[Page principale | La Bible | la Foi - l'Évangile | Études Bibliques]

 

Observations sur l’écrit intitulé :

 

le Plymouthisme

 

mis en regard de la Parole de Dieu.

 

Darby J.N.

 

Édition G.Kaufmann à Genève et J.Cherbulier à Paris, 1852. Imprimeurs Boehm à Montpellier et Lépagnez à Lyon.

[Ce qui est entre crochets a été ajouté par Bibliquest en vue de faciliter une compréhension rapide de ces textes anciens et ardus.
Le terme « économie » est synonyme de « dispensation ».]

[Cet écrit est une réponse à un écrit de Ch. Saladin, ancien de l’église évangélique à Genève (Ed. Lausanne 1849)]

 

 

[Table des matières :]

1      [Pourquoi la réponse à cet écrit était nécessaire]

2      [Transgressions des hommes et changements de dispensations]

2.1       [Le Judaïsme mis de côté, la nouvelle alliance]

2.2       [Hébreux 8. Changement d’alliance]

2.3       [Matt. 5:18. La dispensation de la loi mise de côté, mais Christ accomplit la loi en portant sa malédiction]

2.4       [Prophéties en rapport avec la question du retrait de l’alliance]

2.5       [La royauté mise de côté]

2.6       [Les Gentils mis de côté à leur tour]

2.7       [Permanence de la dispensation chrétienne ?]

2.8       [Ce qui est déchu est jugé et une toute autre gloire établie]

2.9       [Disparition de l’arche, des urim et des thummim, de la gloire visible de Dieu]

3      [Ordonnances et charges d’anciens dans l’assemblée]

3.1       [Qui a l’autorité pour nommer des anciens ?]

3.2       [Comment appliquer les épîtres à Timothée et à Tite]

3.3       [Le mode de désignation des anciens]

3.4       [Les assemblées n’avaient pas la responsabilité de nommer les anciens]

4      [Résumé des points les plus graves]

4.1       [Le gouvernement de Dieu est en rapport avec la responsabilité de l’homme]

4.2       [Dieu ne rétablit pas ce qui est ruiné mais introduit quelque chose de meilleur]

4.3       [Une sévérité justifiée]

 

1                        [Pourquoi la réponse à cet écrit était nécessaire]

Lorsque fut publié le traité dont ces quelques pages s’occupent, je ne pensais pas qu’il méritât une réponse.

Dans le pays où il a été premièrement placé sous les yeux des chrétiens, le sujet dont il parle avait été amplement discuté dans d’autres brochures, et les chrétiens étaient assez pourvus d’armes pour se défendre contre les erreurs qu’il contient. Le caractère intrinsèque n’en était pas tel qu’il invitât un homme sérieux à y répondre.

Mais, dans d’autres contrées, l’ennemi s’est prévalu du fait que cet écrit est demeuré sans réponse. On l’a réimprimé en France, et on l’a fait circuler dans des lieux où les chrétiens n’ont guère eu l’occasion d’être renseignés sur les points dont il s’agit. Un triomphe est facile, là où il n’y a qu’un parti qui s’engage dans le combat. D’ailleurs, on trouve, par expérience, que la charité ne doit guère supposer que la masse des fidèles juge ce qui se présente sans réponse à son attention, surtout si celui qui le leur présente commande à juste titre leur respect. Heureusement que la plupart des fidèles sont occupés d’autres choses que de questions ; mais, une fois les questions posées, il est bon qu’ils écoutent ce qu’il y a à dire du côté de ceux qui sont attaqués.

Je justifierai ce que j’ai dit de l’insignifiance de la brochure dont je parle, en montrant que, tout en étant écrite, d’après ce que disent des personnes bien informées, par un ancien de la nouvelle Église évangélique de Genève, elle fait preuve d’une ignorance de la Parole, qui aurait dû, ce me semble, engager son auteur à regarder le silence comme le parti le plus convenable, si, du moins, il désire conserver le respect que l’on doit supposer dû à un homme revêtu du caractère d’ancien.

Ma réponse sera très-courte. Je désire ne fatiguer ni mon lecteur, ni moi.

 

2                        [Transgressions des hommes et changements de dispensations]

Laissant de côté toutes les extravagances et toutes les accusations personnelles de l’auteur du traité, je citerai l’exposé qu’il donne (page 6) du système qu’il condamne. Il nous fait dire :

« Les hommes ayant fait défaut aux intentions de Dieu en transgressant, ou mieux encore, en dénaturant les lois et les ordonnances qu’il leur avait données pour leur sûreté, dès-lors Dieu supprimait l’économie déchue pour en substituer une autre ; il y avait par conséquent péché à vouloir rétablir ce que Dieu a supprimé ».

 

Ce n’est pas ainsi que je présenterais ma pensée ; car Dieu est bien loin de supprimer une économie aussitôt que l’homme a fait défaut à son devoir sous cette économie. Dieu use de long support. Il emploie toutes sortes de moyens pour rappeler l’homme à son devoir, jusqu’à ce que, ainsi que la Parole s’exprime, il n’y ait plus de remède. C’est ce qu’il a montré même à l’égard de ceux qui ne jouissaient pas d’une alliance, en annonçant à Abraham que sa postérité descendrait en Égypte ; Dieu ajoute qu’elle ne jouirait pas encore de la Terre promise, parce que l’iniquité des Amorrhéens n’était pas encore arrivée à son comble (Gen. 15:13-16).

L’auteur me pardonnera si je parle franchement ; mais vraiment, il ne sait ce qu’il dit. Si Dieu a supprimé une chose, n’y aurait-il donc pas de péché à vouloir la rétablir ? La conséquence qu’il condamne, en ce qu’il impute aux frères, est parfaitement juste, et ce serait manquer de tout respect pour Dieu que de le nier.

L’auteur dira : Ce n’est pas ce que je nie ; je nie qu’il y ait quelque chose de supprimé. Ce que je nie, ce n’est pas la conséquence, mais le fait même d’où on la tire. Dieu n’a rien supprimé. La proposition est donc vraie et incontestable. On ne conteste que le fait sur lequel elle est fondée.

Souvenons-nous, lecteur, que nous parlons d’économies, d’un ordre de choses établi de Dieu, d’après lequel il gouverne les hommes qui sont en relation avec lui.

Dieu n’a-t-il pas supprimé l’ordre de choses appelé le Judaïsme ?

Sommes-nous sous l’économie judaïque ? N’est-il pas vrai que Dieu a substitué l’économie chrétienne à l’économie judaïque ou de la loi ?

Tout le monde sait cela. Et celui qui prétendrait rétablir maintenant l’économie judaïque, serait dans le péché.

L’auteur n’a pas bien connu ce qu’il combat. Il exprime mal ma pensée. Mais encore, ma pensée fût-elle ce qu’il la fait être, s’y opposer comme il le fait ne serait qu’une folie.

Les hommes ayant manqué aux intentions de Dieu, Dieu a supprimé ou mis de côté une économie déchue et y en a substitué une autre. Il y aurait du péché à vouloir rétablir ce que Dieu a supprimé, à moins qu’il ne nous soit permis de redevenir Juifs.

 

2.1    [Le Judaïsme mis de côté, la nouvelle alliance]

Mais, dira-t-on, il est impossible de supposer que l’auteur veuille dire que l’économie judaïque n’ait pas été mise de côté et qu’une autre ne lui ait pas été substituée.

Effectivement, lecteur, personne n’aurait pu le supposer ; mais on peut lire cela dans cet écrit d’un ancien, établi pour « retenir la Parole fidèle selon la doctrine, exhorter par un enseignement sain, et préserver l’assemblée des fausses doctrines ».

Voici ce qu’il dit :

« Au livre du Lévitique (26:14, 15, 16), nous lisons : « Si vous ne m’écoutez pas, et si vous ne pratiquez pas tous ces commandements, et si vous méprisez mes statuts, et si votre âme a en horreur mes ordonnances, de sorte que vous ne pratiquiez pas tous mes commandements, et que vous rompiez mon alliance, moi aussi, je vous ferai ceci, etc… ». Suit l’exposé des jugements réservés à ceux qui auront rejeté les statuts et les alliances, mais pas un mot du retrait des statuts ou des alliances qui auraient été satanisés. Ésaïe dit (30:2) : Il fait venir le mal et ne révoque pas sa Parole. Au Psaume 111, on lit : « Il se souvient à toujours de son alliance ; … tous ses préceptes sont sûrs, Maintenus à perpétuité, pour toujours, faits avec vérité et droiture ». — L’Écriture Sainte est pleine de menaces contre ceux qui pervertiront ou qui transgresseront la loi ; mais rien ne donne lieu de supposer qu’à cause des transgressions, une nouvelle loi doive être substituée à la première ».

 

On a de la peine à supposer une pareille ignorance. Les promesses sans condition faites à Abraham, l’alliance de Dieu traitée avec lui, conditionnelle de Sinaï, la loi dans sa substance morale, les ordonnances et les statuts établis pour un temps parmi les Juifs, et la Parole immuable de Dieu, ainsi que les paroles de Jésus, tout cela, il est vrai, est mêlé ensemble dans cet écrit, comme on peut le voir en comparant ce que je viens d’en extraire avec ce qui y est dit ensuite. Mais je ne veux pas fatiguer mon lecteur en montrant toute la confusion qui y règne. Je m’attacherai au fond de l’assertion de l’auteur : « Pas un mot du retrait des statuts ou de l’alliance » — « Rien ne donne lieu de supposer qu’a cause des transgressions, une nouvelle loi doive être substituée à la première ».

Pour ma part, je ne croyais pas qu’il y eût une personne prenant le nom de chrétien, ou un enfant allant au catéchisme, qui ignorât qu’une nouvelle alliance a dû être substituée à l’ancienne alliance de Sinaï.

 

2.2    [Hébreux 8. Changement d’alliance]

Je vais mettre l’enseignement de la brochure que je viens de citer en regard de la Parole de Dieu.

« Or maintenant Christ a obtenu un ministère d’autant plus excellent, qu’il est médiateur d’une meilleure alliance, qui est établie sur de meilleures promesses ; car si cette première alliance avait été irréprochable, il n’eût jamais été cherché de lieu pour une seconde ; car, en censurant, il leur dit : « Voici, des jours viennent, dit le Seigneur, et je conclurai pour la maison d’Israël et pour la maison de Juda, une nouvelle alliance, non selon l’alliance que j’ai faite avec leurs pères, au jour où je les pris par la main pour les tirer du pays d’Égypte ; car ils n’ont pas persévéré dans mon alliance, et moi je les ai délaissés, dit le Seigneur. Car c’est ici l’alliance, etc… » (Héb. 8:6-10). « En disant : « une nouvelle », il a rendu ancienne la première : or, ce qui devient ancien et qui vieillit, est près de disparaître » (Héb. 8:13).

 

Vous le voyez. Quelqu’un veut, comme ancien, enseigner et retenir la Parole fidèle, et nous dire qu’il n’y a pas un mot du retrait de l’alliance faite avec les Juifs.

Le lecteur attentif peut voir que, dans le chapitre du livre cité par le traité, l’Esprit de Dieu ne dit rien de l’alliance de Sinaï, et revient dans ses promesses à celles faites sans condition à Abraham, à Isaac et à Jacob. (Lév. 25:42 ; comparez aussi És. 6:3-8.) Mais il serait inutile d’entrer dans de pareilles distinctions, en répondant à un écrit qui, en présence des déclarations positives du Nouveau Testament, peut tenir le langage que tient celui-ci.

Remarquez que, selon l’épître aux Hébreux, il y a une première ou vieille alliance, et qu’il y en a une seconde ; que la première était près d’être abolie, et que c’était parce qu’Israël n’avait pas persévéré dans l’alliance que Dieu avait faite avec eux ; c’est-à-dire que l’épître aux Hébreux affirme formellement, en tout point, ce que le traité nie en l’attribuant au système qu’il appelle plymouthien.

L’auteur semble prendre plaisir à employer tous les mots qui peuvent montrer qu’en toute chose il est en flagrante contradiction avec la Parole de Dieu.

Il nous dit non seulement qu’une nouvelle alliance ne peut pas avoir lieu, mais qu’une nouvelle loi ne saurait être substituée à la première.

Voici ce que dit la Parole : « Car la sacrificature étant changée, il y a aussi par nécessité un changement de loi ». « Car il y a abrogation du commandement qui a précédé, à cause de sa faiblesse, et de son inutilité » (Héb. 7:12 et 18).

Le même principe est établi au chapitre 10 : « Il ôte le premier afin d’établir le second » (v. 9).

 

2.3    [Matt. 5:18. La dispensation de la loi mise de côté, mais Christ accomplit la loi en portant sa malédiction]

Mais l’auteur ne se borne pas à dire le contraire de la Parole par ignorance de son contenu ; il faut qu’il la torde en omettant, par une préoccupation qui lui en fait méconnaître la portée, les mots les plus essentiels du passage de Matt. 5:18, qu’il cite : « Car, en vérité, je vous dis : Jusqu’à ce que le ciel et la terre passent, un seul iota ou un seul trait de lettre ne passera point jusqu’à ce que toutes ces choses aient été faites ». Puis, l’auteur ajoute :

« Ou nous nous trompons fort, ou ceci comprend bien l’universalité des économies, des institutions et des ordonnances de l’Éternel autant qu’elles sont contenues dans sa Parole. Quant à nous, nous n’en connaissons pas d’autres ».

 

Tout cela a un défaut, et un défaut des plus essentiels. L’auteur a omis les mots : de la loi. Le Seigneur Jésus dit : « Jusqu’à ce que le ciel et la terre passent, un seul iota ou un seul trait de lettre DE LA LOI ne passera point jusqu’à ce que, etc… ». Puis, après cette omission, l’auteur insiste sur ce que, dans ce passage, il s’agit de toutes les économies.

Le fait est qu’il ne sait pas de quoi il s’agit.

Personne ne doute que la loi et les prophètes ne soient un jour accomplis. Ce n’est pas là la question. La question est de savoir si l’économie sous laquelle la loi dans son entier subsistait comme règle du gouvernement de Dieu, et sous laquelle les prophètes ont exercé leur ministère, n’a pas été remplacée par une autre.

Si les prophètes ont prédit qu’il y aurait une nouvelle économie et une nouvelle alliance, est-ce que la mise de côté de l’ancienne, sous laquelle ils ont prophétisé, et l’établissement de la nouvelle qu’ils ont annoncée, infirme leur parole ? Au contraire, cet événement l’accomplit. Mais l’accomplissement se trouve dans l’abolition de l’économie précédente et dans l’établissement d’une nouvelle.

Si la loi n’amenait rien à la perfection, s’il y a eu l’introduction d’une meilleure espérance fondée sur de meilleures promesses, et si Dieu a introduit cette meilleure espérance (les figures pour le temps d’alors et tout le système fondé sur elles étant supprimés pour faire place à ce qui était meilleur), cela affaiblit-il la portée de ces figures ? Au contraire ; elles sont accomplies dans la réalité préfigurée : mais le système établi sur leur emploi est aboli.

Si la loi, envisagée même dans sa puissance morale et éternelle maudit celui qui l’enfreint, et si Christ a subi cette malédiction, est-ce que cette preuve éclatante de l’autorité de la loi l’affaiblit ? Assurément non. Rien ne lui a rendu un témoignage pareil. Continue-t-elle donc à être le principe selon lequel subsistent nos relations avec Dieu ? Certainement non. Nous serions perdus si cela était. Nous ne sommes plus sous la loi, mais sous la grâce. (Rom. 6:14, 15). « La loi a été ajoutée à cause des transgressions, « jusqu’à ce que vînt la semence à laquelle la promesse est faite » (Gal. 3:19).

 

2.4    [Prophéties en rapport avec la question du retrait de l’alliance]

Ayant ainsi mis dans son vrai jour l’assertion de l’auteur sur le retrait de l’alliance, j’ajoute quelques passages qui démontrent d’une manière claire que, historiquement, Dieu a menacé les Juifs de les mettre de côté en tant que subsistant sous l’économie de la loi, et qu’il les a mis de côté en conséquence de leurs péchés. L’Éternel n’abandonne jamais l’alliance sous condition qu’il a faite avec Abraham, Isaac et Jacob, et il la rappelle souvent en grâce. Lisez : Deut. 4:23-31 ; Deut. 8:19, 20 ; Deut. 28:63 jusqu’à la fin ; 29:28 ; 30:17, 18. Tous ces passages font voir clairement que le jugement est tombé sur Israël à cause de ses péchés. Par ce jugement, les relations formées entre Dieu et Israël sous la loi, relations dont l’existence dépendait formellement de l’obéissance du peuple (Ex. 29:5), ont été entièrement interrompues et même terminées. La première alliance, celle de Sinaï, a été supprimée, abolie, dit l’épître aux Hébreux, pour faire place à une autre.

 

2.5    [La royauté mise de côté]

À l’égard de la royauté, moyen que Dieu a employé dans sa bonté pour soutenir ses relations avec Israël, la Parole déclare la même chose. Les relations d’Israël avec Dieu, par son moyen, ont été rompues par l’iniquité des rois. (1 Chron. 28:7). Le royaume est établi sous condition. Comparez 2 Chron. 7, depuis le v. 17, à la fin du chapitre, où l’on voit que tout le peuple devait subir la conséquence de l’infidélité du roi. On voit (2 Rois 28:26, 27) que, de fait, le jugement d’Israël a été amené par l’iniquité du roi Manassé. Et Israël est devenu Lo-Ammi, c’est-à-dire que les relations entre Dieu et Israël ont été entièrement rompues, et cela, comme les prophètes l’avaient dit et répété tant de fois aux Israélites, à cause de leur iniquité. Et, faites-y attention, l’alliance et l’économie ont été mises de côté. Dieu a usé d’une entière patience; mais lorsque son Fils même, qui aurait pu tout rétablir, a été rejeté par les Juifs, il n’y a plus eu moyen de les maintenir en bénédiction sur l’ancien pied. La vigne a été ôtée à ce peuple et confiée à d’autres.

Nous l’admettons bien, me dira-t-on peut-être ; mais ce sont les vignerons qui ont été punis : l’économie n’a pas été supprimée ; la loi n’a pas été changée.

Sans reproduire les passages déjà cités à ce sujet, je me borne à dire que, si vous dites que nous sommes encore sous la loi, vous ne savez pas ce que c’est que l’Évangile. Si vous dites que nous sommes sous la même économie, vous ignorez ce que c’est que le Christianisme. L’économie judaïque n’est pas l’économie chrétienne, et le Christianisme n’est nullement le système lévitique. Ce système est supprimé. Il est supprimé à cause des péchés de ceux qui auraient dû s’y conformer.

 

2.6    [Les Gentils mis de côté à leur tour]

Nous admettons que cela est arrivé aux Juifs, pourra-t-on peut-être encore dire en abandonnant des assertions dont un enfant pourrait voir l’absurdité ; mais cela ne sera pas vrai des Gentils.

Je réponds encore : La Parole de Dieu dit le contraire. L’Apôtre dit (Rom. 11:22) : « Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu : la sévérité envers ceux qui sont tombés ; la bonté de Dieu envers toi si tu persévères dans cette bonté ; puisque autrement, toi aussi, tu seras coupé ». C’est-à-dire que l’Apôtre nous applique, à nous, ce qui est accompli à l’égard des Juifs. Faites attention aussi que c’est à cause du péché.

Les principes du traité sont donc entièrement antiscripturaires.

Pour s’en convaincre, on n’a qu’à comparer les assertions renfermées dans la page 10 du traité avec les citations que j’ai données de l’épître aux Hébreux, citations dans lesquelles l’Apôtre contredit formellement ce que l’auteur du traité affirme.

 

2.7    [Permanence de la dispensation chrétienne ?]

En outre, l’auteur avance un principe qu’il est important de relever.

« La permanence de l’économie ne dépend donc pas de la fidélité ou de l’infidélité des chrétiens, mais elle demeure indépendante d’eux, maintenue par l’invariable et puissante volonté du Seigneur, et visiblement inscrite dans la Parole ».

Que Dieu fasse tout servir à l’accomplissement infaillible de sa volonté, cela est vrai ; mais se servir de cette vérité pour nier les conséquences de la responsabilité de l’homme placé sous le gouvernement de Dieu sur la terre, ce n’est rien moins qu’un enseignement sain.

L’économie chrétienne, sans aucun doute, « accomplira la période qui lui est assignée ». Ce n’est pas là la question. La question est de savoir si Dieu ne mettra pas fin à cette économie à cause des péchés et de la rébellion de ceux qui auraient dû le glorifier selon les principes de l’économie et les grâces qui y sont accordées. Or, la révélation de Dieu est positive à cet égard. La seconde apparition du Seigneur, à laquelle l’auteur fait allusion, a pour but d’exécuter le jugement sur une apostasie qui a mûri jusqu’à s’élever en rébellion ouverte contre lui. Les rois de la terre feront la guerre à l’Agneau. Il ne sera permis à personne d’acheter ni de vendre, à moins de prendre la marque de la bête. Cette journée terrible ne viendra pas sans que l’apostasie n’arrive et que ne soit révélé l’homme de péché que le Seigneur détruira par son apparition. Cette journée viendra comme un larron dans la nuit. L’Éternel plaidera même contre toute chair. Mais la plus terrible partie de cette terrible journée, et de laquelle le Seigneur reviendra ayant ses vêtements teints avec du sang, ce sera le jugement des apostats et des rebelles.

 

2.8    [Ce qui est déchu est jugé et une toute autre gloire établie]

L’auteur dit : « La foi sera changée en vue et l’espérance en réalité ». Mais il ne sait pas de quoi il parle. Où est-ce que cela aura lieu ? Nous irons à la rencontre du Seigneur dans l’air, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. Mais l’économie sur la terre sera terminée par l’apostasie qui enfantera l’Antichrist et par le jugement, c’est-à-dire qu’elle sera supprimée en conséquence du péché. Selon la menace (Rom. 11) déjà citée, les Gentils n’ayant pas persévéré dans la bonté de Dieu, le système prendra fin par un retranchement. Les passages, dont je viens de donner le résumé, ne sont-ils pas clairs et catégoriques ? Voyez Matt. 13 ; Apoc. 19 ; 2 Thess. 2 ; 1 Thess. 5 ; la fin d’Apoc. 13 ; Ésaïe 66. Au reste, le temps me manquerait pour citer les passages qui démontrent que cette économie se terminera par le jugement exécuté contre ceux qui, ayant été placés sous son influence, auront été trouvés dans l’apostasie et la rébellion. Toute l’Apocalypse n’est que la révélation de ce qui regarde cette grande vérité. La gloire dont il est fait mention dans ce livre n’est pas le rétablissement de ce qui était déchu. Ce qui est déchu est jugé et une toute autre gloire établie.

Sur tous ces points, le traité est, on ne peut plus, en contradiction avec la Parole de Dieu ; et, en combattant la vérité, l’auteur a montré jusqu’à quel point le système qu’il soutient est opposé à la vérité, au témoignage positif de la Parole.

 

2.9    [Disparition de l’arche, des urim et des thummim, de la gloire visible de Dieu]

Dans les détails où une âme simple pourrait trouver plus de difficultés, au sujet du rétablissement de certains moyens de bénédiction qui appartiennent à une économie, lorsque cette économie n’est pas encore retranchée, l’auteur n’est guère plus heureux que pour ce qui concerne l’économie elle-même. Tout ce qui est dit, page 9, à l’égard du rétablissement des Juifs, est presque aussi peu fondé. L’auteur dit qu’il n’y avait que l’arche qui manquât : il se trompe. Il dit que l’arche était un symbole de la présence du Seigneur : il n’en est rien. La présence du Seigneur était, sans figure, dans le temple bâti par Salomon. L’Éternel était assis entre les Chérubins ; l’arche lui servait de marche-pied. L’ensemble de cet objet remarquable était son trône. La présence de l’Éternel se manifestait par une apparence sensible de gloire, qui a été visible à Israël, lorsqu’elle a pris possession du temple. Elle a manqué au temple après la captivité. L’arche manquait aussi, et le sang de propitiation ne pouvait pas être mis sur le propitiatoire. L’Urim et le Thummim, par lesquels le souverain sacrificateur recevait les réponses de l’Éternel, manquaient également. La royauté de la maison de David manquait. Israël était sous la domination des Gentils. Or, la question n’est pas de savoir si, dans sa patience, Dieu a supporté cet état de choses et a béni Israël malgré l’absence de ces moyens de bénédiction, ni de savoir s’il a envoyé en grâce son Fils, dans la personne duquel toutes les bénédictions et tous les moyens de bénédiction ont été réunis. Personne n’en doute.

Ce que l’auteur avait à montrer, c’est que l’homme a pu rétablir ce qui a été perdu par sa faute. Il n’osera pas nier que l’arche, l’Urim et le Thummim, la manifestation de la gloire de Dieu dans le temple, la jouissance de la royauté par la famille de David, n’aient été perdus par la faute des Juifs, et que la destruction de Jérusalem par Nébucadnézar n’ait été la conséquence des péchés des Juifs. Eh bien ! les hommes ont-ils pu rétablir ce qui dépendait ainsi de la puissance, de l’autorité et de la grâce de Dieu. Non, ils ne l’ont pas pu. L’arche n’a pas été refaite ; l’Urim et le Thummim n’ont pas été rétablis ; la présence de la gloire n’a pas été rendue au temple. L’auteur peut avoir assez de hardiesse pour dire que l’économie mosaïque a été continuée dans sa plénitude, quoique les choses les plus précieuses, et même la présence de l’Éternel aient été perdues ; mais quel chrétien sérieux le croira ? Le Seigneur nous dit de la génération à laquelle il avait à faire, que le démon trouverait en elle une maison balayée, parée et vide. Était-elle dans sa plénitude, sans arche, sans la présence glorieuse de Dieu, sans l’Urim et le Thummim, c’est-à-dire sans communication divine du souverain sacrificateur avec Dieu comme oracle ; sans roi, le peuple étant soumis aux Gentils ? Les ordonnances n’étaient pas abolies, mais les moyens de bénédiction avaient en grande partie disparu. Le corps du Seigneur était le vrai temple. Pour ne pas les scandaliser, il se soumettait à ce qu’on exigeait.

 

3                        [Ordonnances et charges d’anciens dans l’assemblée]

Il ne faut pas supposer, d’ailleurs, que ce que l’auteur met entre guillemets soit la citation de quelque écrit des frères ; ce ne sont que des paroles de l’auteur. Il nous dit qu’il faut résister au Diable, et que le Plymouthisme dit : cédez-lui la victoire ; mais la conclusion qu’il tire de cette accusation est des plus remarquables : « Les ordonnances et les charges que le Seigneur, dans sa haute sagesse, avait données aux assemblées par les apôtres, subsistent donc dans leur intégrité ».

Je cherche en vain le motif de ce donc ; même en remontant de trois pages en arrière, la difficulté n’est pas levée. Ce ne peut guère être sinon que l’arche n’était pas refaite, que les communications du souverain sacrificateur avec Dieu, par le moyen mystérieux que Moïse avait établi, n’existaient plus ; que la royauté établie de Dieu avait été mise de côté et n’était pas rétablie sur le trône ; ce ne peuvent guère être que ces faits capitaux qui démontrent que, dans l’Eglise aussi, tout subsiste comme au commencement. La charge de roi, si éminemment importante en Israël, ne subsistait pas dans son intégrité lorsque Christ a été rejeté et crucifié. Sur quoi donc s’appuie ce donc ?

 

3.1    [Qui a l’autorité pour nommer des anciens ?]

Au reste, le but de tout ceci, le voici : Puisque la Parole parle d’anciens, il faut en faire. Mais la Parole parlait d’arche, d’Urim et Thummim, de roi ; cependant les hommes n’ont pu les faire. La parole parle de langues ; pourquoi ne pas les parler maintenant ? de miracles ; pourquoi ne pas en faire ? Non seulement cela ; elle parle d’Apôtres : pourquoi ne pas en établir ? C’est bien une charge. Ces messieurs ne le peuvent pas. Il faut non seulement la Parole ; mais, en certains cas, l’autorité ; en tous cas, la puissance, et c’est ce qu’ils n’ont pas. Ils prétendent pouvoir bien s’en passer. Si vous établissez des anciens, établissez aussi des Apôtres ou soyez-le vous-mêmes. Si l’esprit d’anarchie déborde, ils seront encore plus utiles que vos anciens ; ils seront même nécessaires, car il parait, par ce que l’Apôtre dit au ch. 20 des Actes, qu’ils étaient les seules digues efficaces contre le mal. Mais vous ne pouvez pas. Vous prétendez nommer des anciens et, pour le faire, vous abandonnez la Parole de Dieu. Dans la Parole, ils étaient établis, lorsque cela se faisait officiellement comme vous prétendez le faire, par les Apôtres ou par leurs délégués. Ici, vous ne pouvez pas la suivre. Le traité est un exemple utile du résultat d’un tel essai. Je le dis sérieusement. Je crois que Dieu l’appuie. Celui qui a été établi ancien pour maintenir un enseignement sain, nous affirme qu’une alliance ne saurait être retirée et remplacée par une autre. À l’égard de ce que l’auteur répond à la première objection qu’il suppose, je dis qu’en prenant la cène, je n’établis rien. Vous admettez : « Nous établissons des frères pour administrer « l’assemblée ». Qui est-ce qui vous a donné l’autorité d’établir des frères pour faire cela ? À la seconde objection, l’auteur ne répond rien qu’une chicane sur un RE (*). Je réponds : Je puis connaître et reconnaître tous ceux qui travaillent selon Dieu au milieu de son troupeau. Montrez-moi votre autorité pour les établir. Voilà la question. Voici les passages qui m’enseignent à connaître ou reconnaître ceux qui s’adonnent à l’œuvre, en leur obéissant à cause de cette œuvre. 1 Cor. 16:15, 16 ; Phil. 2:29 ; 1 Thess. 5:12, 13 ; Héb. 13:7 et 17. Maintenant, montrez-moi les passages par lesquels vous prouvez votre autorité pour nommer et pour établir, comme je vous indique ceux qui me conduisent à estimer et à obéir. Une exhortation à obéir est autre chose que l’autorité pour nommer.

 

(*) Note de CW 4.281 : il s’agit de la différence entre connaître et reconnaître.

 

Connaître ou reconnaître ainsi moralement, c’est tout autre chose que la nomination officielle. Je reconnais mon père ; je dois lui obéir. Puis-je le nommer ou l’établir ?

 

3.2    [Comment appliquer les épîtres à Timothée et à Tite]

On demande, en troisième lieu :

Si nous ne pouvons pas nous appliquer les épîtres de Timothée et de Tite, comment pouvons-nous nous appliquer les autres épîtres ? — Permettez-moi de vous le dire : C’est en ne prétendant pas être les égaux de Timothée et de Tite, et en vous mettant au rang des simples disciples auxquels les autres épîtres sont adressées.

Du reste, je suis bien loin de dire ou de penser que nous ne puissions pas nous servir de ces trois épîtres. Je dis simplement ceci, c’est que vous ne devez pas prétendre vous attribuer l’autorité qui, de la part de l’Apôtre lui-même, était spécialement entre les mains de ces deux disciples.

J’ajoute que ce qui manque, ce ne sont pas des instructions, comme l’auteur nous le fait dire ; c’est l’autorité. Mais ici aussi, l’auteur est forcé d’éviter (pour ne pas dire mettre de côté) ce que la Parole dit.

Nous avons, dit l’auteur, la charge et le personnel.

Quant au personnel, dire qu’on l’a, c’est proclamer la complète capacité des personnes connues de l’auteur. On peut remarquer ici ce qui, dans nos circonstances actuelles, rend la reconnaissance morale si supérieure à la nomination. Je puis reconnaître tout ce qui existe, sans aller plus loin que ce qui existe ; et je puis reconnaître ce qui existe alors que les qualités sont encore imparfaitement développées ; tandis que, pour nommer, il faut trouver ce qui répond complètement à la description apostolique, ainsi que l’auteur prétend l’avoir trouvé.

 

3.3    [Le mode de désignation des anciens]

L’auteur continue : « Il ne s’agit plus que du mode par lequel l’assemblée établira le personnel dans la charge ».

Ah ! il ne s’agit que de cela ! Il s’agit premièrement de savoir si c’est l’assemblée qui, de quelque manière que ce soit, doit l’établir. « La Parole, dit l’auteur, se tait sous ce rapport à l’égard des anciens ». Sans doute, elle se tait sur le mode par lequel l’assemblée les établira, car elle rend parfaitement évident que l’assemblée ne doit pas les établir du tout. Elle ne se tait point sur le mode de leur établissement. Elle parle très clairement, oui, très clairement, de leur établissement par d’autres personnes que par l’assemblée, savoir : par l’Apôtre et par ceux qu’il a envoyés. Il faut être bien préoccupé pour ne pas s’apercevoir que cette phrase cache la vérité par un abus de paroles. C’est tout comme si, dans un pays où la couronne est héréditaire, je disais que, puisque la constitution se tait sur le mode de l’élection du souverain, le peuple peut choisir le roi comme il l’entend. Seulement, le cas qui nous occupe est beaucoup plus sérieux, parce qu’il s’agit de la Parole de Dieu.

Cependant il n’est pas sans importance de remarquer que, de l’aveu même de nos adversaires, ils sont forcés d’agir en dehors de l’autorité de la Parole, qui n’appuie leur marche en aucune manière. Ils se justifient en disant que la Parole leur ordonne de faire la chose. Je réponds : elle l’ordonne, au contraire, à des personnes dont le caractère vous exclut de toute participation à un tel acte.

Le choix de ceux qui servaient aux tables n’a rien à faire ici. Les Apôtres ne voulaient pas se mêler d’affaires d’argent. Paul a refusé de prendre avec lui l’argent destiné aux pauvres, à moins qu’il n’y eût avec lui, dans ce but, des personnes choisies par l’Église ; tandis qu’au contraire lui, Paul, et Barnabas ont choisi des anciens pour les Églises.

Mais ici l’auteur sent évidemment son embarras. Il dit, page 20 : « Chaque assemblée peut suivre la forme que le Saint-Esprit lui suggérera » ; et, page 21, il y a : « un moyen clairement indiqué par la Parole de Dieu, pour ceux qui désirent s’y conformer ».

Il dit : « Il ne s’agit pas de constituer l’Église », mais « de former des assemblées comme il en existait à Éphèse ». Quelle différence y a-t-il ? Car ce que les Apôtres ont constitué, c’étaient des assemblées locales.

Je laisse, sans y répondre, toutes ces stupides accusations mille fois répétées que les frères n’évangélisent pas. Ce sont des mots dignes d’être comparés à ceux que retient un perroquet, qui ne sait que ceux-là et ne sait même ce qu’il dit.

 

3.4    [Les assemblées n’avaient pas la responsabilité de nommer les anciens]

L’auteur dit qu’il résulte de la forme générale sous laquelle Paul a donné à Timothée et à Tite ses ordres pour la formation des assemblées, que sa pensée est qu’ils soient exécutés partout. L’auteur semble être résolu de montrer, en tout ce qu’il dit, sa négligence à l’égard de la Parole. Il n’existe aucun ordre donné, ni à Timothée ni à Tite pour la formation des assemblées. Timothée était et restait dans une assemblée déjà formée, et les assemblées auxquelles Tite a été envoyé étaient nécessairement des assemblées déjà formées. Il s’agit, quant au sujet qui nous occupe, des ordres donnés à Timothée et à Tite sur la conduite qu’ils avaient à tenir dans ces assemblées, fait qui démontre que l’Apôtre ne considérait pas comme appartenant aux Églises la part de Timothée et de Tite dans l’affaire des anciens. Si cela avait concerné les Églises, c’est à elles que les directions relatives y auraient été données.

Paul, l’auteur le reconnaît, « Paul ordonne à Tite d’établir des anciens ». Pourquoi à Tite, si, comme le prétend l’auteur, les Églises étaient capable de le faire ?

Enfin, il me semble que par ce traité, l’auteur nous a donné la preuve de la valeur de ces nominations d’anciens.

 

4                        [Résumé des points les plus graves]

4.1    [Le gouvernement de Dieu est en rapport avec la responsabilité de l’homme]

La chose la plus importante à signaler, c’est peut-être la doctrine exprimée à la onzième page, que « la permanence de l’économie ne dépend pas de la fidélité ou de l’infidélité des chrétiens ». Cette proposition est non seulement antiscripturaire ; elle est en outre foncièrement antinomienne. Elle affirme que le gouvernement de Dieu s’exerce totalement indépendamment de la responsabilité de l’homme. Selon cette doctrine, les péchés de l’homme n’ont aucune relation avec les jugements de Dieu, ni le jugement de Dieu sur la terre avec ces péchés. J’avoue que je ne confierais pas le soin de mon enfant à celui qui professe et soutient une semblable doctrine.

Il est un autre point qu’il importe de mettre au clair.

 

4.2    [Dieu ne rétablit pas ce qui est ruiné mais introduit quelque chose de meilleur]

Sans avoir pu en repasser tous les cas dans ma pensée, il n’y en a pas un seul, que je sache, où la corruption d’une institution soit une raison de l’abandonner ; tant l’auteur comprend peu de quoi il s’agit. Ce que je dis, c’est que ni lui, ni ses amis n’ont le pouvoir de prendre sur eux et d’accomplir ce qui dépend de la puissance de Dieu et de l’exercice de l’autorité de Christ dans sa maison ; et c’est ce qu’ils prétendent faire et imposer aux autres.

Je dis ensuite que, lorsque les péchés des hommes ont corrompu ce que Dieu a établi, de sorte que, malgré sa grande patience, Il ne peut plus s’en servir pour se faire connaître, Il ne rétablit pas ce qui a été ruiné, mais Il introduit quelque chose de meilleur. Si la position, dans laquelle se sont placés et l’auteur et ceux qui marchent avec lui, les empêche de voir une vérité aussi clairement démontrée dans la Parole, j’en suis fâché pour eux. Rien de plus clair pour quiconque ne s’aveugle pas.

Avant que le retranchement arrive, il est important de faire comprendre aux fidèles que les principes de l’apostasie, qui va éclater publiquement, travaillent déjà et se déclarent, qu’en principe cette apostasie est là, afin qu’ils ne marchent pas avec ce qui finira par y aboutir, ni avec ceux qui adoptent des principes qui les privent de la force et du discernement nécessaires pour éviter ce piège et pour lui résister selon le témoignage de Dieu.

 

4.3    [Une sévérité justifiée]

Peut-être l’auteur se plaindra-t-il de ma sévérité. Je ne doute pas qu’il ne soit un respectable frère. S’il est dans ce sentiment, il doit en remercier les principes et les hommes qui ont placé dans une position qui l’a amené à écrire une telle brochure, un frère qui, tout digne qu’il soit, peut nous dire qu’il ne s’agit ni de retirer une alliance, ni de la remplacer par une autre, ni de changer la loi. Il fera bien de penser à l’effet que peut produire, à l’égard de la vérité de la marche qu’il nous propose, le fait qu’il peut nous présenter la charge dont il est revêtu comme consistant à présider l’assemblée, à retenir la Parole fidèle selon la doctrine, à exhorter par un enseignement sain, à reprendre les contredisants, à surveiller l’assemblée et à la préserver de fausses doctrines, et qu’en étant appelé à faire cela, c’est lui-même qui vient ensuite nous dire ce que je viens de signaler, et, de plus, que la permanence de l’économie ne dépend pas de la fidélité ou de l’infidélité des chrétiens, anéantissant ainsi la responsabilité de l’homme et la portée des jugements de Dieu.

Je n’ai rien du tout contre lui. Je peux même le remercier d’avoir mis en évidence ce que c’est qu’un ancien de ce qui s’appelle l’Église évangélique à Genève, et la valeur de la nomination qui en a été faite, en nous donnant la description de ce qu’il devrait être, dans un traité qui répond d’une telle manière à cette description.