l’ordre humain », c’est-à-dire à son propre gré, oui, sans l’action du Saint-Esprit, sans la direction de la Bible qui, dit-on, ne fournit point de règles en matière d’Église. Et puis, après tout cela, lorsque l’homme a agi sans Dieu, d’après ses propres conseils, on se flatte que Dieu va y mettre la main. « Je sais, dit l’auteur, que l’Esprit de Dieu peut manifester sa puissance, non-seulement malgré les formes diverses, mais encore dans ces formes ». C’est-à-dire l’homme agira seul, sans l’Esprit de Dieu, sans aucune direction de la Bible ; puis, Dieu peut venir y agir, s’il le veut.

Je crois que, dans tous les systèmes, ou plutôt, malgré tous les systèmes, là où il y a de la foi, Dieu s’y trouvera. Mais, quelle singulière piété que d’arranger premièrement les choses à sa façon ; puis, de laisser Dieu venir plus tard, s’il le trouve bon ! C’est bien l’homme qui veut l’homme et les commandements de l’homme.

 

5.2.12    [Agir dans la dépendance de Dieu n’est pas un ‘supernaturalisme’ fait de ‘miracles’]

Pour moi, je ne cherche pas « le miracle » ; mais je veux la vraie dépendance de Dieu ; je veux que l’homme n’agisse pas sans lui ; que la présence de Dieu au milieu des assemblées, soit notre force et notre bonheur.

Est-ce que l’auteur de l’article ne veut pas que Dieu y soit ? Ou veut-il que l’homme agisse sans lui dans sa présence ?

Je viens de dire qu’on veut agir sans aucune direction de la Bible. C’est que, en effet, en tout ce qui regarde l’Église, on veut mettre de côté la Bible, aussi bien que le Saint-Esprit.

Or, je dis que l’homme n’a rien à faire dans les choses de Dieu sans la Bible ; qu’il n’a pas à agir sans la Bible, plus que sans le Saint-Esprit.

C’est le second point que je désire traiter.

 

5.3        Chapitre 3 — L’Évangile-Code [un quolibet pour discréditer la marche qui suit en détail la Parole de Dieu]

5.3.1        [L’Esprit et la Bible sont tous deux indispensables. Certains veulent s’en passer en ridiculisant ceux qui y tiennent par le terme d’Évangile-Code]

Prendre l’impulsion du Saint-Esprit sans la Parole, c’est s’exposer à prendre les écarts de l’imagination pour une impulsion spirituelle.

Prendre la Bible sans l’Esprit, c’est élever l’homme à l’égal de Dieu dans sa capacité, et faire que l’homme se passe de Dieu dans son cœur. C’est le rationalisme.

Prendre l’Esprit sans la Bible, c’est lâcher la bride à toutes les folies de l’imagination humaine, et couvrir ces extravagances du nom de Dieu.

Se passer de l’Esprit et de la Bible, voilà ce qui était réservé aux adversaires de l’énergie spirituelle qui, de nos jours, se manifeste dans l’Église.

Cela est-il vrai ? demande le lecteur étonné. Vous allez le voir.

Le mot qu’on jette pour ébranler, affaiblir, écraser la foi de ceux qui, prenant la Bible pour règle, n’osent pas agir sans ses directions dans les choses de Dieu les plus précieuses et les plus importantes, ce mot par lequel on croit les avoir marqués au coin de l’erreur ou du ridicule, c’est l’Évangile-Code.

 

5.3.2        [La Bible, une règle à tous égards, mais avec le Saint Esprit. Christ le modèle. La propre volonté pas permise]

Nous sommes accusés de faire un code de l’Évangile.

En un sens, je ne le fais pas. En un autre, la Bible est ma règle à tous égards ; et, sans elle, je n’ose rien faire dans les choses de Dieu.

Je sais que la lettre tue et que l’Esprit vivifie. Je ne prends pas la Bible sans le Saint-Esprit comme code littéral.

Si la Bible me dit d’aimer mon frère, je trouverai mille choses dans lesquelles l’amour se montrera, et dont la Bible ne parle pas, bien que, dans ces choses-là aussi, je sois dirigé par d’autres instructions de la Parole. En beaucoup de choses, dans lesquelles nous pouvons avoir nos sens exercés pour discerner le bien et le mal, la Parole laisse de la liberté pour mettre la charité à l’épreuve. Par notre conduite dans ces choses, elle jugera bien, à l’aide d’autres passages, les pensées et les intentions du cœur. Les directions de la Bible ne supposent ni l’imperfection qui laisse l’homme à lui-même à quelque égard que ce soit, ni un code qui le lie à des cérémonies et qui fasse une cérémonie de toute sa conduite ; et la Bible ne suppose ni l’un ni l’autre, parce que l’Esprit agit dans un être devenu spirituel, qui doit être dirigé par ses affections et par sa conscience, mais d’après la Parole et d’après l’exemple de Christ ; dans un être spirituel qui ne doit jamais agir de sa propre volonté, car c’est ce que Christ n’a jamais fait, et c’est ce que la Parole ne permet jamais.

 

5.3.3        [Loi de la liberté et obéissance chrétienne. La Parole de Dieu s’applique à tout ce en quoi l’homme se trouve en relation avec Dieu, non comme code, mais comme lumière et vie]

Supposer qu’il faut ou un code, ou le calcul et la volonté de l’homme ; supposer qu’il y a une catégorie de choses des plus importantes, de celles qui regardent Dieu de plus près, dans lesquelles l’homme doit agir à son gré, sans les directions de Dieu, c’est montrer une pure ignorance de ce qu’est la vie spirituelle et l’obéissance chrétienne.

J’aimerais à entendre expliquer par l’auteur, ce que veut dire la loi parfaite de la liberté !

Ignorant et faible que je suis, et je le sens, j’ose lui dire que plus il fera de progrès dans la vie spirituelle, dans la connaissance de la Bible et dans la connaissance du Seigneur, plus aussi il trouvera que la Parole de Dieu s’applique à tout ce en quoi l’homme se trouve en relation avec Dieu, et le retire de tout ce en quoi il est hors de relation avec Dieu ; qu’elle produit cela non comme code, mais comme lumière et vie, comme direction que le chrétien comprendra par l’intelligence spirituelle, par la puissante grâce du Saint-Esprit ; lumière, vie, direction où il saisira les pensées et la sagesse de Dieu, où il saisira ce que Dieu veut, et c’est ce qui fait sa joie ; où enfin il trouvera toutes les pensées et toutes les intentions de son propre cœur jugées par cette Parole qui pénètre jusqu’aux jointures, à la moelle, à l’âme et à l’esprit.

 

5.3.4        [L’Église, c’est là où Dieu et l’homme se rencontrent de plus près, où Dieu ne veut rien que ce qui est de Lui]

L’auteur pense-t-il que les choses de l’Église, quelles qu’elles soient, ne figurent pas dans les relations entre Dieu et l’homme ? Si elles y figurent, si elles y entrent, la Parole y révélera Dieu et jugera l’homme. C’est là où Dieu et l’homme se rencontrent de plus près, où Dieu ne veut rien que ce qui est de lui, où il déteste les commandements et les ordonnances d’homme. Il y est lui-même. L’Église est édifiée pour être la demeure de Dieu par l’Esprit. Et, quant aux assemblées particulières, là où deux ou trois sont réunis au nom de Jésus, il est au milieu d’eux.

Et la Bible ne nous donne aucune direction sur ces choses !

 

5.3.5        [Nier des vérités basiques (Église corps de Christ) amène à mettre de côté l’Esprit et la Parole]

Que peuvent donc valoir le calcul et les réflexions d’un journal, à l’égard de ceux au milieu desquels le Seigneur se trouve ?

Quand on nie l’existence d’une Église corps de Christ sur la terre, lorsqu’on ignore ce que c’est que l’Église et qu’on en chasse toute idée divine, il est tout simple que l’on mette de côté l’Esprit et la Parole. En effet, dans un système fondé sur de tels principes, l’Esprit et la Parole n’auraient rien à faire, sinon de tout juger. Et, si l’on veut établir un système conçu selon la sagesse de l’homme, je me fais fort de démontrer que, quel qu’il puisse être, il contredit de toutes manières la Parole de Dieu, tant il est peu vrai que la Parole de Dieu se taise sur toutes ces choses. Si l’on se donne la liberté de dire que, lorsque la Parole de Dieu a dit une chose, on peut tout aussi bien en faire une autre, nous saurons du moins à quoi nous en tenir.

 

5.3.6        [Le Nouveau Testament s’applique aujourd’hui comme modèle d’institutions et de conduite, mais être conduit par l’Esprit dans l’application]

Citons le texte qui a donné lieu à tout ce que je viens de dire :

« Le second principe du Plymouthisme, c’est sa notion de l’Écriture-Sainte. Nous ne parlons pas ici de l’inspiration ou de l’autorité des livres de la Bible, mais plutôt de l’usage que le Plymouthisme fait de cette doctrine que le Nouveau Testament est la Parole de Dieu. Il en conclut que tout ce qui s’y trouve doit faire loi (*). En vain allègue-t-on que le Nouveau Testament lui-même ne formule point cette prétention ; que nulle part les apôtres ne nous ont donné leur conduite dans la direction de l’Église, comme un modèle qu’il fût nécessaire de suivre ; que pas un passage n’exprime pour les chrétiens l’obligation de regarder les institutions ecclésiastiques du premier siècle comme un type absolu.... Il ne faut pas croire que l’idée de l’Évangile-code soit un axiome chrétien dont on peut toujours partir, et qu’on n’a jamais besoin d’examiner ».

 

(*) En effet, c’est ce que je pensais, pourvu que dans l’application l’on soit conduit par l’Esprit de Dieu. Je prie le lecteur de se souvenir que c’est Dieu qui a inspiré la Parole, pour que l’homme de Dieu soit parfait. Pourquoi Dieu a-t-il dicté ces choses par son Esprit ? Pourquoi les a-t-il fait conserver par écrit, si, à l’avenir, elles ne devaient servir à rien ? Que nous ayons agi de manière à en empêcher l’application ; qu’il y ait eu des dons que nous ne possédons plus, et par conséquent des positions dans lesquelles nous ne sommes pas, on l’admet bien ; cela était vrai aussi du temps des apôtres. La question n’est pas là. La voici : Est-ce que les écrits dictés par l’Esprit ne devaient servir que pour ceux qui vivaient du temps des apôtres ? Ces écrits n’avaient-ils pas leur application dans les temps postérieurs ; et, s’ils l’avaient, jusqu’à quand l’avaient-ils ! Voilà de quoi il s’agit.

Ce n’est pas, il est vrai, toute la question. À cause de l’état de l’Église, nous ne pouvons faire tout ce qui est écrit ; mais cela ne nie ni ne diminue l’autorité de ce qui est écrit ; cela nous fait seulement sentir l’état où nous sommes. Mais si, d’un côté, nous ne pouvons pas faire tout ce qui est écrit, nous n’osons pas, de l’autre, faire de notre chef autrement qu’il n’est écrit. Le principe de nos adversaires est que nous pouvons faire, nous, ce qu’ont fait les apôtres, en usant de l’autorité divine qui leur avait été confiée.

 

5.3.7        [Les usages actuels quant à l’Église sont reconnus comme non conformes à la Parole de Dieu, et on met en avant la liberté chrétienne pour mettre la Bible de côté]

Et plus bas :

« Nous aussi, nous pensons depuis longtemps que, sur le terrain de la conformité aux usages primitifs, il n’y a pas de défense victorieuse des usages actuels. Il faut se placer hardiment sur celui de la liberté évangélique et de l’ordre humain. Nous avons déjà dit que toute la question est là » (La Réformation, du 28 janvier 1847).

Oui, en effet, la question est là. En y ajoutant la dénégation de la présence et de l’action du Saint-Esprit, toute la question est là.

Heureuse et hardie émancipation de la Bible et de la gêne de la présence de Dieu ! Peut-on imaginer quelque chose qui mette plus hardiment de côté la Parole de Dieu, en tout ce qui tient à l’Église ?

En général, on ne veut pas qu’on cherche dans la Parole des directions pour l’Église ; et, comme il faut convenir de fait qu’il y en a beaucoup, on dit que celles qui s’y trouvent ne doivent pas faire loi ! Qu’un chrétien soit sauvé, à la bonne heure, il l’apprendra de la Bible ; mais des directions pour l’Église sur la terre, on veut que la Bible ne nous en fournisse point. On ne peut disconvenir qu’il y en ait ; mais il faut se garder d’y voir une loi, et se servir de la liberté évangélique, et cela hardiment. L’Esprit de Dieu ne les a pas mises dans la Parole pour que nous les observions.

Croirait-on qu’on en soit venu là ?

On admet que les usages actuels ne sauraient être justifiés par la Bible. Prenons-en note.

Et, comme on n’est pas tenu à suivre la Bible, comme tout ce qui se trouve dans le Nouveau Testament ne doit pas faire loi, se passera-t-on donc entièrement de directions ?

Non. On usera de sa liberté, on abandonnera ce qui se trouve dans le Nouveau Testament, puisque cela condamne les usages actuels, et l’on se jettera dans l’ordre humain, c’est-à-dire, on façonnera les choses à son gré. On ne prétend pas dire par là qu’il est des choses qu’à cause de notre faiblesse nous ne pouvons pas faire ; ce que nous ne nions pas et ce dont nous nous humilions. Non ; on veut un tout autre principe, savoir, mettre de côté la Bible et l’ordre humain.

 

5.3.8        [Plymouthisme, un sobriquet donné à la fidélité chrétienne et à l’obéissance à l’autorité de la Parole de Dieu]

Si c’est là le principe qu’on oppose à ce qu’on appelle le Plymouthisme, tandis que ce Plymouthisme décrié reconnaît la présence du Saint-Esprit comme un esprit d’union, de puissance et d’ordre, et qu’il reconnaît la Parole de Dieu comprise par le secours de cet Esprit, comme règle suffisante donnée de Dieu pour tous les cas, et notamment pour conduire des cœurs réchauffés et des consciences soumises dans une marche agréable à Dieu, au sein de l’Église que cet Esprit a rassemblée dans son unité pour être l’épouse fidèle de Christ, on ne fait, en discréditant nos vues par le nom de Plymouthisme, que nous couvrir, aux yeux des âmes simples, d’un sobriquet donné par l’ennemi à la fidélité chrétienne et à l’obéissance à l’autorité de la Parole de Dieu. Qu’on dise ce qu’on voudra, pourvu que, pour ma part, je puisse réaliser ce qu’on rejette.

 

5.3.9        [L’autorité de l’Écriture n’est pas restreinte aux choses nécessaires au salut]

Citons encore La Réformation, du 29 octobre 1846 :

« Ceci nous amène à l’autre erreur fondamentale du Plymouthisme, nous voulons dire l’usage qu’il fait de la Parole de Dieu. Le principe évangélique, celui de la Réformation, c’est l’autorité exclusive des Saintes-Écritures, et, par suite, l’assertion que ces Écritures sont pleinement suffisantes. Toutefois, il va sans dire que, par-là, les Églises de la Réformation entendent une autorité dans la sphère des choses dont parle la Bible (*), une lumière suffisante dans les questions qui tendent au salut. On ne l’a jamais entendu, on ne l’a jamais exprimé autrement... Mais ... le 16ième siècle lui-même n’a pas toujours été conséquent.

 

(*) La Bible ne parle-t-elle pas de l’Église et de l’ordre qui lui convient ?

 

« L’Écriture est suffisante pour tout ce qui tient au salut. Telle est la maxime protestante. Mais, en appeler dans les questions ecclésiastiques à l’autorité de l’Écriture, exiger de l’Écriture des lumières sur ces questions au nom de sa dignité de règle unique des chrétiens, c’est faire entrer des points de forme et d’organisation au nombre des choses nécessaires au salut (*). Or, n’est-ce pas encore le principe catholique, hors de l’Église, c’est-à-dire d’une forme particulière d’Église, point de salut. Ces notions si profondément antiévangéliques sont bien plus répandues qu’on ne croit ».

 

(*) Voici donc émis en toute netteté et nudité le principe que la Bible n’est d’autorité et qu’elle n’est obligatoire que dans ce qui est de toute nécessité pour le salut. Qui donc fixera la limite de ce qui est de toute nécessité pour le salut ? — « Celui qui croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu ». Voilà donc le seul point sur lequel la Parole de Dieu sera d’autorité, irrécusable et obligatoire ! Quel principe affreux !

 

5.3.10    [Pour justifier les systèmes religieux basés sur la propre volonté de l’homme, on dérobe à Dieu le droit de s’adresser directement à l’homme dans la Bible]

On ne peut trop rendre les chrétiens attentifs à la nature glissante du terrain sur lequel les ont placés les systèmes actuels et ceux qui cherchent ou à les conserver, ou à les modifier en y introduisant une nouvelle vie. Impossible de maintenir ces systèmes, si l’on maintient l’autorité de la Bible. Aussi met-on la Bible de côté pour admettre les systèmes ou pour les garder. Le catholicisme, auquel on voudrait nous assimiler, ne cherche pas sa constitution dans la Bible. Il fait dépendre la Bible de l’autorité de l’Église, c’est-à-dire qu’il dérobe à Dieu le droit de s’adresser lui-même à la conscience et de rendre l’homme directement responsable de ce qu’il a entendu, et il déclare de fait que ce que Dieu a dit et fait à cet égard est défectueux. Pour le catholique, l’Église et ses formes précèdent la Bible qu’il reçoit des mains de l’Église. Pour le catholique, les formes ne doivent pas être jugées par la Bible, ce qui est précisément le principe de nos adversaires. Il y a toutefois entre les catholiques et eux cette différence-ci. Les catholiques appellent leur système l’ordre divin, en respectant Dieu de nom. Nos adversaires appellent le leur l’ordre humain, n’ayant d’autre principe que leur propre volonté.

 

5.3.11    [Autorité de Christ et puissance active du Saint Esprit pour produire dans l’Église l’ordre, la liberté et la bénédiction]

Ici encore, il s’agit non d’une forme quelconque, mais de la puissance de laquelle dépend ce qui est légitime à cet égard, et de la règle qui doit diriger l’action et les effets de cette puissance dans les hommes, afin que nous ne nous en écartions point. Nous disons : Christ est Fils sur sa propre maison ; le Saint-Esprit est celui qui agit dans l’Église pour y produire, par sa présence divine, l’ordre, la liberté et la bénédiction qui conviennent à la maison du Fils de Dieu. Et là où est l’Esprit, là est la liberté.

 

5.3.12    [Dieu a pris la peine de donner par écrit les directions, lumières et avertissements correspondant aux besoins de l’homme. Cela maintient dans la dépendance, contrairement à un code ou une loi]

Toutefois, on ne peut se fier à l’homme non inspiré comme vase des pensées de l’Esprit ; et Dieu, dans sa grâce, a pris la peine de nous donner des directions, des lumières, des avertissements écrits, dont nous le bénissons du fond de nos cœurs, tout en nous défiant de nous-mêmes. Nous croyons parfaite sa Parole avec l’instruction de son Esprit. Nous croyons qu’elle contient tout ce dont le chrétien a besoin, et cela selon l’ordre et l’importance du sujet, selon la place qu’il occupe dans les pensées de Dieu, et selon sa parfaite grâce dans les besoins de l’homme ; pour les choses éternelles, des vérités éternelles ; pour les moyens à employer, des directions qui conviennent à un ordre de choses inférieur, mais qui formulent l’existence sur la terre de ce qu’il y a sur la terre de plus précieux à Dieu. Ce n’est ni une loi, ni un code, parce que l’homme ne serait pas capable de s’en servir, et parce que Dieu ne veut pas (et c’est en grâce qu’il ne le veut pas) nous exposer aux risques de sortir, soit d’une dépendance continuelle envers lui, soit des rapports vivants avec un Être, un Dieu vivant. Ce Dieu, infini dans sa sagesse, a su donner ce qui dirige parfaitement, dans la dépendance de Lui, l’homme spirituel qui, ayant l’Esprit du Seigneur, peut comprendre la pensée et la volonté de cet Esprit. Il a su accommoder ses instructions écrites à ses propres perfections et à l’homme qui a l’Esprit ; car celui-ci discerne toutes choses (1 Cor. 2:15-16) (*), de sorte que, pour lui (**), ces instructions sont parfaites, complètes et divines ; et parce qu’elles sont divines, elles sont au-dessus de la portée de l’homme naturel qui ne s’en servirait jamais en y cherchant un code, quoiqu’elles renferment tout ce qui, dans tous les temps, gouverne toutes les relations entre Dieu et l’homme ; mais ces relations sont étrangères à l’homme naturel.

 

(*) « L’Esprit sonde toutes choses, mêmes les choses profondes de Dieu ».

 

(**) Ceci est vrai même pour le plus faible chrétien ; seulement, cela se borne à ce qu’il en a réalisé, Dieu ne permettant pas qu’il soit tenté au-delà de sa force.

 

5.3.13    [La Bible donne des instructions positives ou des principes moraux, tant pour la conduite individuelle que pour l’Église ; elle suffit pour toutes les situations. La volonté se soumet, les directions exercent le cœur et la foi]

En outre, les instructions données à l’Église, aussi bien que celles données au chrétien pour sa marche individuelle, sont des instructions morales pour des circonstances morales. Elles n’ont point en vue des cérémonies et ne peuvent être un code. Dans tel acte de l’Église, mille principes moraux peuvent exercer leur influence, et, d’autre part, mille cœurs et mille consciences auront à s’y soumettre. Or, ces principes moraux sont dans la Bible. En certains cas, la Parole étant positive, la volonté de l’homme n’a rien à faire qu’à se soumettre. En d’autres, voulant que le cœur soit exercé et la foi mise à l’épreuve, elle ne donne que des directions destinées à agir sur le cœur et sur la foi, et parfaitement suffisantes d’ailleurs pour produire leur effet chez ceux en qui le cœur agit selon ce qui est dit ; car Dieu, le Dieu vivant est toujours là. C’est cette dernière vérité qui change tout, et c’est celle qui est entièrement oubliée par la classe de chrétiens auxquels nous répondons maintenant.

Au reste, les règles données pour la conduite individuelle sont tout aussi morales que celles données pour l’Église. Elles ne forment néanmoins pas un code. Quelquefois il y a des règles et des relations exactes et positives ; quelquefois, des principes ; un code, jamais. Lisons-nous, par exemple : « Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente lui aussi l’autre », cela nous dirige parfaitement et profondément. Le Seigneur toutefois n’a pas fait cela ; il a répondu paisiblement. Il n’y a pas un code qui, par des directions littérales, décide chacun des cas qui se présentent. La Parole de Dieu ne fournit-elle donc pas des directions suffisantes pour la pratique ? Il suffit pour le salut de croire que Jésus est le Christ ; au moins, celui qui croit que Jésus est le Christ est-il né de Dieu.

Enfin, voici ce qui en est : « Si ton œil est net, tout ton corps sera plein de lumière… Si donc tout ton corps est éclairé, n’ayant aucune partie ténébreuse, il sera éclairé partout comme lorsque la lampe t’illumine de son éclat » (Luc 9:34-36). Dieu ne veut pas qu’il en soit autrement. Or, il n’y a dans la Bible que ce qui est nécessaire, lorsque le cas auquel cela s’applique se présente. L’homme vit de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ; et, si la Parole de Dieu ne suffit pas pour toutes les circonstances et dans toutes les occasions, l’homme, privé de la sagesse de Dieu, se fourvoiera dans les landes désertes où Satan et sa propre volonté l’auront conduit.

 

5.4        Chapitre 4 — Sur l’Administration de l’Église [l’Écriture et les dons pour l’accroissement et l’union du corps, en temps de ruine comme au commencement]

Pour ce qui concerne l’administration de l’Église, voici les grands principes qui se trouvent dans la Parole de Dieu.

 

5.4.1        [Dieu a donné les dons et les règles et formes nécessaires à la marche de l’Église, mais certains pensent que cela ne nous concerne pas aujourd’hui, Dieu ayant abandonné son Église]

Pour l’appel, et pour les besoins spirituels de cette Église, Dieu a donné certains dons qui agissent pour l’accroissement et pour l’union du corps dans tous les temps. Les formes n’y sont pour rien. L’ordre est toujours moralement voulu de Dieu, et la Parole y pourvoit là où il en est besoin (1 Cor. 14 ; Rom. 12 ; 1 Pierre 4). Par la corruption de l’homme, l’Église peut se trouver dans un état de délabrement ; mais, s’il en est ainsi, la Parole de Dieu suffit aussi dans ce cas à l’homme spirituel pour le mettre en état d’en juger et pour se diriger dans les circonstances où il se trouve.

C’est ce que nient nos opposants. Ils disent qu’au commencement Dieu a donné des règles et des formes nécessaires à la marche de l’Église, mais que ces formes ne nous concernent pas.

Elles étaient, il faut bien dans ce cas le supposer, aussi nécessaires que bonnes en ce temps-là, puisque Dieu les avait données par inspiration ; mais aujourd’hui, bien qu’il en eût démontré la nécessité, Dieu a abandonné son Église sans lui laisser pour sa marche de direction quelconque.

 

5.4.2        [La base : l’Église est corps de Christ glorifié et elle est formée par le Saint Esprit descendu du ciel quand Christ a été glorifié]

Examinons donc le témoignage positif de la Parole sur ce sujet.

La Parole de Dieu nous présente une Église formée sur la terre (*) par la puissance du Saint-Esprit, descendu du Ciel lorsque le Fils de Dieu s’y est assis en gloire, ayant accompli l’œuvre de la rédemption. Cette Église est une avec son chef. Elle est le corps dont Christ, monté en haut et assis à la droite du Père, est la tête (Éph. 1:20-23).

 

(*) Nous en avons déjà donné les preuves, pages 65 à 70.

Voici des passages à consulter à ce sujet :

Jean 11:52 ; 7:39.

Éph. 2:14-22 ; 3:5-6 ; 4:4-16.

1 Cor. 12:12-13.

 

Cette précieuse rédemption a donné lieu à l’établissement de l’homme dans cette gloire dans le Ciel, à la manifestation de cette gloire, telle qu’elle est en Jésus, et à la participation de pauvres pécheurs à cette gloire même.

 

5.4.3        [Le Saint Esprit est le lien vivant et puissant du corps avec Christ. Le ministère tient à la fidélité de Christ pour ce corps qu’Il nourrit et chérit]

Au nom de Celui qui a accompli la rédemption et qui est assis dans la gloire, l’Esprit descendu comme témoin de ces choses, a appelé ces pécheurs à sortir du monde qui l’avait rejeté, et à jouir de la grâce infinie qui les avait ainsi appelés selon les conseils de Dieu et les avait lavés dans le sang de celui que le monde a crucifié. Ce même Esprit qui, par le moyen de ceux que Dieu avait choisis, avait ainsi appelé les pécheurs et leur avait communiqué la vie, les a aussi unis en un seul corps, dont ce Christ glorifié est la tête, dont l’Esprit lui-même est le lien avec Christ, et dans lequel il sert de lien entre les membres, les uns avec les autres. Mais ce lien est un lien vivant et puissant, et il agit par une opération divine dans les membres. Les membres individuellement et le corps collectivement sont son temple.

La Parole montre que c’est là la base et la source de tout vrai ministère.

Le ministère est ainsi lié à l’existence de l’Église de Dieu et à l’amour de Christ pour ce corps qu’il nourrit et chérit comme sa propre chair. Par ses infidélités, l’homme a pu gâter le développement de ce ministère et de la vie de l’Église ici-bas, ainsi que le développement de la manifestation de la vie dans l’individu ; mais l’existence du ministère tient à l’existence même de l’Église, et à la fidélité du chef avec lequel elle est une.

En conséquence, affirmer que l’enseignement des apôtres au sujet du ministère et de son action ne s’applique pas aux siècles postérieurs, c’est dire qu’il n’y a plus ni corps de Christ, ni fidélité dans son chef pour le nourrir.

Cela ne se peut ; aussi le Consolateur demeurera-t-il éternellement avec nous.

 

5.4.4        [Bien des choses sont perdues (langues, miracles), mais le fond, le ministère qui appelle et nourrit, existe toujours (1 Cor. 12 & 14, Éph.4, Rom.12, 1 Pierre 4v10-11)]

En fait, bien des choses sont perdues. On ne parle plus des langues ; on ne fait plus de miracles. Ce qui se rattachait au témoignage extérieur et établissait l’autorité de la Parole ne se retrouve plus aujourd’hui ; mais le fond de la chose, c’est-à-dire le ministère qui appelle et qui nourrit, existe toujours. Le douzième chapitre et le quatorzième de la première Épître aux Corinthiens, le quatrième chapitre de celle aux Éphésiens, le douzième de celle aux Romains, et les versets 10 et 11 du quatrième de la première Épître de Pierre renferment des enseignements dont la force subsistera aussi longtemps que l’Église sera sur la terre. On devra tenir compte d’autres passages qui révèlent à la conscience et au cœur notre position actuelle devant Dieu, et qui, à divers égards, modifient l’application des premiers ; mais, jusqu’à ce que nous parvenions tous à la mesure de la stature de Christ, celui-ci nourrira l’Église pour son accroissement, et l’Église croîtra par ce moyen.

Or, c’est ce ministère, son action, les règles qui s’y rapportent, qui sont en question.

Quant à l’organisation, on ne nous reproche guère d’y insister trop.

 

5.4.5        [La puissance du ministère des apôtres a disparu ; aux temps fâcheux des derniers jours, le cœur et la foi sont dirigés vers l’Écriture, pour toute bonne œuvre, y compris le ministère et l’administration de l’Église, malgré qu’on s’en moque comme d’un code]

Pour mon compte, il est évident que la venue de Christ était devant les yeux des apôtres, et cela, tout en soignant l’Église d’une manière infatigable, et en veillant à ce que ces soins ne lui manquassent pas. Mais les apôtres ne pouvaient pas faire que la puissance, et ils l’avaient, que la puissance de leur ministère continuât après leur mort. Voyez ce que Paul dit aux Éphésiens (Actes 20:22-30), et ce que Pierre enseigne (2 Pierre 1:14-15). Or, le royaume de Dieu est en puissance. La puissance du ministère des apôtres a disparu, et la conséquence en a été peu à peu la corruption de l’Église et un désordre affreux ; de sorte que l’on a vu ce qui s’appelait l’ordre et les ordres devenir le siège de la puissance de l’ennemi, et, ce qui s’appelait l’Église, être ce que la vérité avait à combattre.

Or, dans les temps fâcheux des derniers jours, lorsqu’il y aura la forme de la piété dont on a renié la force, vers quoi l’apôtre, à la vue de tout ce qui, devant son œil prophétique, surgissait dans l’Église, dirige-t-il son cher Timothée, son fils dans la foi, ce cœur dévoué dans lequel il répandait le sien ? Voici quel langage il lui tient : « Pour toi, demeure ferme dans les choses que tu as apprises et qui t’ont été confiées, sachant de qui tu les as apprises... Toute l’Écriture est divinement inspirée et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger et pour instruire selon la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement instruit pour toute bonne œuvre ». Or, il est bien certain que ceci va beaucoup plus loin que des directions pour la marche de l’Église, que cela embrasse tout. L’homme de Dieu n’est pas simplement un chrétien ; c’est un homme agissant dans l’œuvre et dans l’Église de Dieu. C’était bien le cas de Timothée, à qui l’Épître s’adresse, et à qui Paul dit : « Toi, homme de Dieu » (1 Tim. 6:11). Il devait savoir comment se conduire dans la maison de Dieu (1 Tim. 3:15).

Or, pour ces temps postérieurs au départ de l’apôtre, temps où ses soins immédiats manqueraient à l’Église et où le mal irait croissant, vers quoi l’apôtre dirige-t-il la foi de l’homme de Dieu ?

Précisément, vers l’Écriture divinement inspirée, vers ce qu’on nous dit ne pas faire loi, vers ce dont (vraiment il faut le dire) on se moque comme d’un code, vers ce que Timothée avait appris de lui (et où apprendrions-nous de lui, si ce n’est dans la Parole écrite ?) ; vers les Écritures enfin, afin qu’il fût accompli et prêt à toute bonne œuvre. Or, je pense que le travail du ministère et les soins de l’Église sont une bonne œuvre ; au moins l’apôtre le dit-il expressément à Timothée (1 Tim. 3:1).

C’est également à Dieu et à la Parole de sa grâce, que, dans des circonstances semblables, l’apôtre recommande les anciens d’Éphèse (Actes 20:29-32).

Tout ceci se rapporte à l’administration de l’Église.

 

5.4.6        [Ne pas prétendre faire ce que Dieu ne nous a pas confié (nomination d’anciens)]

Si donc nous ne pouvons faire certaines choses, ce n’est pas que l’autorité de la Parole nous manque sur ces choses-là, ni que ce ne soit notre bonheur de posséder ces précieuses directions dans lesquelles Dieu nous a fait voir qu’il pensait aux moindres besoins de son Église ; mais c’est que nous reconnaissons notre faiblesse ; c’est que nous ne prétendons pas faire ce que Dieu ne nous a pas confié. Ainsi, par exemple, je ne prétends nommer ni anciens ni diacres. Si d’autres prétendent avoir le discernement spirituel et l’autorité nécessaires pour cela, qu’ils le fassent ; mais c’est ce dont je n’ai pas reconnu les preuves, tant s’en faut. De plus, celui qui aurait une telle prétention, me paraît ne comprendre du tout ni l’état de l’Église, ni les pensées de Dieu, agir contre la volonté de Dieu, et manquer précisément de ce qui est nécessaire pour diriger l’Église, savoir, de l’intelligence des pensées de Dieu. Est-ce que je méprise les fonctions d’ancien et de diacre ? Est-ce que j’aime le désordre ? Loin de là. Et, si je ne prétends établir personne dans ces charges-là, je reconnais, en bénissant Dieu de tout mon cœur, les qualités voulues pour elles quand elles sont manifestées. Je leur prête tout l’appui moral que peut leur fournir le respect spirituel à l’égard de ce que Dieu leur a donné, et je m’associe à eux autant qu’il m’appartient de le faire. Et la Parole me fournit des directions à ce sujet. Elle engage à reconnaître ceux qui travaillent, ceux qui s’adonnent au service (diaconat) des saints, de leur être soumis (1 Thess. 5:12-13 ; 1 Cor. 16:15 ; Héb. 13:7-17 ; 1 Pierre 5:2-6). Je ne traite pas ici ce sujet au long, mais seulement dans ses rapports avec l’autorité de la Parole, en bénissant Dieu de ce qu’elle fournit elle-même la réponse à tous ses adversaires, de quelque part qu’ils s’élèvent.

 

6         CONCLUSION [ligne de conduite pour les temps de la fin]

6.1        [Se fier à la Parole de Dieu comme à un guide certain. Ne pas se décourager à cause de l’opposition ou du petit nombre]

Vous, chrétiens, qui prenez la Parole pour guide, pour conseil, qui trouvez en elle un don précieux que Dieu nous fait et une lumière parfaite dans tous les cas, ne vous découragez pas. Si vous rencontrez de l’opposition et si le nombre des personnes qui veulent suivre cette voie est petit, n’en soyez pas étonnés. « La foi n’est pas de tous » (2 Thess. 3:2).

Et là où il y a de la foi, que de choses, hélas ! tendent à obscurcir la vie spirituelle, à empêcher que l’œil ne soit net, à nous faire dire : « Permets-moi d’aller premièrement, etc. ! » (Luc 9:59).

Mais, la foi est toujours bénie. L’œil net jouit toujours de la douce et précieuse lumière de Dieu. La Parole suffit à rendre tout homme accompli ; et, si l’on veut faire des distinctions, elle suffit non-seulement à le sauver, elle suffit encore à le rendre sage à salut et, de plus, à le rendre accompli et prêt à toute bonne œuvre.

Qui que vous soyez, chers et bien-aimés frères, confiez-vous à cette Parole. Souvenez-vous seulement que, pour en profiter, il vous faut le secours et l’instruction du Dieu vivant. Vous ne sauriez ni y apprendre la grâce et la vérité, ni vous en servir, à moins que l’Esprit de Dieu ne vous instruise. Tout le langage, toutes les idées de la foi, de la vie chrétienne s’y trouvent ; mais vous avez les soins d’un Maitre vivant et divin. Elle est, cette Parole, l’épée de l’Esprit.

 

6.2        [Même avec des formes de piété et de zèle, ceux qui s’opposent à une marche selon la Parole repoussent les vérités fondamentales sur l’Église, l’Esprit et la Parole de Dieu]

Quelles que soient d’ailleurs les formes et les allures de la piété, qui se trouvent en eux, et le zèle qui les pousse, vous trouverez que ceux qui s’opposent à une marche qui réclame la Parole de Dieu comme autorité en toutes choses, laissent de côté ou repoussent et ne comprennent pas les vérités suivantes :

● Premièrement, la doctrine de l’Église de Dieu, corps de Christ, une sur la terre, Épouse de l’Agneau.

● Secondement, la présence et la puissance de l’Esprit de Dieu, agissant dans les enfants de Dieu et les dirigeant ; spécialement, la présence du Saint-Esprit dans le corps, l’Église ici-bas, y agissant et le dirigeant, ainsi que tous ses membres, au nom de Celui qui en est le Chef.

● Troisièmement, l’autorité et la suffisance de la Parole de Dieu.

 

Ces chrétiens échappent, d’un côté ou de l’autre, à l’autorité de la Parole de Dieu. Ils l’admettent, comme protestants, pour s’y soustraire comme croyants, comme membres de l’Église, comme disciples ; et ce qu’ils organisent n’en découle nullement, ainsi que la Constitution de l’Église Libre du canton de Vaud nous en a fourni la preuve.

Vous verrez aussi qu’en général, chez les chrétiens dont nous parlons, le clergé remplace le culte. Il y a, à la vérité, quelque changement et quelque progrès sous ce dernier rapport. L’Esprit de Dieu produit des besoins ; mais, il n’y aura jamais une réponse vraie et bénie à ces besoins, à moins d’admettre avec foi les principes rappelés plus haut.

 

6.3        [Si on possède la vérité sans y marcher, on fortifie les opposants. Cœur large dans un sentier étroit. La présence de Dieu donne fermeté, confiance, humilité et droiture]

Pour vous, chers frères, qui avez compris ces choses, j’ajouterai un avertissement.

On peut avoir ces précieuses connaissances nécessaires pour marcher avec intelligence devant Dieu (Éph. 5:15) ; mais on peut les avoir, s’en vanter, les proclamer, et avec tout cela repousser les âmes modestes désireuses de marcher, et les jeter aux mains de ceux qui ne veulent pas qu’elles marchent suivant ces connaissances. Il faut que nous marchions nous-mêmes dans le sérieux, dans la modestie, dans l’amour que produit la présence de Dieu. Cela suppose la foi et la vie dans l’âme. Où cela se trouve, la bénédiction ne manque pas à ceux qui y marchent. Sans que cela justifie l’incrédulité ou l’opposition des autres, si vous présentez la vérité de manière à ne pas glorifier Dieu, vous leur donnez de la force et de l’influence contre elle. Des principes ne suffisent pas ; il faut Dieu. Sans cela, des principes puissants ne sont qu’une épée dans la main d’un enfant ou d’un homme ivre ; mieux vaudrait la lui ôter, ou que, du moins, il n’en fit pas usage jusqu’à ce qu’il fût sobre. Montrons les fruits de nos principes. Soyons fermes dans la vérité. Il faut être fermes. Plus les uns s’opposent à la vérité, plus les autres professent vouloir la posséder, et s’accommodent, sans que leur conscience s’y soumette franchement, aux besoins qu’elle a produits en d’autres personnes, et ces deux cas-là se présentent, plus nous avons à nous tenir dans le chemin étroit qu’elle a jalonné dans la Parole pour nos âmes, selon la grâce et la puissance du Saint-Esprit qui nous a sanctifiés pour obéir à Christ. Que nos cœurs soient larges et nos pieds dans le chemin étroit. Souvent, lorsqu’on parle de charité, les cœurs sont étroits et les pieds suivent le chemin qui leur convient. C’est ce qui rend le cœur étroit, parce que la conscience n’est pas à son aise, et l’on n’aime pas ceux qui mettent cela en évidence. La présence de Dieu, et c’est ce dont nous parlons, donne la fermeté, la soumission pratique à la Parole, la confiance dans les voies de Dieu, une confiance en Dieu lui-même qui tranquillise l’âme dans les peines du chemin, qui fait qu’on ne cherche pas à faire prévaloir les principes par des voies détournées et par des moyens humains ; elle donne, enfin, de l’humilité et de la droiture. Dieu saura faire valoir ces principes, là où il agit dans sa grâce. Seulement, que nous en manifestions la puissance ; il fera tout le reste.

Oui, chers frères, la vie, la présence de Dieu, voilà ce qui, par l’opération du Saint-Esprit en nous et dans les autres, donne de la force aux vérités qui nous sont confiées, quelles qu’elles soient. Mieux vaudrait-il que ces vérités ne fissent pas de chemin, que de sortir nous-mêmes de la présence de Dieu pour les faire valoir.

 

6.4        [Ne pas se fier aux efforts humains en vue de l’unité / union. Réaliser présentement la vérité (et la puissance) de l’Église, de l’Esprit, de la Parole et de l’attente pratique de Jésus]

Le besoin de l’unité et de l’action spirituelle se fait sentir. Vous verrez surgir des efforts humains destinés à produire des choses qui répondent à ce besoin. Ne vous y fiez pas, l’Église, l’Esprit, la Parole, l’attente pratique de Jésus, voilà les choses dont vous avez à réaliser présentement la vérité et la puissance. En attendant la venue de Jésus, comme objet immédiat des affections spirituelles du cœur, voilà ce dont nous avons à nous préoccuper.

Il y a des systèmes de toute espèce : le national, le libre, celui de l’alliance évangélique (*) et d’autres. Lorsqu’on retient fermement la vérité, tout cela est jugé dans l’âme sans violence et sans bruit. Rien de tout cela ne peut s’accorder avec les choses dont j’ai parlé. Seulement, soyons certains que Dieu honorera la foi personnelle partout où il la trouvera. Ayons ainsi le cœur large, prêt à reconnaître Dieu partout où il agit ; mais ne nous laissons pas tromper par les apparences. Ni les uns ni les autres de ces systèmes ne peuvent être l’Épouse de Christ, ni la demeure de l’Esprit dont parle la Parole ; ils ne peuvent non plus agir purement selon la Parole.

 

(*) Je dirai un mot sur l’Alliance Évangélique, parce qu’on cherche à gagner les âmes sous le doux nom d’union.

Les bases de cette alliance sont toutes différentes de celles que l’Esprit de Dieu aurait posées et pourrait poser, quoique le besoin qui a suggéré cette alliance ait été, je n’en doute pas, produit en grande partie par cet Esprit. Comme d’ordinaire, l’homme a cherché à arranger les choses à sa façon. Et d’abord, le clergé a été posé comme principe fondamental. Un second principe établi a été qu’en devenant membre de l’Alliance, personne n’était censé, ni renoncer à la secte à laquelle il appartenait, ni renoncer à mettre en avant ses principes particuliers, condition sans laquelle l’union eût été impossible. Le docteur Chalmers a beaucoup insisté pour que l’on agit ensemble, disant que, sans cela, l’Alliance n’aurait pas de vitalité et ne tiendrait pas. On n’a pas osé suivre ce conseil et il a été décidé que ce point serait laissé de côté ! Plus tard, les membres anglais de l’Alliance ont décidé de n’y admettre aucun possesseur d’esclaves, mesure qui a exclu un certain nombre de chrétiens des États-Unis. On a été ainsi conduit à subdiviser l’Alliance en un certain nombre de districts nationaux, et à renoncer à une union générale.

Peut-on dire que c’est là l’unité de l’Esprit ?

Quant aux doctrines reconnues par l’Alliance, elles renferment trop ou trop peu pour servir de terrain commun à tous ceux que l’on prétend réunir.

Il est assez inutile d’entrer dans d’autres détails ; car, sauf une grande réunion annuelle, beaucoup de discours et quelques réunions locales de lecture d’où sont exclus les quakers, les frères dits de Plymouth, et, par une raison ou une autre, la plupart des chrétiens, cette Alliance ne fait à peu près rien.

En France, sous le nom d’Union évangélique, l’Alliance n’est qu’un instrument de cléricalisme et d’exclusisme [exclusivisme], et même, à ce qu’il me paraît, sans trop de bonne foi. Je dis cela, parce que, si l’on prétend chercher l’union de tous les chrétiens, et qu’on se serve de cette prétention pour en faire un instrument d’exclusisme [exclusivisme], je ne puis appeler cela de la bonne foi. En preuve de ce que j’avance, je mentionnerai les communications exclusives faites à ceux qui sont censés être du clergé ; je mentionnerai le-fait que l’on présente à ceux qui veulent devenir membres de l’Alliance, un engagement à signer par lequel ils s’obligent à ne pas assister à une réunion tenue par quelqu’un des frères professant les principes qu’on appelle Plymouthistes. Cet engagement est-il exigé partout ? Je ne sais. Ce que je sais, c’est qu’on l’exige ; et il est certain que ceux qui agissent dans l’Union et pour l’Union se servent avec activité de l’Union dans le but indiqué. Qu’on s’oppose à des vues que l’on n’approuve pas, il n’y a rien là de surprenant, et cela se comprend bien ; mais arborer l’union pour atteindre ce but sous le prétexte de l’union, c’est ce que je puis comprendre, mais ce que je ne saurais honorer.

 

6.5        [S’attacher seulement à ce que la venue du Seigneur ne va pas détruire]

Or, chers frères, Dieu ébranle tout hormis le royaume qui ne saurait être ébranlé. Il ôtera tout, sauf cela. Pourquoi bâtir ce que sa venue détruira ? Tenons-nous fermement dans la parole de sa patience. Il ne possédait pas, il ne possède pas encore le fruit du travail de son âme. Tout ce qui n’est pas cela périra ; attachons-nous à ce qui ne doit pas périr. Toute autre chose nous distrairait. Impossible que je jouisse pleinement de la venue de Jésus comme d’une promesse, si je cherche à bâtir des choses que sa venue détruira. Son Église sera ravie vers lui. Son Esprit en sera à jamais la puissance. Sa Parole demeure à toujours. Tenons-nous y. Nous ne perdrons ni notre peine (1 Cor. 15:30-32), ni le travail de la foi, quoique cette Parole soit sans doute la parole de sa patience.

 

6.6        [Affermissement de la foi au vu des événements. Vive attente de la venue du Seigneur et marche comme citoyens du ciel]

Que d’événements, depuis que ces pages ont été écrites, sont venus donner de la force et de la réalité aux vérités révélées sur l’Église, l’Esprit, la Parole et l’attente pratique de Jésus ! Qu’on est heureux d’avoir reçu en paix, par la foi, ce dont les événements donnent la démonstration, et ce qui devient doublement précieux au milieu de tout ce qui se déroule devant nos yeux ! Et quel affermissement pour la foi que de voir les événements confirmer par des actes de la Providence, ce que, par l’enseignement de l’Esprit, nous avons cru et reçu comme des vérités !

Et, en présence de ces événements, combien les chrétiens doivent chérir et réaliser, plus que jamais, la venue du Seigneur Jésus ! Elle sera la joie journalière de nos âmes, et un puissant moyen aussi de nous affermir dans la paix et dans une marche sûre et chrétienne. Sachons en appliquer la puissance à toute notre marche. Souvenons-nous qu’un héritage incorruptible, qui ne se souille pas, est réservé dans les Cieux pour nous qui sommes gardés par la puissance de Dieu par la foi, pour le salut prêt à être révélé [1 Pierre 1]. Et, en attendant, souvenons-nous que Christ a dit : « Mon règne n’est pas de ce monde », et que nous-mêmes nous ne sommes pas de ce monde, comme Christ n’était pas de ce monde. Nous sommes morts et ressuscités avec lui. Appliquons ces témoignages de la Parole à toute notre marche, nous souvenant que notre bourgeoisie [citoyenneté] est dans les Cieux, d’où nous attendons comme Sauveur le Seigneur Jésus qui transformera nos corps vils à la ressemblance de son corps glorieux. En marchant tranquillement avec Jésus, le Dieu de paix demeurera avec nous. Rien ne nous sépare de son amour. Il peut nous laisser châtier s’il y en a besoin, mais il n’abandonne jamais le gouvernement de toutes choses. Jamais un passereau ne tombe à terre sans notre Père. Le Seigneur Jésus marche sur la mer agitée comme sur la mer calme. Nous ne saurions, sans lui, marcher ni sur l’une ni sur l’autre.

 

6.7        [Des vérités qui stimulent le zèle et donnent force et simplicité à l’annonce de la Parole]

Gardés dans la communion du Seigneur, bien loin de diminuer dans nos cœurs le prix des vérités élémentaires de l’Évangile, les principes dont j’ai parlé les rendent infiniment plus précieuses, et en même temps beaucoup plus claires. On les annoncera avec plus de force et de simplicité.

Ainsi, la venue de Jésus ranimera notre zèle à appeler les siens, à s’adresser aux pécheurs, à avertir le monde du jugement qui l’attend, et qui l’attend tel qu’il est ici-bas ; elle nous poussera, selon notre mesure, à une sainte activité dans l’Église, afin que l’Église se réveille et se prépare, comme aussi à une sainte activité envers le monde.

Que Dieu nous tienne près de lui et nous garde, vous et moi, mes frères, qui que vous soyez qui aimez le Seigneur Jésus, dans l’attente fidèle et patiente de Jésus qui nous a dit : « Voici, je viens bientôt ! » Amen.